La voix du cœur et de la raison

Le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, et celui du Conseil Européen, Donald Tusk, s’adressent aux Britanniques : « vous pourriez aussi bien rester dans l’UE… »

Jean-Claude Juncker et Donald Tusk hier devant le Parlement Européen à Strasbourg. Foto: (c) European Union / 2018 EC Audiovisual Service

(KL) – Il est relativement rare que des conférences de presse à Strasbourg nous éclairent sur les questions européennes. Mais ce que le président du Conseil Européen, Donald Tusk, et le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, ont dit hier à Strasbourg à l’adresse des Britanniques est remarquable. Ils les ont appelés à repenser le « Brexit » en réitérant la proposition de rester tout simplement dans l’Union.

Devant les eurodéputés, Donald Tusk a interpellé le ministre britannique du Brexit, David Davis : « N’est-ce pas David Davis lui-même qui a dit que lorsqu’une démocratie n’est pas en mesure de changer sa position, elle arrête d’être une démocratie ? » Et Jean-Claude Juncker de formuler un vœu : « A Londres, on devrait entendre que notre porte est et restera ouverte… » A bon entendeur…

Mais à Londres, Theresa May continue de fermer les yeux et les oreilles. Sans être en mesure d’expliquer un quelconque avantage que présenterait le « Brexit », elle poursuit sa feuille de route sans se poser la moindre question. Pourtant, les sondages le confirment : un deuxième référendum sur le « Brexit » ne donnerait plus le même résultat qu’en été 2016 ; une majorité des Britanniques a compris que ce « Brexit » ne présente que des inconvénients, sans pour autant pouvoir déclencher quoi que ce soit de positif. Les libéraux britanniques ont parfaitement raison de demander un nouveau référendum. Ils arguent que le peuple britannique a été trompé lors du premier vote, empêchant les électeurs de faire un choix en connaissance de cause et privant le scrutin de valeur légale. Rien ne s’oppose dès lors à l’organisation d’un deuxième référendum.

Contrairement à Nigel Farage, qui a avoué ses mensonges dès le lendemain du référendum, Theresa May est radicalement opposée à un nouveau vote. Comme d’habitude, elle n’argumente pas, elle décrète.

Tusk et Juncker ont trouvé les mots justes. Oui, ce serait mieux si les Britanniques restaient dans l’Union Européenne, ne serait-ce que pour lancer de vraies réformes structurelles de cette institution qui bat de l’aile. La Grande Bretagne fait et fera toujours partie de l’Europe. Pourquoi en sortir, alors ?

1 Kommentar zu La voix du cœur et de la raison

  1. Dès l’issue du vote, le 23 juin 2016, il fallait être Anglais pour ne pas se rendre compte de la ”Catastrophe” que cela représentait pour eux tant sur les plans économiques et financiers avec la délocalisation des sièges, la perte du triple A, l’augmentation du chômage et des mesures protectionnistes, que sur le plan politique pour dénouer de très nombreux accords et traités souvent complexes tout en conservant l’intégrité du Royaume Uni. D’où l’évidence qui semble apparaître aujourd’hui. Reste à dénicher l’interférence étrangère ayant gravement perturbé le vote démocratique pour lancer l’idée d’un nouveau référendum. Mais si, malgré tout, Theresa persistait, que deviendrait le Parlement européen en 2019 sans nos chers députés Anglais ? Où dériverait l’Ecosse de Nicola Sturgeon ? Et que deviendrait HSBC, tête de pont de Xi Jinping, durablement confiné sur les terres de sa Majesté ?

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