Europe – la société civile prend la parole

Lors de l'Agora organisée par le CESER la semaine dernière à Strasbourg, les nombreux participants se sont clairement exprimés pour plus d'Europe dans les zones frontalières.

Patrice Harster, le "Mr. Franco-Allemand", lors du discours de clôture de l'Agora. Foto: Eurojournalist(e) / CC-BY 2.0

(KL) – La semaine dernière, à Strasbourg, le « Conseil économique, social et environnemental régional » (CESER) du Grand Est, représentant reconnu de la société civile, avait organisé une « Agora » à laquelle participaient de nombreux représentants de la société civile, y compris venus d’autres régions de France et de Belgique. S’il est toujours difficile de parler de la « société civile », car les différents pays ont des définitions assez variées de ce concept, force est de constater que les CESER sont parfaitement en mesure de fédérer les acteurs de la société civile autour de thématiques concrètes. Le sujet de cette « Agora » était effectivement très concret – les participants discutaient de la vie dans les bassins transfrontaliers en Europe.

Le sujet concerne plus de personnes qu’on ne le pense – environ un tiers de la population européenne vit dans des zones frontalières, ce qui devrait rendre le sujet de la coopération et de l’intégration transfrontalière beaucoup plus présent dans l’action politique.

Après une première partie assurée par les jeunes du « Mouvement Européen » qui expliquaient le fonctionnement et les interconnexions des institutions européennes, la vice-présidente du Parlement européen Dita Charanzova et le ministre français délégué aux affaires européennes Jean-Noël Barrot soulignaient dans de courtes allocutions-vidéo l’importance du sujet, tout en promettant d’y attacher beaucoup plus d’attention à l’avenir. En période électorale, ces mots n’avaient rien de surprenant, mais leur participation, même en vidéo, donnait encore plus de poids à cette Agora.

Dans son discours d’ouverture, Patrice Harster, Président de la commission Transfrontalier et Europe du CESER Grand Est, demandait aussi du concret. Mais encore trop souvent, les acteurs du transfrontalier se trouvent face à des obstacles administratifs, des réglementations incompatibles et un manque de moyens chronique. Pourtant, en ce qui concerne les questions européennes, personne n’est mieux placée pour connaître les obstacles et les opportunités du terrain – il faudra donc que ces acteurs-là soient davantage impliqués dans les politiques européennes.

Lors de la table ronde qui suivait, des experts des domaines « Santé » et « Mobilités » discutaient avec le public. Intéressant – sur le plateau, des experts de la génération qui avait crée les réalités transfrontalières d’aujourd’hui, discutaient avec d’autres experts plus jeunes ayant grandi dans un monde où le transfrontalier faisait déjà partie de l’environnement évident.

Dans une courte et poignante intervention, le Belge Henri Lewalle, président du groupe de travail Santé du CES de la Grande Région, citait des exemples de coopérations bilatérales entre des structures de santé dans la Grande Région, tout en demandant la création d’un « socle juridique » facilitant la mise en œuvre de telles coopérations bi- ou tri-latérales qui, dans la pratique, sont toujours difficiles à réaliser, par exemple à cause de questions d’assurance ou de disponibilité de personnels soignants.

Même son de cloche chez Pascal Debay, représentant du CESER à Bruxelles, qui soutenait cette idée d’un « socle juridique » extensible à différents domaines et permettant d’accélérer des coopérations transfrontalières locales, en tenant compte des spécificités des territoires.

Hervé Moritz, Président du Mouvement Européen France, s’est montré plutôt optimiste quant aux progrès que les institutions pourraient réaliser en matière du transfrontalier pendant la prochaine mandature. Son appel d’aller voter le 9 juin prochain, résonnait comme une évidence.

Un peu moins évident, les expériences faites par Annabell Schloesser, la jeunes responsable Mobilité et Développement Durable de l’Eurodistrict PAMINA. Les réalités qu’elle rencontre sur le terrain, sont souvent l’absence de moyens, un mille-feuille administratif et la nécessité de rendre les processus dans le transfrontalier plus fluides. Positif : l’engagement des jeunes générations sur ces thématiques, au moins dans l’Eurodistrict PAMINA qui lui, mène de nombreux projets pour et avec les nouvelles générations.

Pour clôturer cette Agora, la Présidente du CESER Grand Est Marie-Claude Briet-Clémont remerciait les participants pour des échanges fructueux, avant que Patrice Harster demandait encore une fois du concret. Las de l’éternelle excuse pour les lenteurs administratives dans le monde du transfrontalier, il a lancé « je ne vis pas dans un laboratoire, mais sur un territoire et là, il est urgent de faire des progrès ! »

Pour qu’il puisse y avoir des progrès concernant la vie dans les bassins de vie transfrontaliers, le CESER Grand Est prépare maintenant une liste des postulats émanant du terrain qui sera traduit et remis, avant l’élection européenne du 9 juin, à l’intégralité des candidats qui voudront être élus au Parlement européen – « l’Appel de Strasbourg » en faveur de la vie dans les bassins transfrontaliers. Un travail gigantesque, mais important. Et finalement, on le sait – la société civile n’hésite jamais quand il s’agit de faire des efforts pour améliorer la vie en mode transfrontalier. Aux politiques de montrer qu’ils sont à la hauteur de la société civile…

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