Merkel 2.0

Le nom est difficile à prononcer, mais il faudra s'y habituer – Annegret Kramp-Karrenbauer est la nouvelle femme forte de la CDU.

Angela Merkel sera toujours l'ombre de la nouvelle femme forte de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer. Foto: Eurojournalist(e) / CC-BY-SA 4.0int

(KL) – Le congrès de la CDU a tranché  – la nouvelle présidente du parti est l’ancienne ministre-présidente de la Sarre, Annegret Kramp-Karrenbauer. « AKK » pour les intimes a été désignée à la tête de la CDU, ce qui lui ouvre intrinsèquement les portes à une candidature à la chancellerie lors des prochaines élections législatives en Allemagne, en 2021. Elle s’est imposée d’une courte tête face à Friedrich Merz qui était son opposant lors d’un deuxième tour, après que le troisième candidat Jens Spahn s’est fait éliminer lors du premier tour. La CDU a donc choisi la continuité en votant pour la confidente d’Angela Merkel. Que signifie cette élection ?

AKK ne va pas révolutionner la politique allemande – elle poursuivra le chemin d’Angela Merkel, en plus moderne, en mettant un accent particulier sur les relations franco-allemandes et européennes. C’est elle qui était à l’origine de la « Stratégie France » qui prévoit d’ici l’an 2043 non seulement l’introduction du français comme deuxième langue officielle en Sarre, mais une intégration avancée entre la Sarre et la Lorraine. Européenne convaincue, AKK attachera une attention particulière à l’évolution de l’Union Européenne, sujet qui ne figurait pas en position importante dans la présentation de ses deux concurrents à la présidente de la CDU.

On peut s’attendre à une politique à forte connotation sociale, comme elle l’a déjà fait en Sarre. « Je suis probablement la socialiste la plus ‘noire’ », a-t-elle dit un jour. Rodée aux négociations avec les partenaires sociaux, AKK a le potentiel de contribuer à la paix sociale en Allemagne, tout en récupérant des votes partis à l’extrême-droite AfD.

Toutefois, certaines de ses positions sont marquées par un catholicisme assez fondamental, par exemple en ce qui concerne des questions comme l’avortement ou encore le mariage pour tous. Mais c’est justement ce mélange de modernité, de détermination et de fort conservatisme qui lui a permis de convaincre les délégués de la CDU qu’elle pourra fédérer son parti ces prochaines années qui s’annoncent houleuses au niveau politique.

Est-ce qu’AKK sera aussi la prochaine chancelière allemande ? Possible, mais pas sûr. La CDU, au pouvoir depuis de longues années en Allemagne, ne peut pas être sûre d’être encore le parti le plus fort en 2021. Si l’évolution actuelle devait se confirmer, il est tout autant pensable que le prochain chancelier allemand soit un « Vert », Robert Habeck, par exemple. Mais d’ici là, on se pose surtout la question outre-Rhin : Angela Merkel restera-t-elle aux commandes à Berlin jusqu’à la fin de son mandat ? Ou bien passer-t-elle le témoin avan, déjà ? A suivre.

Kommentar hinterlassen

E-Mail Adresse wird nicht veröffentlicht.

*



Copyright © Eurojournaliste