Festival MUSICA 2019

Seul l’été nous en sépare encore

Enrico Campagnola Foto:Own work/Wikimédia Commons/ CC-BY-SA 3.0Unp

(Marc Chaudeur) – Nous avons pu prendre connaissance hier, à l’Hotel de la Poste, du Programme complet de MUSICA 2019, qui se déroulera du 20 septembre au 10 octobre. Youpie. La révélation de ce Programme à nos yeux émerveillés de grands enfants est l’un des beaux jours de l’année – et les concerts au programme de ce Festival aussi !

Depuis 1983 et tant de moments inoubliables, ce vaste Festival de musique contemporaine est réellement un très grand moment de l’année. En 2019 encore : une cinquantaine de créations, des centaines de concerts et de rencontres avec les artistes ; et puis… des innovations.

A la consultation du Programme et à l’écoute des présentateurs, on peut en tirer quelques remarques principales. On y voit moins de grandes machines universellement prestigieuses que l’an dernier (mais tout de même Phil Glass et Luigi Nono, faut ce qu’il faut), et une foule de concerts passionnants en même temps. Pas de locomotives rock’n’rollesques comme, l’an dernier, ce texte médiocre de Frank Zippo transformé en cirque ou ces reprises de Pinque Floide qui ont drainé la moitié de la population strasbourgeoise, pour le mieux et pour le pire…

Cette année, une grande thématique, une orientation, et quelques choses nouvelles. La thématique, c’est celle du corps, qui concerne une vingtaine de propositions et constitue une sorte de mole pluridisciplinaire (dont Nadar, Renaud Herbin, la très passionnante Jennifer Walshe, et la troupe norvégienne Verdensteatret), et un texte de Sarah Kane mis en musique et scénarisé, et bien d’autres manifestations. Capdediou, quelle richesse, une fois de plus !

L’orientation : ce sera la Jeunesse. Avant 2020 où naîtra un festival jeune public (« Mini Musica »), quelques séances sont destinées aux enfants, cette année.

Et enfin, de fort prometteuses innovations : l’Académie des spectateurs, surtout. Elle englobera des laboratoires de l’écoute, des programmations de concerts par le public, des ateliers de pratique (pour enfants et grands gnenfants) et des accompagnements pédagogiques pour les enseignants.

Enfin, dernière (?) innovation : une ouverture sur la Noise, avec Sonic Temple (à l’église Saint-Paul). Ce genre de concerts dont on entre en épluchant les œufs durs avec ses dents. Décoiffant !

A ne pas manquer, à notre sens en tout cas (petite note discrètement subjective) : Jennifer Walshe, le 1er octobre, avec son My Dog and I (à la CMD). Et puis Le Grand Dégenrement, le 5 octobre à la CMD aussi, qui associe (parfois dans les mêmes personnes) musique, danse et cirque (la paire dégenrée, dérangée et déjantée des Capilotractées, tirées par les cheveux, la grande petite Joëlle Léandre qui est une habituée de MUSICA, et beaucoup beaucoup d’autres).

Et puis, un compositeur que nous avons pu entendre en 2018 déjà, le puissant Ondřej Adámek avec son opéra, Alles klappt, pour nous préparer à la prise de pouvoir démocratique de l’extrême-droite dans deux ans. Alles klappt, tout va bien :

« Chers enfants. Bien arrivés. Dormons bien. Chaud. Ne vous inquiétez pas ! Colis bien reçus. Ustensiles de cuisine. Prenez soin de vous ! Je pense constamment à vous. »

 

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