Lettre aux amis français

Le Professeur Valerio Malvezzi s’adresse aux Français sur un sujet d’une gravité énorme : la précarité. Celle induite par des procédures de liquidation judiciaire discutables.

Le Professeur Valerio Malvezzi porte le sujet du "suicide d'état" au-delà des frontières. Foto: privée

Chères amies et amis français,

Il y a quelques jours, j’ai fait un « direct facebook » sur le thème des suicides d’état en Italie. Peu après, j’ai été inopinément contacté par Mme Brigitte Vitale, président de l’organisation française qui s’occupe bénévolement de ce sujet.

J’ai découvert tout un monde.

J’ai appris qu’il y a, même en France, un grand nombre de personnes qui s’adressent chaque mois à son association en se plaignant de très graves problèmes. Beaucoup d’entre eux sont aussi malades. Le taux de faillite des entreprises françaises est très élevé. Pour des raisons que vous connaissez mieux que moi, même en France, le risque de suicide dans ces conditions n’est plus négligeable.

J’affirme qu’il n’y a pas de crise, mais seulement un changement, délibéré et planifié, du système économique, qui a entraîné, comme effet secondaire, cette situation systémique.

Personnellement, je pense que ces personnes ne sont pas des incompétents ou des personnes malchanceuses, comme le déclare une certaine presse, mais ces personnes sont bel et bien des victimes.

Un dessin global, international, créé par une pensée unique néolibérale en économie, qui a créé un mythe immonde du « Marché qui se règle par lui-même » a fait passer les intérêts de l’homme après celles du marché.

Sur cet autel, c’est-à-dire sur l’autel païen du « Dieu du Marché » et de la « Déesse de la Spéculation », ont été sacrifiés – et continuent de se faire sacrifier – des êtres humains.

J’appelle cette approche le « paganisme économique ».

Je soutiens qu’après des milliers d’années où -d’Aristote à Adam Smith- l’économie était soumise aux règles de la philosophie morale, celle-ci est passée sous le contrôle de la finance au cours des dernières décennies.

Ainsi, il est nécessaire de ramener la finance au service de l’économie qui doit être, à nouveau, à son tour, au service de la politique, c’est-à-dire des citoyens, et non à celui des marchés financiers.

Pour qu’il en soit ainsi, il faut cependant que le débat s’élève avec quelque chose au-dessus de la politique, et ce quelque chose est l’éthique, la philosophie morale comme phare des choix collectifs.

Cela semble être un débat académique, mais ce n’est malheureusement pas le cas.

J’entends donc, sans argent, sans être patron de télévisions ou de journaux, seulement avec le simple usage de mon téléphone portable, soulever un problème social, parce que celui-ci tue au sens propre des gens.

Ce soir (dimanche 29 juillet à 21h00) je compte faire écouter en « direct facebook » à beaucoup d’amis italiens, à travers la voix de Mme Brigitte Vitale -que je remercie pour sa disponibilité- un récit des nombreux drames français, car je crains qu’ils soient similaires aux nôtres.

Dans le silence assourdissant des journaux et des organes d’information, au-delà de la censure des prétendues « Fake News », les gens veulent savoir.

Les citoyens, comme moi, ne peuvent pas s’y résoudre.

La seule chose que je ne veux pas faire, c’est tourner la tête de l’autre côté.

Si beaucoup d’autres personnes devaient, enfin, regarder dans la bonne direction, on pourrait espérer créer en Europe, un mouvement d’opinion, d’indignation collective, d’espoir renouvelé.

Rien n’est pire que notre silence, parce que les morts ne peuvent plus parler.

Je vous salue ainsi chaleureusement mes amis français,

Valério

Version originale :

LETTERA AGLI AMICI FRANCESI

Care amiche e amici della Francia,

pochi giorni fa, ho fatto una diretta Facebook sul tema dei suicidi di Stato in Italia. Poco dopo, sono stato inaspettatamente contattato dalla Signora Brigitte Vitale, Presidente dell’Organizzazione Francese che si occupa gratuitamente di questo tema.

Ho scoperto un mondo.

Ho appreso che ci sono, anche in Francia, tantissime persone che scrivono mensilmente alla Sua organizzazione lamentando gravissimi problemi. Molti di loro sono anche malati. Le percentuali di fallimento delle imprese francesi entrate in difficoltà sono altissime. Per ragioni che meglio di me conoscete, anche in Francia il rischio di suicidi in tali condizioni non è più trascurabile.

Io affermo che non esista nessuna crisi, ma solo un cambiamento, deliberato e pianificato, di sistema economico, che ha comportato, come effetto collaterale, questa situazione diffusa. Personalmente ritengo che queste persone non siano incapaci o sfortunate, come descritte da certa diffusa opinione, ma vittime.

Un disegno globale, internazionale, creato da un pensiero unico neoliberista in economia, che ha creato un mito immondo del “mercato che si regola da sé” ha anteposto le ragioni dell’uomo a quelle del mercato. Su tale altare, cioè sull’altare pagano del dio mercato e della dea speculazione, si sono sacrificati –e si continuano a sacrificare– esseri umani. Io definisco questo approccio « paganesimo economico ».

Io sostengo che, dopo migliaia di anni nei quali -da Aristotele ad Adam Smith- sostanzialmente l’economia era sottostante alla filosofia morale, negli ultimi decenni l’economia sia stata posta sotto la finanza. Occorre invece ricondurre la finanza al servizio dell’economia che deve a sua volta essere nuovamente al servizio della politica, cioè dei cittadini, e non dei mercati finanziari.

Affinché questo succeda occorre tuttavia che il dibattito riporti qualcosa ancora al di sopra la politica, e quel qualcosa è l’etica, la filosofia morale come faro delle scelte collettive.

Sembrerebbe un dibattito accademico, ma così, purtroppo, non è.

Intendo quindi senza soldi, senza televisioni e senza giornali, soltanto con un telefonino, sollevare un problema sociale; perché si stanno uccidendo delle persone. Questa sera (domenica 29 luglio alle ore 21.00) intendo fare ascoltare in diretta Facebook a tanti amici italiani, attraverso la voce della Signora Brigitte Vitale -che ringrazio della disponibilità- un racconto dei drammi di tanti francesi, perché temo siano simili ai nostri.

Nel silenzio assordante dei giornali e degli organi di informazione, oltre la censura delle presunte « fake news », la gente vuole sapere.

Singoli cittadini, come me, ben poco possono risolvere.

L’unica cosa che, tuttavia, non voglio fare, è girarmi dall’altra parte.

Se molte altre persone dovessero, prima o poi, sollevare lo sguardo, almeno si creerebbe in Europa un movimento di opinione, di indignazione collettiva, di rinnovata speranza.

Nulla è peggio del nostro silenzio, perché i morti non possono più parlare.

Un caro saluto, amici della Francia.

Valerio

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