ISEG : Les 4 enseignements de Marc Thiercelin

L'un des meilleurs skippers du monde était mercredi à l'ISEG Strasbourg pour une conférence avec les étudiant.e.s impressionné.e.s par « Les Peuples de la Mer ».

Marc Thiercelin, l'un des meilleurs skippers du monde, a présenté un projet extraordinaire - "Les Peuples de la Mer". Foto: Mathieu Pourtau / ISEG

(KL) – Il est l’un des meilleurs skippers du monde, sportif de haut niveau, il est documentaliste de la survie des « Peuples de la Mer », il réclame et vit le respect de la nature – Marc Thiercelin est un aventurier écologiste, sans pourtant le réclamer pour lui. Celui qui a fait cinq fois le tour du monde en solitaire, qui a terminé 2e et 4e du Vendée Globe, la course de voile la plus difficile du monde, a réalisé pour ARTE, un document exceptionnel – « Les peuples de la mer ». Pendant 4 ans, Marc Thiercelin a passé beaucoup de temps avec 30 peuples vivant de et à la mer et qui ont tous un point en commun : leur survie est menacée. La conférence donnée mercredi à l’ISEG, restera gravée dans la mémoire des étudiant.e.s.

Quel est le point commun entre les Jangerdeiros au Brésil, les Apalaanchi en Colombie, les Wawata Topu au Timor et les Daweis au Myanmar ? Ces quatre peuples vivent à et de la mer, avec des cultures bien différentes et un rapport très comparable à la nature et la mer. Et Marc Thiercelin n’y est pas allé en skipper de renommée mondiale, mais comme marin parmi des marins, à partager leur quotidien, à aller à la pêche avec eux, a apprendre de leur mode de vie, de leur culture, de leur savoir-être.

Son film, ce sont des images merveilleuses, tournées dans des bouts de paradis qui menacent de ne plus exister sous peu. « Partout où j’étais, j’ai constaté le même phénomène : il y a de moins en moins de poisson. » Dur pour ces peuples qui vivent de ce que la mer leur donne – ils doivent apprendre à vivre avec peu. Et – c’est tout à fait possible, comme le relève Marc Thiercelin. « Vivre avec peu », voilà le premier enseignement de Marc Thiercelin.

Le deuxième enseignement appris avec ces peuples quasiment inconnus : « Il faut se ré-naturer ». Se ré-naturer ? Oui, il faut réapprendre à écouter et à respecter la nature. « C’est étonnant », raconte Marc Thiercelin, « mais ces peuples ne laissent aucune trace. Par de déchets plastiques, rien. C’est frappant de voir qu’on peut vivre sans polluer notre environnemment. » Se ré-naturer, c’est se rapprocher à nouveau d’une nature que nous n’avons pas seulement malmenée, mais que nous sommes en train de détruire. Donc, enseignement deux : « Se ré-naturer ».

Le troisième enseignement est l’enseignement des gens de la mer : « Rester humble ». Les peuples de la mer qui ont l’habitude de se frotter aux forces de la nature qui se déchirent, partagent tous cette humilité face à la nature qui elle, déteint aussi sur les relations humaines. Pendant les longs mois passés avec ces peuples de la mer, Marc Thiercelin a beaucoup appris. Et il a pu apprendre beaucoup, parce qu’il y est allé non pas en vedette mondiale, mais en tant que marin. Ces peuples de la mer, ce sont ses frères dans l’âme. Donc, troisième enseignement : « Rester humble » !

Le quatrième enseignement est simple : « Emerveillez-vous ! ». Comment ne pas s’émerveiller dans ces bouts de paradis tropicaux, avec leurs couleurs et les visages des gens qui vivent là ? Le travail sur la mer et dur, la société de consommation y est loin, et pourtant, Marc Thiercelin a rencontré des peuples souriants, des gens aux vraies valeurs, des êtres humains qui sont bien plus proches de la nature que nous autres citadins.

Les étudiant.e.s de l’ISEG penseront encore longtemps à cette rencontre. Marc Thiercelin est un exemple d’un homme qui ne s’est pas laissé aveugler par la gloire et ses exploits, qui découvre chaque jour la mer à nouveau et dont la force constitue une source d’inspiration pour les jeunes. « Tout voyage commence bien avant le départ », dit Marc Thiercelin et les étudiant.e.s ont bien compris le message – pour aller loin dans la vie, la première étape consiste à se décider. Une belle leçon pour la vie. Merci, Monsieur Thiercelin !

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