« Le Liban se relèvera ! »

Entretien avec le Docteur Elias Tachy, médecin ORL et propriétaire du célèbre restaurant libanais « Au Cèdre » à Strasbourg, dans le quartier de la Krutenau.

Le Docteur Elias Tachy est optimiste quant à la relance de son pays d'origine, le Liban. Foto: Eurojournalist(e) / CC-BY-SA 4.0int

(KL) – On entend de moins en moins parler du Liban après l’explosion catastrophique du port de Beyrouth, qui avait dévasté une grande partie de la ville. Certes, on peut lire des appels dans les réseaux sociaux qui demandent des dons et des soutiens à la communauté internationale, mais force est de constater que l’attention des médias mondiaux s’est déjà tournée vers d’autres sujets. Pourtant, le Liban traverse l’une des plus grandes crises de son histoire. Pour savoir comment la situation se présente aujourd’hui au Liban, nous avons rencontré le Docteur Elias Tachy qui reçoit régulièrement des informations du pays. Interview.

Docteur Tachy, comment se présente la situation à Beyrouth aujourd’hui ?

Docteur Elias Tachy : Evidemment, Beyrouth et le Liban se trouvent actuellement dans une crise énorme. Le Liban a été touché gravement, et il faudra du temps pour tout réorganiser. Mais le peuple libanais y arrivera, l’optimisme et la détermination se trouvent tout autant dans notre ADN que la tolérance. Pendant de longues années, nous avons vécu dans un voisinage exceptionnel entre toutes les confessions, et il n’y a qu’un pourcentage infime de la population qui essaye d’imposer son fanatisme religieux à tout un pays. Mais je suis certain que le Liban et les Libanais sauront surmonter cette crise.

Cette terrible explosion au port de Beyrouth – de nombreux observateurs se posent la question si elle n’a pas été commanditée sciemment par le Hezbollah ?

DET : On ne le saura probablement jamais avec certitude. Personnellement, je ne le crois pas, mais qui peut le savoir ? Mais en fin de compte, cela ne fera pas une grande différence. Beyrouth, ce joyau de la Méditerranée et le Liban doivent maintenant reconstruire et relancer la vie au pays, dans l’entente mutuelle.

Vous semblez très optimiste – comment ça se fait ?

DET : Je connais mon pays et mes compatriotes. Le Liban n’est pas un pays très grand, il mesure 200 km de long pour 80 km de large. Nous avons l’habitude du vivre-ensemble entre personnes de différentes croyances, et c’est notre grande force. Maintenant, il s’agit d’écarter du pouvoir la classe politique actuelle par des élections anticipées – c’est cette classe politique qui essaye de diviser le peuple libanais pour garder le pouvoir. Les Libanais n’aspirent qu’à une chose : vivre harmonieusement avec les voisins dans ce pays merveilleux. N’oublions pas qu’après cette explosion catastrophique (troisième explosion au niveau mondial), s’ajoutent la crise du Covid et la dépréciation de la monnaie libanaise.

La reconstruction d’une grande partie de Beyrouth coûtera très cher – le pays y arrivera-t-il ?

DET : Mais bien sûr – regardez tout le soutien qui nous arrive depuis la France, l’Europe, le monde entier ! Et il ne faut pas oublier les 14 millions de Libanais vivant à l’étranger et qui y réussissent très bien leur vie – chacun va contribuer, l’un avec 10 €, l’autre avec un million de dollars, pour reconstruire notre pays. Le Liban manque actuellement de bois, de verre et d’aluminium, et là, les Libanais vivant à l’étranger ne se feront pas prier pour apporter leur aide concrète.

Et la suite immédiate ?

DET : On verra déjà au mois de septembre, à l’occasion de la deuxième visite d’Emmanuel Macron, si jamais elle aura lieu . C’est à ce moment qu’on évaluera la rapidité avec laquelle le Liban peut se refaire une santé. Mais on va y arriver, c’est sûr et certain !

Docteur Tachy, merci pour cet entretien !

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