Covid : l’Allemagne impose quasiment les mêmes mesures que la France

Depuis hier, les règles sanitaires chez les voisins dans le Bade-Wurtemberg sont presque les mêmes qu’en France. Le tout se passe sans grande contestation. Et il y a des raisons à ça.

L'Allemagne applique quasiment les mêmes règles que la France - avec beaucoup moins de contestation. Foto: SimonWaldherr / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 4.0int

(KL) – Depuis lundi, le Bade-Wurtemberg impose, comme la plupart des régions, des règles sanitaires qui ressemblent à celles en vigueur en France. En partie, ces règles sont même plus strictes, comme par exemple l’exigence d’un test de moins de 24 heures pour les personnes non-vaccinées ou non-guéries d’un Covid, pour accéder à des lieux publics. Toutefois, ces nouvelles règles ne suscitent pas autant de protestations qu’en France.

Désormais, pour se rendre dans un hôtel, une salle de sport, un musée, dans un hôpital pour rendre visite à un patient, une exposition, chez le coiffeur ou dans une salle de restaurant, il faut donc présenter, comme en France, soit une preuve de vaccination, soit une preuve d’une guérison du Covid (qui date de plus de 11 jours et de moins de 6 mois) ou bien, la preuve d’un test négatif de moins de 24 heures. Mais contrairement à la France, il est toujours possible de s’installer sur une terrasse à l’air libre, sans devoir produire une telle preuve.

Et, comme en France, la gratuité des tests se termine en Allemagne aussi. Toutefois, pour ne pas froisser les électeurs appelés aux urnes le 26 septembre, cette mesure n’entre en vigueur que le 11 octobre.

Les masques restent obligatoires dans de nombreux endroits publics, comme les transports en commun et aussi sur le lieu de travail si la distance sociale de 1,5m ne peut pas être assurée. Idem pour les écoliers qui rentrent le 13 septembre – dans le Bade-Wurtemberg, les élèves doivent porter un masque pendant les deux premières semaines de cours, après, on avisera.

Après, il y a aussi des mesures qui sont plus difficiles à comprendre. Ainsi, les fêtes populaires, les festivals, les concerts à l’air libre et les manifestations sportives peuvent avoir lieu, à condition de réunir moins de 5000 personnes et sans qu’une quelconque preuve de santé ne soit demandée, « à condition que la distance de 1,5 mètres peut être maintenue ». Les personnes ayant rédigé ces règles, n’ont jamais suivi un match de foot dans les gradins ou visité un festival – garder une distance sociale de 1,5 mètres lors d’un festival, relève du vœu pieu.

Mais comment se fait-il que les Allemands ne soient pas dans la rue pour protester contre ces mesures, à l’instar de ce qu’on vit en France depuis 5 samedis ? La raison en est le fédéralisme allemand. Depuis le début de la pandémie, chacun des 16 Bundesländer émet ses propres règles corona qui souvent, sont encore déclinées localement. Et puisque ces règles varient de Land en Land, il n’y a pas (ou très peu) de protestation au niveau national. Une autre raison pour ce calme relatif, c’est que les premiers contestataires allemands, les « Querdenker », se sont disqualifiés en se laissant récupérer par une ultra-extrême-droite, par des « QAnon », des complottistes de toute couleur, ce qui qui a engendrée une situation où ces contestataires se sont décrédibilisés  tout seuls.

Après, les Allemands sont fatigués de cette cacophonie permanente entre Berlin et les Länder, ils sont fatigués de mesures qui varient d’un endroit à l’autre, qui sont mal communiqués et qui sont devenus en partie incompréhensibles. Les gens essayent de suivre le statut quo, ce qui est déjà assez difficile et pour le reste, on attend que ça finisse.

Par contre, avec l’élection législative le 26 septembre, de nombreux Allemands risquent de donner leur avis quant à la politique sanitaire du gouvernement aux urnes. Peut-être la surprise interviendra à ce moment-là…

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