La favola dei mercati finanziari e dell’elefantino al mare

Une fable franco-italienne dans les deux langues par le Professeur Valerio Malvazzi, traduite en Français par Brigitte Vitale.

Il elefantino, le petit éléphant... Foto: Dominik Angstwurm / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 3.0

(Prof. Valerio Malvezzi) – Fine agosto. In Calabria, un piccolo di elefante scappa da un circo e fa ciò che nemmeno il più audace sceneggiatore avrebbe pensato per un film; scappa al mare.

La meta della sua breve fuga è una spiaggia dove, tra gli occhi increduli dei bagnanti, si immerge tra loro, al solo fine di fare una cosa che mai aveva conosciuto nella sua vita in prigione: un bagno nel mare.

La gente, a riva, riprende la scena, commossa e stranita.

Alle volte giornalisti, colleghi o lettori mi chiedono perché io usi sovente la metafora per spiegare cose complesse in materia di banche o finanza. La ragione è la semplicità del messaggio: certamente una equazione è meno chiara di una metafora, ed è accessibile a più persone della prima. Per questo, si usa da tempo immemore.

Questo governo italiano, senza sovranità monetaria, è un elefantino che a fine agosto scappa al mare. Tutti sappiamo, in cuor nostro, che cosa sia il bene e il male.

All’elefantino hanno spiegato che è naturale vivere nella povertà, con piccoli imprenditori che si suicidano, ospedali che non tengono posti letto, anziani che non hanno più i soldi per curarsi, giovani costretti a scappare all’estero in cerca di lavoro.

All’elefantino hanno anche fatto credere che il mondo sia quello del circo, senza erba ma con gli sgabelli, sui quali salire allo schiocco di frusta.

All’elefantino hanno spiegato che non può ribellarsi, altrimenti i padroni, i mercati, useranno la frusta dello spread.

Ma la natura fa il suo corso. È troppo forte il richiamo del vento, il piacere dello spazio, il rinfresco del mare. Troppo forte è la naturale ricerca del bene, del ricostruire sicurezza sui ponti, del dare da mangiare alla gente, del consentire un reddito a tutti e di abbassare le tasse ai più piccoli. L’Elefantino sa che non è giusto rinunciare al bagno al mare, e tenta la fuga.

Resta da vedere cosa faranno gli osservatori internazionali sulla spiaggia; faranno qualcosa, oppure si limiteranno ad attendere che i padroni del circo, quell’enorme orrendo circo che si chiama mercato finanziario, lo riconduca in catene?

Io non so cosa succederà quando, presto, i padroni del circo tireranno la catena dello spread, sostenuti da tutto il potente potere mediatico e da tutti i loro servi, lautamente ricompensati.

Forse, gli spettatori, pur riconoscendo il diritto di libertà dell’elefantino, si limiteranno a far le fotografie.

L’Elefantino è solo, non può correre tanto, goffo, nel suo corpo gravato di debito.

Eppure, rivendica il suo diritto a una vita naturale.

Io non so dirvi, da docente di materia finanziaria, chi vincerà, a breve, se la catena o il richiamo del mare. So con certezza una cosa, però.

So che un giorno lontano i bambini, a scuola, studieranno che è esistita un’epoca oscura nella quale gli animali vivevano tutta la vita in una gabbia, chiamata circo, per il solo divertimento di alcuni esseri umani.

Quel giorno, ancor più increduli, impareranno che in quei secoli esisteva un altro circo, quello del mercato finanziario, nel quale, non per legge naturale ma umana, milioni di uomini erano schiavi, a esclusivo privilegio di pochi padroni.

Non riusciranno a crederci, quei bambini, e si chiederanno come sia stato possibile che, a quei tempi, ci fosse chi ritenesse che tale orrendo martirio fosse anche giusto.

Penseranno sia una favola, leggere che si ritenesse normale rovinare le vite di esseri viventi per compiacere “i mercati”. Non è naturale, capiranno quei bambini, rovinare la vita a tanti per compiacere pochi.

Perché il fine dell’uomo non sta nel pareggio di bilancio ma in ciò che scrisse un filosofo medioevale, che ebbe a dire che esso è la felicità, bene raggiunto il quale non se ne può desiderare uno maggiore. Ma, capiranno i bambini, nessun animale, compreso l’uomo, può essere felice se è prigioniero.

Forte, ancestrale e incomprimibile sarà sempre, per ogni essere del creato, il richiamo alla vita vera. Questa, con buona pace dei dotti soloni, di coloro che parlando di economia non sanno cosa dicono e di coloro che, sapendolo, nascondono le cose semplici dietro gli algoritmi e i paroloni, è una cosa naturale e vitale.

Ciò che ci lega a una catena, sia una legge giuridica o di mercato, non è la nostra condizione naturale, e prima o poi qualcuno libererà L’Elefantino.

Quella cosa è il diritto di sentire il vento sulla testa e l’acqua scorrere libera sul corpo.

Qualunque pasto concesso dai carcerieri del circo non ci renderà mai felici, in sostituzione a questo bene primario.

Esso si chiama, tra la schiuma del mare e la voce del vento, dalla nascita del mondo, con una sola parola.

Libertà.

Le conte des marchés financiers et le petit éléphant à la mer

(Par Prof. Valerio Malvezzi, traduit par Brigitte Vitale) – Fin Août. En Calabre, un petit éléphant s’échappe d’un cirque et fait ce que même le scénariste le plus audacieux n’aurait imaginé pour un film: fuir vers la mer.

