Le Brexit à la dure…

La chef du gouvernement britannique Theresa May veut maintenant forcer la rupture avec l’Union Européenne. Contre toute raison, elle envisage un « Brexit dur », comme le relate la presse outre-Manche.

Le petit machin en vert au milieu, c'est la Grande Bretagne. Qui veut désormais faire cavalier seul dans un monde globalisé... Foto: Rob / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 3.0

(KL) – David Cameron aura commis deux erreurs politiques des plus graves – d’une part, organiser le référendum sur le « Brexit », d’autre part, permettre à Theresa May de prendre la relève comme premier ministre britannique. Pendant que de nombreux experts réfléchissent encore comment éviter cette bêtise historique qui est le « Brexit », Theresa May, elle, veut accélérer le processus – en vue d’un « Brexit propre et dur ». Mardi, elle présentera son plan dans un discours très attendu.

Theresa May est déterminée – pour elle, le « Brexit » constitue la seule chance d‘entrer dans les livres d’histoires. Si l’Histoire se souviendra d’elle comme le bourreau de la cohésion britannique et de la cohésion européenne, peu importe. Sa vision du « Brexit » est, de toute manière, suicidaire pour la Grande Bretagne.

Le marché commun – fini. La liberté de circulation – finie. Des approches communes face aux grands défis européens – finies. Désormais, la Grande Bretagne de Theresa May fera cavalier seul et sera donc le premier état-membre de l’Union Européenne à préférer le retour vers un nationalisme étriqué dans un monde globalisé. Ce que l’on pourrait considérer comme un comportement anticyclique, est la plus grande bêtise jamais commise dans l’histoire de la Grande Bretagne. Ni les Vikings, ni les Danois, ni les Nazis n’ont réussi à obtenir ce que Theresa May fera subir à son pays – la désintégration du Royaume Uni. The Queen is not amused…

Pourtant, à Londres, on connaît les conséquences du « Brexit ». Mais au lieu de revenir sur un vote qui légalement, n’engage personne à rien, la Grande Bretagne veut maintenant prouver au monde entier que les British n’ont besoin de personne. Dans le pire des cas, on est même prêt à modifier le modèle économique, comme l’a indiqué le ministre des finances Philip Hammond. « Nous voulons bien être connectés avec l’Europe, mais si on nous force, nous serions alors forcés à modifier notre modèle économique ». Ah bon ? Et cela voudrait dire quoi ?

La phrase de Philip Hammond ne peut être interprétée que d’une façon – le ministre menace l’UE par une possible mise en œuvre d’un « paradis fiscal » devant les portes de l’UE. Là, il s’agit d’une idée aussi farfelue que l’idée du « Brexit ». Un paradis fiscal devant les portes de l’UE manquera surtout d’une chose – de clients. Car les flux d’argent depuis l’Europe seraient étroitement contrôlés et Londres ne pourra pas se permettre de s’isoler complètement. A moins de demander l’adhésion aux Etats-Unis, l’avenir britannique est et restera européen.

La Grande Bretagne s’apprête alors, contre toute raison, à entreprendre une rupture avec tout ce qu’il est important pour les Britanniques et ce, sans y être obligée. La Cour Suprême a déjà indiqué que le malheureux référendum du 23 juin 2016 n’engageait pas le gouvernement, mais celui-ci semble déterminé de porter la bêtise jusqu’au bout.

Une seule solution serait raisonnable – renoncer au « Brexit » et s’engager dans la construction d’une Union Européenne plus puissante et sociale. Mais pour les Britanniques, une telle solution ne serait certainement pas assez « spleen »…

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