Angela Merkel s’exerce dans la quadrature du cercle

En essayant de ménager la chèvre (les faucons dans son parti) et le chou (la «Willkommenskultur»), la chancelière perd totalement sa ligne politique.

Angela Merkel se trouve de plus en plus dans une impasse politique, coincée entre les faucons de la CDU/CSU et le SPD. Foto: Eurojournalist(e)

(KL) – C’est le crépuscule des dieux pour Angela Merkel. Sous la pression du ministre-président bavarois Horst Seehofer (CSU) et des faucons de son propre parti, la chancelière doit maintenant accepter des compromis qu’elle avait encore rejeté il n’y a pas si longtemps que ça. Comme la mise en œuvre de «zones de transit» qualifiées par son partenaire de coalition de «centres de détention», désignation vivement critiquée par Angela Merkel. La crise de la coalition risque de sonner le glas de l’ère Merkel – si elle s’entend avec Horst Seehofer et la CSU, elle risque de perdre son partenaire principal, le SPD. Si elle s’entend avec Sigmar Gabriel et le SPD, elle risque de perdre son partenaire de toujours, la CSU. Il y a des grands écarts qui donnent mal aux adducteurs…

«Nous allons y arriver», tel était le leitmotiv de la chancelière depuis la fin du mois d’août, mais cette ouverture qui avait déclenché une vague de solidarité au sein de la société allemande, touche à sa fin. Il est vrai que l’Allemagne accueille depuis cette fin du mois d’août, le nombre d’habitants d’une petite ville et ce, tous les jours. Et force est de constater que la chancelière a perdu non seulement son poids au sein de sa propre coalition au pouvoir, mais également au niveau européen – elle n’a pas réussi à imposer une solidarité européenne aux états de l’est de l’Europe qui se plaisent actuellement dans leur position ultranationaliste et qui pervertissent l’idée européenne. Sans que la chancelière allemande puisse imposer sa vision d’une Europe humaniste et solidaire.

Si Angela Merkel a réussi à déjouer «l’ultimatum» formulé la semaine dernière par Horst Seehofer (qui lui, ne se souvenait de rien – «vous parlez de quel ultimatum ? Je n’ai pas connaissance d’un ultimatum…») en se mettant d’accord avec lui sur une position qui veut que le nombre de réfugiés arrivant en Allemagne soit limité, par exemple par la mise en œuvre de ces «zones de transit», elle est loin d’avoir trouvé un accord avec le SPD sur la question. Mais sans l’accord du SPD, elle ne pourra rien faire.

Ces «zones de transit», dans l’idée de la chancelière, serait des «centres d’enregistrement» à l’instar des «zones de transit» installées aux aéroports internationaux allemands. Comprendre – les réfugiés y entrent et si l’asile ne leur est pas accordé, ils sont immédiatement reconduits au pays d’où ils arrivent. Donc, vers la République Tchèque (où le gouvernement a déjà installé une sorte de «camps de concentration» pour les réfugiés) ou vers l’Autriche qui est également dépassée par les événements. On commence à comprendre mieux les efforts de la chancelière de payer le prix fort pour faire en sorte à ce que les réfugiés soient retenus en Turquie.

Pour Angela Merkel, les choses se corsent tous les jours un peu plus. Son premier vrai combat pour une bonne cause lui aura été fatal – mais si la chancelière a toujours la possibilité de prendre la «sortie vers le haut», par exemple en devenant successeur de Ban ki-Moon comme Secrétaire Général de l’ONU, l’Allemagne, risque de virer de plus en plus vers la droite nationaliste, comme l’Allemagne, elle, risque de virer à droite, vers les ultra-nationalistes, comme dans tant d’autres pays européens. Pas bon, ça…

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