Pour un autre travail de la mémoire

Fabien Devilliers (27 ans) est en train de réaliser un exploit – il couvre la distance entre Gurs et Auschwitz, 3000 km, à vélo. Pour un autre travail de la mémoire, contre l’oubli. Exemplaire.

A mi-chemin entre Gurs et Auschwitz, Fabien Devilliers a fait une halte à Strasbourg. Foto: Eurojournalist(e)

(KL) – Fabien Devilliers est un jeune homme qui sort du lot. Conseiller municipal à Allessac en Corrèze à l’âge de 18 ans, il s’est toujours intéressé à l’humain, son action, ses imperfections. Le 24 avril, journée nationale de la déportation, il est parti à vélo pour rejoindre Auschwitz, un périple de 3000 km, pendant lequel il collecte des fonds pour UNICEF, car pour lui, « tout commence par l’éducation ».

Son parcours l’a mené jusqu’à la halte strasbourgeoise à Oradour-sur-Glane, à Tulle, et en Alsace, au Struthof. Des endroits de l’horreur et de la barbarie humaine, mais Fabien Devilliers ne compte pas s’arrêter aux vieux réflexes du travail de la mémoire, avec des cérémonies qui ne parlent plus aux jeunes et qui ne permettent plus vraiment de mener un tel travail de la mémoire accessible aux jeunes. Pourtant, le message de la paix doit être porté auprès des jeunes générations, celles qui aujourd’hui, vivent en direct la guerre en Ukraine et ailleurs.

Pour Fabien, le travail de la mémoire doit être organisé de manière à ce que les jeunes générations puissent s’y intéresser. Dans ses interventions le long de la route, il ne parle pas « des Allemands », mais il évoque les « nazis » lorsqu’il s’agit des horreurs commises par cette Allemagne nazie à l’époque. « Les mots ont leur importance », dit-il.

Sa référence est le grand Stéphane Hessel qu’il cite : « Quand tout semble perdu, il faut résister. Résister, c’est créer ! ». Ce leitmotiv, Fabien Devilliers le suit dès ses premiers pas dans la politique locale, un engagement qui traduit une attitude de vie. Fabien souhaite que les gens prennent conscience des urgences actuelles, le changement climatique, la guerre, le froid social. « Aujourd’hui, il s’agit d’inventer le monde de demain et mon tour à vélo est censé apporter une petite pierre à l’édifice ».

Maintenant, il reste 1600 km à parcourir jusqu’à Auschwitz, où Fabien Devilliers est attendu par la structure qui gère l’ancien camp de concentration.

Et comment est-ce que les populations accueillent son « Tour d’Europe de la Paix » ? « Généralement, les gens réagissent de manière très positive. Bien sûr, il y en a qui se demandent et qui me demandent à quoi ça sert, mais déjà un tel retour ouvre la discussion. Sinon, sur mes étapes, je suis souvent hébergé par des gens qui suivent mon périple par les réseaux sociaux et les rencontres sont formidables. Je ressens une grande solidarité sur ma route ! »

Et quels sont les moments qui l’ont le plus marqué jusqu’ici ? « D’une part, le Struthof m’a laissé sans voix, mais également la Maison du Mémorial à Yzieu où Fabien était choqué par des lettres d’enfants qui, dans leur langage d’enfants, priaient Dieu de leur rendre leurs parents. « Mais comment peut-on envoyer des enfants à la mort ? », demande Fabien et cette question explique déjà pourquoi il collecte des fonds pour UNICEF sur son parcours.

Vous pouvez suivre le parcours de Fabien Devilliers en cliquant sur CE LIEN et vous pouvez faire un don pour sa collecte pour UNICEF ! Bonne route, Fabien !

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