Hartmannswillerkopf : un cours d’histoire ministériel… et improvisé !

Lors de la visite du ministre délégué aux anciens combattants Jean-Marc Todeschini hier au site du futur «Historial» du Hartmannwillerkopf, la jeunesse était au rendez-vous. Plus nombreuse que prévu…

Le ministre délégué aux anciens combattants Jean-Marc Todeschini donnait un cours d'histoire spontané... Foto: Eurojournalist(e)

(KL) – Sous un magnifique soleil, le Hartmannwillerkopf, cette montagne surnommée «mangeur d‘homme» à cause des sanglants combats qui y avaient coûté la vie à quelque 30 000 jeunes français et allemands pendant la Ière Guerre Mondiale, accueillait hier non seulement le ministre délégué aux anciens combattants Jean-Marc Todeschini, le Préfet de l’Alsace Stéphane Fratacci, le nouveau consul allemand à Strasbourg Dietmar Wenger, les députés Michel Sordi et Patricia Schillinger, l’initiateur du projet du «Historial» Jean Klinkert, les représentants de la Fondation Entente Franco-Allemande Pierre Rendler et Jacques Jolas et d’autres dignitaires régionaux, mais surtout les jeunes d Lycée Gustave Eiffel à Cernay et de la Zeppelin Gewerbeschule Konstanz qui, pendant une semaine, travaillent main dans la main dans la réfection des tranchés de ce site historique. Mais d’autres jeunes arrivaient à l’improviste et le ministre s’est prêté volontiers au jeu.

Le site du Hartmannwillerkopf, tout le monde en convient, a vocation d’être un site d’un «travail de mémoire franco-allemand» (comme l’avaient exprimé les présidents Gauck et Hollande lors de la pose de la première pierre de l’historial le 4 août 2014), destiné aux jeunes français et allemands, aux classes scolaires, à la pédagogie pacifiste. Hier, lorsque le ministre français et le consul allemand déposaient une gerbe sur le mémorial dans le cadre d’une cérémonie solennelle, une classe de jeunes enfants arrivait. Les professionnels du protocole se regardaient avec stupeur, lorsque les tout petits grimpaient les marches et se tenaient, le regard curieux, entre les rangés de militaires.

Jean-Marc Todeschini, lui, gardait le sourire, tout en se souvenant à qui ce site est dédié. Spontanément, il s’est dirigé vers cette classe et ses maitresses, demandant poliment d’où ils venaient («de Savoie, Monsieur !») et se lançait dans un cours d’histoire improvisé. «Vous savez où vous êtes ?», le ministre demandait aux enfants qui, timidement, répondaient. «Et vous savez comment ça se passe aujourd‘hui entre la France et l‘Allemagne ?», il poursuivait. Thibault le savait : «Bien, Monsieur !» «Et savez-vous s‘il y avait d‘autres guerres entre la France et l‘Allemagne ?», interrogeait le ministre. «Non, Monsieur !» «Vraiment ?» «Non, Monsieur !» «Eh ben, si, il y en avait encore une, de 1939 à 1945.» «Ah bon ?» «Et une autre, avant.» «Ah bon ?» Ensuite, le ministre serrait les mains des maitresse visiblement émues et toute une classe d’enfants a quelque chose à raconter en rentrant en Savoie. Une rencontre avec un véritable ministre. Ca se passe comme ça, en Alsace…

La visite du chantier sur lequel travaillent actuellement 26 jeunes français et allemands était plus sérieuse. Ces jeunes, issus de lycées professionnels, mettent en œuvre leur savoir-faire pour réparer les vieux tranchés sur le Hartmannwillerkopf où l’on voit toute l’horreur de la guerre. Distants seulement de quelques mètres, ces tranchés furent la scène d’une guerre sans merci pour un bout de montagne – laissant 30 000 jeunes gens morts.

Le ministre et les autres dignitaires allaient à la rencontre des jeunes, descendaient dans les tranchés, grimpaient sur la montagne et affichait le plus grand respect pour le travail commun des jeunes allemands et français. Dans son allocution, Jean-Marc Todeschini trouvait les mots justes, en disant aux jeunes qu’ils représentent, eux, l’avenir de l’amitié franco-allemande. Tout en remerciant le président du «Volksbund Kriegsgräberfürsorge», une fédération ayant pour mission de soigner les tombes des soldats tombés dans les deux grandes guerres du siècle dernier qui avait rendu cet échange possible.

Et l’ensemble des participants l’a compris – tant que des jeunes français et allemands travaillent main dans la main, la paix et l’amitié entre nos deux pays peut durer. Et tant que les jeunes s’engagent dans un travail de mémoire commun, la guerre fera partie d’un sombre passé, sur lequel rayonne un présent prometteur. Le Hartmannwillerkopf, décidemment, est l’endroit idéal pour que les jeunes se rendent compte de ce que c’est que la guerre, en apprenant à apprécier la paix et l’amitié franco-allemande. Ce qui vaut aussi pour les tout petits. Jean-Marc Todeschini a pu s’en convaincre en personne hier…

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