Pedro Sánchez sera-t-il aussi Mártir ?

Le Président du Gouvernement Espagnol annoncera aujourd’hui sa décision, quant à une possible démission.

Contrairement à Carino da Balsamo trucidant Pietro da Verona de face au XIIIe siècle, aujourd’huila droite et l’extrême-droite espagnoles, frappent Pedro Sánchez dans le dos. Foto: Giovanni Girolamo Savoldo / Wikimedia Commons / PD

(Jean-Marc Claus) – Alors que son épouse Maria Begoña Gomez Fernández, dont il partage la vie depuis 2003, est soupçonnée de trafic d’influence suite à une plainte venant de l’organisation d’extrême-droite « Clean Hands », le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, s’est donné un temps de réflexion, jusqu’à ce jour, pour annoncer s’il démissionne. L’affaire n’est pas encore instruite, mais contrairement à ce qui se passe habituellement en France dans pareil cas, en Espagne, la personnalité politique touchée directement ou indirectement, envisage de démissionner. Quelle admirable leçon de démocratie, mais aussi de respect pour la fonction incarnée !

Le choix du 29 avril fait autant débat, que les spéculations quant la décision qui y sera annoncée. Dans la presse espagnole, certains quotidiens on lancé des sondages. L’opposition accuse Pedro Sánchez de se victimiser, en raison de sa lettre adressée aux citoyens le 24 avril, et du jour de la San Pedro Mártir choisi pour annoncer sa décision. Que l’on soit croyant ou non, tant au Portugal qu’en Espagne, la tradition catholique tient une place importante dans la société, ne serait-ce que du point de la symbolique.

Mais qui était donc ce San Pedro Mártir, que d’un même mouvement droite et extrême-droite, accusent Pedro Sánchez d’instrumentaliser ? Nommé également Pietro da Verona, ce prédicateur dominicain né en 1205 en Vénétie, était un grand connaisseur de la Bible et un talentueux orateur. Nommé inquisiteur par le pape Innocent IV, il n’est pas avéré qu’il ait participé à des procès. Par contre, la puissance de son argumentation, aurait ramené dans le giron du catholicisme, nombre de dissidents. D’une grande exigence quant à lui-même, il fustigeait ceux professant la foi en l’Évangile, mais agissant à l’encontre de celui-ci. Il se savait menacé et le samedi de Pâques 1252, Carino da Balsamo le mit à mort à Seveso, alors qu’il cheminait de Côme à Milan. Un assassinat qui aurait été commandité par un évêque hérétique et quelques seigneurs milanais.

Ce qui ne doit pas plaire, tant à la droite qu’à l’extrême-droite, n’est pas seulement la tentative de victimisation que leurs leaders attribuent à Pedro Sánchez, mais le fait que Carino da Balsamo se repentant de son acte, devint Dominicain et mourut en odeur de sainteté. D’ici à ce que le Basque Santiago Abascal (VOX) et le Galicien Alberto et Núñez Feijóo (Partido Popular), soudainement touchés par la grâce, prennent leurs cartes auPartido Socialista Obrero Español… Blague à part, cette histoire de repentance a tout de même du sens, car le dossier incriminant Maria Begoña Gomez Fernández, serait pour l’heure plutôt léger.

S’il est bien connu, que l’extrême-droite ne se repent jamais de ses crimes, il est pareillement documenté que la droite qui s’associe à elle, s’en mord tôt ou tard les doigts. Visiblement, tant en la Péninsule Ibérique qu’ailleurs en Europe, les leçons de l’Histoire ne sont pas apprises, et la droite qui croit instrumentaliser l’extrême-droite se fait toujours vampiriser par elle. Aujourd’hui, que Pedro Sánchez démissionne ou non, l’extrême-droite marquera encore des points, et la droite qui s’allie avec elle, se salira d’autant plus.

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