La « Life Valley » peut doper toute la région

Interview avec Alexis Lehmann de la Fondation Entente Franco-Allemande (FEFA), instigateur du projet « Life Valley ».

Alexis Lehmann travaille depuis des années pour l'intégration dans le Rhin Supérieur. Foto: Eurojournalist(e)

(KL) – Alexis Lehmann est la preuve vivante qu’on puisse avoir des idées pétillantes même une fois l’âge de la retraite dépassé. Ayant pensé et préparé le projet « Life Valley » pour le Rhin Supérieur, il présente une vision porteuse pour l’avenir de notre région. Interview.

Monsieur Lehmann, on pouvait dire chez les collègues des DNA que la CCI et son président Heimburger s’occupent désormais du projet « Life Valley » que vous avez, si nos informations sont correctes, lancé. De quoi s’agit-il, au juste ?

Alexis Lehmann : Cette vallée du Rhin Supérieur n’a pas la notoriété, l’attractivité, richesse qu’elle mérite, même si de nombreuses organisation travaillent sur le rayonnement de notre région. Voilà la base de ce projet « Life Valley » qui est censé améliorer le futur des citoyens et citoyennes et de leurs enfants.

Ce n’est pas encore très concret…

AL : Partons du constat que nous vivons à une époque des grands changements. Si traditionnellement, notre région était dominée par des industries comme la sidérurgie, le textile et la chimie, aujourd’hui, le secteur qui crée le plus grand nombre d’emplois dans la région, ce sont les sciences de la vie. Dans la région du Rhin Supérieur, nous trouvons la plus grande concentration mondiale d’entreprises qui s’occupent des mystères de la vie, de la phénoménologie des maladies et de la recherche de thérapies. 40% de la recherche mondiale dans ces domaines sont concentrés dans le Rhin Supérieur et plus de 50% des grands laboratoire pharmaceutiques du monde sont représentés chez nous, ce qui explique aussi que 6 Prix Nobel vivent et travaillent ici.

Mais nous ne savons toujours pas ce que « Life Valley » signifie concrètement…

AL : D’abord, il convient de souligner que désormais, c e sera la CCI qui pilotera ce projet élaboré au sein de la FEFA et actuellement, nous travaillons sur un plan opérationnel qui concernera quasiment tous les domaines de l’activité économique, car le terme « vie » concerne l’ensemble de l’activité économique, mais aussi la vie quotidienne de tout un chacun.

Il s’agit donc de mener des actions qui visent, généralement parlant, l’amélioration des conditions de vie ? Cela semble très vaste comme approche…

AL: Oui, en effet. Prenons comme exemple l’industrie alimentaire. Là, il s’agira de créer une conscience quant à la qualité des aliments qui doivent contribuer au bien-être et à la santé des gens et non pas à la dégradation des conditions de vie.

Et comment comptez-vous mener des travaux sur cette prise de conscience collective ? Votre identification avec une « Life Valley », à l’instar de la « Silicon Valley » en Californie, passe forcément par une adhésion massive de la part de la population…

AL : Tout à fait ! Nous envisageons de lancer ce concept par le biais de manifestations, nous prévoyons l’organisation d’un « Salon de la Vie », il y aura une série de conférences et de manifestations d’information qui associeront aussi les différents acteurs de ces domaines, tout comme la société civile et il est également envisageable de créer un « label » pour ancrer cette appellation « Life Valley » dans l’image de notre région.

Et ce, dans le but d’associer ce terme « Life Valley » à l’image internationale de notre région ?

AL : Oui, il s’agit de renforcer ces industries de la vie, car un renforcement de ce secteur se traduire pour le Rhin Supérieur, par la création d’emplois, une qualité de vie augmentée et une attractivité accrue de toute la région. Vous savez, le concept de la « vie » est probablement le seul sujet qui concerne chaque individu et augmenter la qualité de vie, cela ne peut que constituer un objectif commun à tout le monde.

On sait que ça fait des années que vous travaillez sur ce concept – d’où vient cet engagement hors du commun pour le Rhin Supérieur ?

AL : Je suis né en 1939 et depuis mon enfance, j’ai toujours été un défenseur de l’idée européenne. Quand je regarde comment cette Europe est aujourd’hui malmenée, j’en suis désolé. L’Europe doit se construire dans les régions frontalières et cette construction européenne ne passera pas par des décisions institutionnelles, mais par des projets concrets qui parlent aux citoyens. Et laissez-moi vous exprimer ma grande satisfaction de pouvoir m’exprimer sur ce sujet sur un média qui lui, s’adresse exactement aux citoyens et citoyennes de cette région suisse, alsacienne et badoise – comme le projet « Life Valley », votre quotidien transfrontalier est à l’image d’une région humaniste qui n’accepte plus les frontières, mais qui vise un vivre-ensemble entre les populations dans trois pays qui prennent l’habitude de considérer leur avenir ensemble.

Monsieur Lehmann, c’est nous qui vous remercions pour cet entretien !

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