Cannes 2022, la 75ème édition

Le Festival de Cannes 2022 se déroulera du 17 au 28 mai. Esther Heboyan est notre envoyée spéciale sur place et couvrira l’intégralité du festival pour Eurojournalist(e) !

A Cannes, tout est prêt pour la 75e édition du célèbre festival. Notre envoyée spéciale Esther Heboyan l'est aussi... Foto: Horizon06 / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 4.0int

EJ CANNES 2022 klein (Esther Heboyan) – En compétition dans la sélection de cette 75ème édition du festival, on compte 18 œuvres présentées par des réalisateurs venus de tout horizon et de tout style, 17 hommes et seulement 5 femmes à la réputation confirmée ou naissante, déjà récompensés à Cannes ou dans d’autres manifestations : Holy Spider du Danois d’origine iranienne Ali Abbasi, Les Amandiers de la Franco-Italienne Valeria Bruni Tedeschi, Les crimes du futur du Canadien David Cronenberg, Tori et Lokita des Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne, Stars at Noon de la Française Claire Denis, Frère et Sœur du Français Arnaud Desplechin, Close du Belge Lukas Dhont (30 ans), Armaggedon Time de l’Américain James Gray, Broker du Japonais Kore-eda Hirokazu, Nostalgia de l’Italien Mario Martone, RMN du Roumain Christian Mungiu, Triangle of Sadness du Suédois Ruben Östlund, Decision to Leave du Coréen Chan-wook Park, Showing Up de l’Américaine Kelly Reichardt, Leila’s Brothers de l’Iranien Saeed Roustaee (32 ans), Boy from Heaven du Suédois d’origine égyptienne Tarik Saleh, Pacifiction – Tourment sur les Îles de l’Espagnol Albert Serra, Un petit frère de la Française Léonor Serraille, Tchaïkovski’s Wife du Russe Kirill Serebrenikov, Hi-Han du Polonais Jerzy Skolimowski, Le Otto Montagne des Belges Charlotte Vandermeesch et Félix Van Groeningen. Même si la sélection fait la part belle aux cinéastes européens (15), sont aussi conviés des représentants du cinéma iranien (1), japonais (1), coréen (1), russe (1) et nord-américain (3). Ainsi, le Festival de Cannes répond à sa vocation internationale. À lire le contenu des synopsis, les uns chichement dévoilés, les autres plus généreusement décrits, on comprend que le Festival se veut esthétiquement et politiquement varié par ses multiplies questionnements sur les relations humaines, les bouleversements historiques, les faits de société et les frayeurs contemporaines.

Hors compétition sont attendus 5 longs-métrages de facture variée. Top Gun : Maverick de l’Américain Joseph Kosinski, expert en imagerie numérique et auteur de films de science-fiction, convoque à nouveau Tom Cruise en infatigable héros. Elvis de l’Australien Baz Luhrmann promet une biopic rythmée et grandiloquente du King avec Austin Butler dans le rôle-titre, Tom Hanks en Colonel Parker et Olivia DeJonge interprétant Priscilla Presley. Mascarade de Nicolas Bedos réunit Pierre Niney et Isabelle Adjani autour d’une histoire d’arnaques entremêlées de vrais ou faux sentiments, l’action se déroulant sur la Côte d’Azur. Novembre de Cédric Jimenez, un drame policier avec Jean Dujardin, Sandrine Kiberlain, Jérémie Renier et Anaïs Demoustier, relate l’enquête qui a suivi les attentats du 13 novembre 2005 à Paris. 3000 ans à t’attendre donne au Gréco-Australien George Miller, le maître du fantastique apocalyptique à la Mad Max et l’auteur des animations Babe et Happy Feet, l’occasion de conter une romance fantastique située à Istanbul et jouée par les Britanniques Tilda Swinton et Idris Elba. Et en film d’ouverture du festival, le très cinéphile Michel Hazanavicius propose Coupez !, une parodie du film de zombies avec Romain Duris et Bérénice Bejo. Cette liste hors compétition combine des œuvres qui semblent revisiter des genres bien définis.

La catégorie « Un Certain Regard » accueille un éventail de talents qui devrait proposer des regards neufs justement. Une sélection qui penche vers la parité hommes-femmes, 20 longs-métrages dont 9 dirigés par des femmes. Parmi ces 9 films, 2 ont été réalisés par de jeunes scénaristes-réalisatrices en tandem : Les Pires par les Françaises Lise Akoka et Romane Gueret qui suit des adolescents participant au tournage d’un film dans une cité de Boulogne-sur-Mer et War Pony par les Américaines Gina Gammell et Kiley Keough (qui n’est autre que la petite-fille d’Elvis Presley) qui s’inspire d’une histoire survenue dans la réserve amérindienne de Pine Ridge dans le Dakota du Sud. On note des premiers films dont Plan 75 de la Japonaise Chie Hayakawa qui traite d’un plan gouvernemental encourageant les personnes âgées à se faire euthanasier. On note un genre hybride mêlant réalisme et magie avec Domingo et la Brume du Costaricain Ariel Escalante Meza où un vieil homme refuse de vendre sa maison à des promoteurs de crainte de ne plus voir le fantôme de sa femme. L’Ukraine est représentée avec Butterfly Vision de Maksim Nakonechnyi qui traite de la guerre au Donbass. Mediterranean Fever est le second long-métrage de la Palestinienne Maha Haj qui raconte la déprime d’un écrivain de Haïfa. On peut encore citer Joyland du Pakistanais Saim Sadiq, Retour à Séoul du Franco-Cambodgien Davy Chou, The Twins de la Polonaise Agniezska Smoczynska. Tirailleurs de Mathieu Vadepied, avec Omar Sy, sera le film d’ouverture d’Un Certain Regard pour évoquer les soldats sénégalais de l’armée française lors de la première guerre mondiale.

Les films en compétition officielle pour la Palme d’Or, les films hors compétition, les films d’Un Certain Regard, sans oublier les autres projections (Séances de Minuit, Séances Spéciales, Cannes Première, Cannes Classiques, La Quinzaine des Réalisateurs, Le Cinéma de la Plage), offriront, une nouvelle fois, un choix extraordinaire. Aux festivaliers et aux journalistes, il ne manquera que le temps pour tout voir.

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