Martin Schulz veut promouvoir l’Europe à Berlin

Le président du Parlement Européen Martin Schulz quitte la politique européenne – pour, comme il dit, « promouvoir l’Europe à Berlin ». Une sacrée mission…

En route pour "promouvoir l'Europe à Berlin" - Martin Schulz. Foto: EU2016SK / Wikimedia Commons / CC0 1.0

(KL) – Le timing est tout simplement parfait – le 17 janvier 2017, le président du Parlement Européen Martin Schulz quittera ses fonctions et le 12 février 2017, l’actuel ministre des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier sera élu président fédéral et quittera donc ses fonctions. Le poste aux affaires étrangères vacant ira comme un gant à Martin Schulz… Si les médias spéculent déjà sur une potentielle candidature de Schulz aux élections législatives en Allemagne en 2017, on n’en saura rien avant le mois de janvier 2017, lorsque le SPD devra nominer le challenger d’Angela Merkel.

Le bilan de Martin Schulz comme président du Parlement Européen est mitigé. D’une part, il aura réussi à asseoir le rôle du Parlement Européen vis-à-vis de la Commission Européenne et du Conseil Européen, ce qui constitue un véritable succès. De plus, Martin Schulz a souvent pris position lorsque d’autres responsables européens se sont tus – mais le même Martin Schulz aura aussi commis des erreurs énormes.

En 2014, lors des élections européennes, Schulz faisait partie de ceux qui miroitaient aux 500 millions Européens et Européennes que pour la première fois, ce seraient les citoyens européens qui éliraient non seulement leurs députés européens, mais par le même biais, aussi le nouveau président de la Commission Européenne. Le spectacle auquel la politique européenne s’est livrée après ces élections, était de nature à dégoûter de nombreux Européens de la politique européenne. Le plus stupide dans cette démarche était qu’à la sortie, l’Europe institutionnelle avait fini par désigner celui qui aurait été de toute manière élu – Jean-Claude Juncker. Mais le mal était fait – les Juncker, Schulz & Cie. avaient envoyé un message assassin aux Européens : « votre vote n’intéresse pas, la politique européenne continuera à se magouiller dans les couloirs et derrière des portes fermées ».

Très peu élégant était aussi la toute dernière idée de Martin Schulz, à savoir d’outrepasser le Parlement Européen pour la promotion du Commissaire à l’économie numérique au portefeuille du budget – en voulant épargner à son compatriote, le conservateur Günther Oettinger, de se faire blackbouler par le parlement, Schulz entend une nouvelle fois invalider les règles les plus fondamentales de la démocratie européenne en voulant nommer ce personnage étrange sans vote du parlement.

Dans l’ensemble, le bilan de Martin Schulz reste toutefois positif – et l’Allemagne a certainement connu de plus mauvais ministres des affaires étrangères que Martin Schulz. Et s’il met en œuvre ce qu’il a annoncé, donc de promouvoir l’Europe à Berlin, ce départ de la présidence du Parlement Européen pourra s’avérer bénéfique pour tout le monde. L’Allemagne a besoin de plus d’Europe et l’Europe a besoin d’un peu moins d’Allemagne…

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