Les bras ouverts : la ville de Freiburg accueille les réfugiés

Que les cyniques, les xénophobes, les ultranationalistes se le disent - ils ne représentent pas la majorité des allemands - l’accueil des réfugiés devient de plus en plus émouvant !

Dans cette structure d'accueil de réfugiés à Freiburg, les représentants de la ville et les citoyens travaillent ensemble pour assurer le meilleur accueil possible. Comme un peu partout actuellement. Foto: Pressebüro Arne Bicker / Eurojournalist(e)

(KL) – Les citoyens européens se sont réveillés, à ce qu’il paraît. A titre d’exemple parmi tant d’autres exemples dans de nombreux pays européens, l’accueil des réfugiés à Freiburg. En en rien de temps, la ville a érigé une «ville de tentes», une structure d’accueil qui permet d’héberger de nombreux réfugiés avant que ceux-ci soient distribués sur des hébergements un peu partout dans la région. Depuis samedi, les citoyens fribourgeois y affluent pour proposer leur aide.

«Refugees welcome», les pancartes que l‘on voit partout dans les villes européennes, des ballons coloriés, des gens qui apportent des produits de première nécessité – l‘élan de solidarité est palpable à Freiburg comme ailleurs. Et c‘est la société civile qui s‘est faite fer le lance de cet élan de solidarité, obligeant, au niveau national, la politique à réagir.

La grande question reste cependant combien de temps cet élan pourra durer. En Bavière où les trains de l‘espoir arrivent depuis Budapest et Vienne, la CSU au pouvoir met déjà en garde en déclarant que ce qui s‘y est passé le week-end dernier, était une exception. La CSU conservatrice n‘entend pas changer de position et sa position est celle de Horst Seehofer qui lui, préfère ne pas trop accueillir les réfugiés. Mais devant l‘attitude positive des bavarois, il ne pouvait pas intervenir le week-end dernier. A contrario de ce qu‘on avait vu et vécu ces dernières semaines en Saxe, l‘Allemagne se défend contre cette image d‘un pays replié sur lui-même, avare, froid et austère – la société civile se manifeste et ce, avec un humanisme dont on ne croyait pas qu‘il faisait parti de l‘Allemagne millésime 2015.

Mais on s‘est trompé – la politique allemande et les allemands, ce n‘est pas la même chose. Les allemands, ce sont des milliers de bénévoles qui proposent leur aide, qui investissent du temps de libre, qui vont vers les réfugiés. Les allemands ont compris que les réfugiés, après avoir enduré des expériences atroces, méritent mieux que du bla-bla administratif et des discours comme celui du ministre de l‘intérieur Thomas de Maizière qui lui, voudrait stopper les paiements d‘un argent de poche aux demandeurs d‘asile. La générosité du peuple allemand est contagieuse. D‘abord, elle a convaincu la chancelière de prendre une position clairement favorable à un accueil qui correspond á la nécessité de la situation, ensuite, elle a le potentiel de se répandre sur toute l‘Europe.

A Strasbourg, le week-end dernier, il y avait des manifestations et le ministre de l‘intérieur Bernard Cazeneuve a appelé à une réunion des maires des grandes villes prêts à accueillir des réfugiés. Quel contraste avec la politique jusqu‘alors menée à Calais ! Comme en Allemagne, la rue et le sens civique des gens prend le dessus – et cette générosité, cette solidarité cloue le bec aux nationalistes et xénophobes dont plus personne n‘écoute le vieux discours qui voudrait que le bateau soit plein. Les gens, un peu partout en Europe, comprennent que le moment est venu d‘apporter de l‘aide à des gens qui ont du prendre la fuite pour sauver leur vie et celle de leurs familles.

Pour une fois, ce n‘est pas la politique qui nous dicte le comportement à adopter, mais c‘est la société civile qui oblige la politique à changer d‘orientation et à devenir plus humaine. L‘automne sera l‘automne de la solidarité, de l‘aide, de l‘action de la part de la société civile. A la politique de suivre et prendre aussi clairement position que la rue – les gens veulent que les pays riches aident les gens qui sont dans la misère. C‘est aussi simple que cela. Et que les politiques qui prêchent encore la haine et l‘exclusion se le disent – leur époque pourrait bel et bien être révolue. L‘heure n‘est plus aux discours bon marchés, mais à l‘action sur le terrain.

Comme à Freiburg où les gens découvrent avec joie qu‘il est plus satisfaisant d‘aider son prochain que de regarder la misère des autres devant son poste de télévision.

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