Le sens même du travail de la mémoire

Des élèves allemands et français ont visité ensemble le «Hartmannswillerkopf», synonyme de l‘horreur de la guerre. Pour s‘y rendre compte que la guerre n‘a rien d‘attractif. Et qu‘elle est bien réelle.

A des endroits comme le Hartmannswillerkopf, l'horreur de la guerre devient palpable. Foto: Eurojournalist(e)

(KL) – De nombreux jeunes connaissent la guerre du Journal Télévisé ou des jeux vidéos. Lors d‘une visite de bacheliers de Freiburg et d‘Altkirch au Hartmannswillerkopf, organisée par l‘Union des Officiers de Réserve de Mulhouse, ils ont pu et du se rendre compte que la guerre n‘a rien de romantique, rien d‘enjoué, et qu‘elle tue des gens à peine plus âgés qu‘eux-mêmes.

110 jeunes de deux lycées fribourgeois (Friedrich-Gymnasium et Berthold-Gymnasiums) et d‘Altkirch (Lycée Jean-Jacques Henner) ont passé une journée sur les lieux de la Ière Guerre Mondiale dans le département du Haut-Rhin. Le moment fort était sans doute la visite du Hartmannswillerkopf, cette montagne près de Cernay où, pendant la Ière Guerre Mondiale, environ 30.000 jeunes français et allemands avaient laissé leur vie. Pour un bout de montagne.

Il n‘y a peu d‘endroits où l‘horreur de la guerre est plus palpable que sur cette montagne surnommée «mangeuse d‘hommes» – on y aperçoit encore aujourd‘hui les tranchés qui se situent à quelques mètres les uns des autres et les visiteurs arrivent facilement à s‘imaginer l‘horreur des jeunes soldats dans ces tranchés, à attendre la mort d‘un instant à l‘autre, sachant l‘ennemi juste en face, entendant sa voix, sachant que cet ennemi avait les même craintes. Sans possibilité d‘appuyer sur la touche «Reset».

12000 soldats français et allemands ont trouvé leur dernier lieu de repos dans la crypte du Hartmannswillerkopf – devant l‘impossibilité de les identifier, les ossements de ces jeunes soldats reposent ensemble, ce qui a conduit le Président Hollande à parler de «nos morts communs» lors de la pose de la première pierre du nouveau «Historial» qui sera construit sur cette montagne.

Les jeunes allemands et français, visiblement émus par la présence de tant de souffrance sur un lieu autrement paradisiaque, ont déposé une couronne au monument du Hartmannswillerkopf. Un geste solidaire, un geste franco-allemand et comme une promesse de faire en sorte à ce que cette horreur ne se reproduise jamais.

Heureusement que les instances publiques et les partenaires privés comme la Fondation Entente Franco-Allemande à Strasbourg ou bien, l‘organisatrice de cette visite, l‘Union des Officiers de Réserve de Mulhouse, attachent une telle importance à ce travail de mémoire qui, en vue de l‘évolution que prend l‘Europe actuellement, devient de plus en plus important.

Non, le travail de mémoire n‘est pas «ringard» comme disent certains, non, il ne s‘agit pas de pointer les ennemis d‘antan du doigt, il s‘agit d‘enseigner aux jeunes qu‘aucun conflit politique ou culturel ne peut être résolu par la guerre. Et que la guerre n‘est pas une aventure où l‘on devient un homme, mais une sale affaire où on meurt dans des conditions atroces. Ce que les jeunes de Freiburg et d‘Altkirch semblent avoir compris lors de cette visite.

Des visites comme sur le Hartmannswillerkopf ou au Struthof, devraient faire partie de l‘éducation de chaque jeune dans la Région du Rhin Supérieur. Dans cette région, pendant des siècles la scène de guerres fratricides et si la paix devrait persister en Europe, ce sera bien à grâce à l‘entente entre la France et l‘Allemagne. Les jeunes ayant participé à cette excursion, ont bien compris le message – la guerre n‘a rien de virtuel et elle peut éclater sans que personne ne la veut vraiment. Et qu‘il faut rester vigilant que de tels drames ne puissent pas se répéter. Le travail de mémoire, il sert exactement à cette prise de conscience.

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