IA – l’Union européenne tente de refermer la boite de Pandora

L'UE veut réguler l'utilisation de l'Intelligence Artificielle (IA). Si cette approche est louable, il se pose la question si cette initiative ne vient pas déjà trop tard.

Les dauphins sont dotés d'une grande intelligence naturelle - quid de l'Homme qui doit avoir recours à l'IA ? Foto: Lamiot / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 4.0int

(KL) – L’Intelligence Artificielle est en train de pénétrer tous les domaines de la vie et au niveau politique, on vient de comprendre les dangers que cette technologie comporte. Par conséquent, les états-membre se sont mis d’accord sur des règles et il faut le dire, l’Union européenne est la première organisation continentale à se pencher sérieusement sur la question. Mais est-ce que cela sera suffisant ?

Si le Commissaire européen pour le marché intérieur, le Français Thierry Breton, parle déjà d’un « accord historique », il faut que ces règles fassent leurs preuves dans l’application concrète. Et avant de pouvoir montrer leur efficacité, ces règles doivent d’abord être adoptées par le Parlement européen et le Conseil européen. Et ça, ça peut durer. Surtout dans la mesure où l’Allemagne et la France se font tirer par l’oreille pour avancer dans ce dossier.

Et que disent les règles de la future « directive IA » ? Les applications IA devront être catégorisées en plusieurs catégories allant de « risque minimal » à « risque inacceptable » et les développeurs de ces applications doivent respecter des exigences en matière de sécurité et de transparence. Pour pouvoir être autorisées à la commercialisation, les applications IA dans les domaines santé, sécurité, droits civiques, environnement, démocratie, élections et état de droit doivent satisfaire une série d’exigences. Une « surveillance de masses » sera interdite, pour éviter que l’IA ne devienne un instrument d’oppression.

A un moment où les réseaux sociaux regorgent déjà d’images et de textes générés par l’IA, la nouvelle directive prévoit une obligation de marquer ce genre d’image et de texte de manière claire et visible. S’il reste beaucoup de questions à clarifier dans ce contexte, la direction est la bonne, car on assiste déjà à une diffusion frénétique de ces images et textes et actuellement, il est très difficile et parfois impossible de déterminer si une image ou un texte provient de l’IA ou d’un auteur humain.

Avant que cette « directive IA » puisse voir le jour, il y a encore un long chemin à parcourir et des experts (et non pas des politiques) doivent concrètement évaluer le contenu de cette directive. Et peut-être trouveront-ils aussi la réponse à la question pourquoi on n’utilise pas cette IA pour développer de nouveaux systèmes sociétaux, économiques et politiques ou encore, des plans de paix pour des situations aussi inextricables qu’en Ukraine ou à Gaza.

En tout cas, il faut espérer que l’IA ne soit pas déjà en mesure de contourner une nouvelle directive européenne, car la courbe d’apprentissage de l’IA est spectaculaire. A suivre.

Kommentar hinterlassen

E-Mail Adresse wird nicht veröffentlicht.

*



Copyright © Eurojournaliste