Là où Voltaire embrassait la culture germanique

Ces derniers temps, l’image de l’Allemagne est ternie par une politique peu solidaire avec le reste de l’Europe et les xénophobes de la «Pegida». Mais on peut quand même aimer l’Allemagne.

L'Allemagne a bien plus à offrir que les blaireaux du mouvement "Pegida". Surtout à Potsdam. Foto: Eurojournalist(e)

(KL) – On peut aimer l’Allemagne. Non pas l’Allemagne d’Angela Merkel, surtout pas l’Allemagne de la «Pegida», mais l’Allemagne ayant produit une culture magnifique. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour à Potsdam, cette belle ville qui jouxte la capitale allemande Berlin et qui symbolise ce que la culture allemande a de mieux à offrir.

C’est à Postdam que le roi Frédéric le Grand s’est lié d’amitié avec Voltaire, ouvrant ainsi la culture allemande aux influences de la pensée de l’illumination française, et cette ouverture est encore palpable de nos jours à Potsdam, la capitale du Land de Brandebourg.

Le château de Sanssouci en est le témoin principal, ce château où Frédéric le Grand avait pour habitude de recevoir les meilleures tètes de son époque, s’exerçant à la musique difficile d’un Johann Sebastian Bach, passant ses nuits à débattre des idées philosophiques et politiques. L’architecture du château, mais également des quartiers historiques de Potsdam, montrent des influences classicistes qui accompagnaient parfaitement l’histoire de cette ville qui aujourd’hui, comme à l’époque, se distingue par une ambiance internationale que l’on ne retrouve nulle part ailleurs en Allemagne.

La France et la langue française sont omniprésents à Potsdam – ainsi, la «Grande Ecole» dans la rue principale se nomme «Grande Ecole» et non pas «Große Schule» – le grand auteur Heinrich von Kleist y a fait ses études, et personne à Potsdam ne s’étonne de l’appellation française de l’établissement. Le quartier hollandais est vraiment hollandais. Tout un quartier construit dans le style des comptoirs d’Amsterdam, en briques rouges, destiné aux équipes néerlandaises engagées par la Prusse pour construire des bateaux – pour que les Néerlandais s’y sentent chez eux, on leur avait offert ce quartier hollandais. D’une beauté rare et où l’on déguste le meilleur chocolat chaud du monde, dans un établissement qui se nomme «La maison du chocolat», en français dans le texte…

Et que dire de l’Alexandrowka, cette colonie de 23 maisons construites dans le style russe qui abritait des officiers russes ayant rejoint l’armée prussienne ? Entourée de vastes jardins avec leurs plantations de fruitiers, l’Alexandrowka se trouve à proximité immédiate du château Sanssouci – mieux valait avoir ses troupes les plus fidèles près de chez soi…

Dans aucune autre ville allemande, on entend parler autant de langues, encore de nos jours. Ville universitaire, Potsdam accueille des étudiants du monde entier et dans les innombrables instituts de recherche, se côtoient les chercheurs venus de partout – l’Allemagne de la «Pegida» n’est qu’un cauchemar éloigné à Potsdam.

Mais la capitale du Brandebourg ne se limite pas à la seule histoire – il s’agit d’une ville résolument tournée vers l’avenir. La «Biosphère» en est le meilleur exemple. Ce musée participatif représente la forêt tropicale, sur 20.000 m2, sert à la fois comme lieu de sensibilisation et de sauvegarde que de lieu de recherche. D’autres instituts ultramodernes ont également choisi Potsdam comme siège et les lacs et la nature autour de la ville, ainsi que la proximité avec la capitale fédérale, en font un lieu de résidence de choix.

L’ambiance à Potsdam est relax, ouverte, belle. Ici, personne ne vous regarde bizarrement à cause de la couleur de votre peau, ici, personne ne vous demande votre croyance. En quelque sorte, Potsdam est l’opposé de Dresde, cette ville où rodent les néonazis qui clament une «culture allemande» dont il ne comprennent même pas la signification.

S’il convient de combattre les xénophobes et néonazis, s’il convient de condamner les forces politiques qui soutiennent ce mouvement xénophobe plus ou moins ouvertement, il est aussi important de se rendre compte qu’il y a aussi une autre Allemagne. Une Allemagne ouverte au monde, une Allemagne culturelle qui connait et qui a connu ses moments forts là où elle se mélange à d’autres cultures. Il est important de faire connaissance avec cette Allemagne qui ne fait pas la «Une» des médias – et ne pas laisser l’image de l’Allemagne entre les mains d’une bande de racistes, xénophobes et autres néonazis qui de plus, se disent «européens». Car elle peut aussi être belle et humaniste, cette Allemagne millésime 2015…

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