Le point de chute de sa courte escapade c’est une plage où, sous les yeux incrédules des baigneurs, il plonge parmi eux, pour faire quelque chose qu’il n’a jamais connu dans sa vie en prison: prendre un bain dans la mer. Les gens sur le rivage filment de la scène, aussi touchés que désorientés.

Parfois, des journalistes, des collègues ou des lecteurs me demandent pourquoi j’utilise souvent la métaphore pour expliquer les sujets complexes appartenant aux domaines de la banque et de la finance.

La raison en est la simplicité du message: certainement une équation est moins claire qu’une métaphore, mais celle-ci est plus facilement accessible à un plus grand nombre de personnes que la première. C’est pour cela, que nous l’utilisons depuis des temps immémoriaux.

Ce gouvernement italien, sans souveraineté monétaire, est un éléphant qui à la fin du mois d’août s’échappe à la mer.

Nous savons tous, dans nos cœurs, ce qui est bon et ce qui est mauvais. Au petit éléphant on a expliqué qu’il est naturel de vivre dans la pauvreté, avec des dirigeants de petites entreprises qui se suicident, des hôpitaux qui n’ont pas assez de lits, des personnes âgées qui n’ont plus l’argent pour leur traitement, et des jeunes contraints de fuir à l’étranger en quête de travail.

Ils ont également fait croire à l’éléphant que le monde est celui du cirque, sans herbe mais avec des tabourets, sur lesquels il faut grimper au son de chaque claquement de fouet.

Au petit éléphant on a également expliqué qu’il ne pouvait pas se rebeller, sinon les patrons, les marchés financiers, utiliseraient le fouet du spread (marge actuarielle).

Mais la nature suit son cours.L’appel du vent, le plaisir de l’espace, l’air rafraichissant de la mer est trop fort.

La recherche naturelle du bien, de la reconstruction de la sécurité sur les ponts, de nourrir les gens, de concéder un revenu à  tous et de la réduire les impôts des plus vulnérables,  est trop forte.

Le petit éléphant sait qu’il n’est pas juste de renoncer à nager dans la mer et il tente forcément de s’échapper.

Reste à savoir ce que les observateurs internationaux feront sur la plage. Vont-ils faire quelque chose ou vont-ils se limiter à attendre que les propriétaires du cirque, cet énorme cirque horrible appelé ” marché financier”, l’enchaineront à nouveau ?

Je ne sais pas ce qu’il se passera quand, bientôt, les propriétaires du cirque tireront la chaîne du “spread”, soutenus par l’ensemble du puissant pouvoir  médiatique et tous leurs serviteurs, grassement récompensés.

Les spectateurs, tout en reconnaissant le droit à la liberté de l’éléphant, se limiteront peut-être à prendre des photos. Le petit éléphant est seul, il ne peut pas courir autant, maladroit, dans son corps gros et lourd car chargé de dettes.

Pourtant, il revendique son droit à une vie naturelle.

Je ne peux pas vous dire, en tant que professeur de matières financières, qui va gagner, à court terme, si c’est la chaîne ou l’appel de la mer. Je sais avec certitude une chose, cependant. Je sais qu’un jour, à l’école, les enfants étudieront une période sombre,  durant laquelle,  on leur expliquera, que les animaux vivaient toute leur vie dans une cage, appelée le cirque, pour le seul divertissement de quelques êtres humains.

Ce jour-là, encore plus incrédules, ils apprendront que durant ces siècles, il y avait un autre cirque, celui du marché financier, où, non pas par droit naturel mais législation de l’humain, des millions d’hommes étaient esclaves, au privilège exclusif de quelques maîtres.

Ils ne pourront pas y croire, ces enfants, et ils se demanderont comment il fut possible à cette époque, qu’il puisse exister des humains qui considéraient comme juste et mérité cet horrible martyre.

Ils penseront que c’est une fable, en lisant qu’à une époque il a été considéré comme normal de ruiner la vie d’êtres vivants pour satisfaire “les marchés”.

Ces enfants comprendront que ce n’est pas naturel de ruiner la vie de beaucoup pour faire plaisir à quelques-uns.

Car la finalité de l’homme n’est pas dans l’équilibre budgétaire mais dans ce qui a été écrit par un philosophe médiéval, c’est à dire que le bonheur était ce bien-être atteint qui n’exige pas d’en souhaiter un  plus grand.

Mais les enfants comprendront qu’aucun animal, y compris l’homme, ne peut être heureux s’il est prisonnier.

Fort, ancestral et incompressible sera toujours, pour chaque être de création, l’appel à la vie réelle.

Ceci, avec tout le respect que je dois aux savants érudits, à ceux qui ne savent pas ce qu’ils racontent quand ils parlent de l’économie et de ceux qui, en le sachant, cachent des choses simples derrière des algorithmes et un jargon incompréhensible, est une chose naturelle et vitale.

Ce qui nous lie à une chaîne, que ce soit une loi juridique ou une loi du marché, n’est pas notre condition naturelle, et tôt ou tard, quelqu’un libèrera le petit éléphant.

C’est le droit de sentir le vent sur la visage et l’eau couler librement sur le corps.

Tout repas donné par les geôliers d’un cirque ne nous rendra jamais heureux, en substitution de ce besoin primaire.

On le nomme, entre l’écume de la mer et le souffle du vent, depuis l’aube de l’humanité, avec un mot.

Liberté.

1 Kommentar zu La favola dei mercati finanziari e dell’elefantino al mare

  1. Merci pour ce conte réel : aussi frais qu’effrayant, donc fort ; certes bilingue, mais universel.

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