Quand le “Social Profiling” prend place dans la société

Le comportement de la police à Cologne était la seule réponse possible aux incidents de la nuit de la Saint Sylvestre en 2015. Mais si les contrôles étaient efficaces, elles ont aussi cimenté le "Social Profiling" dans la société allemande.

Cette année, la police était très présente à Cologne. Grâce à des mesures impopulaires, les incidents de l'année dernière ne se sont pas reproduits. Foto: Mosellaender / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 3.0

(KL) – Personne en Allemagne n’a oublié les scènes de violence de la nuit de la Saint Sylvestre il y a un an. Des milliers d’hommes, majoritairement d’origine maghrébine, avaient attaqué, molesté, blessé et volé des femmes devant la cathédrale de Cologne et la police, totalement surprise et débordée par les événements, n’a pas pu empêcher ces violences. Si les forces de l’ordre s’y sont prises autrement cette année, l’opinion publique n’est toujours pas contente.

Suite aux incidents de l’année dernière, la police avait installé le soir de la Saint Sylvestre des barrages autour de la cathédrale de Cologne, filtrant l’accès à cette grande place où avaient lieu les incidents un an plus tôt. Lors des contrôles, la police a interdit l’accès à cet endroit aux hommes qui correspondaient à une certaine image et un « tweet » de la police de Cologne dévoilait qui était visé par cette mesure – les « Nafris ». Les « Nafris » ? Et voilà que le public découvrit une expression jusqu’alors inconnue – les « Nafris » sont une abréviation pour « Nordafrikaner », donc des hommes d’origine maghrébine.

Si le terme « Nafris » est forcément péjoratif (et la police de Cologne s’est empressée de s’excuser pour l’utilisation de cette expression), la police n’avait pas vraiment le choix. Après tout, ce ne sont pas des ressortissants norvégiens qui avaient commis les attaques de l’année dernière, allant jusqu’aux agressions sexuelles, mais une foule d’hommes d’origine maghrébine. Est-ce du racisme d’avoir interdit l’accès à la place de la cathédrale à ces hommes cette année ?

Toujours est-il que les incidents de l’année dernière ne se sont pas reproduits – la mesure et la présence massive de la police ont donc eu l’effet escompté. Si le contrôle ciblé de certains groupes de personnes peut effectivement être considéré comme du racisme, il s’agissait d’une mesure pondérée. Les temps sont en train de changer et si on veut éviter de verser de l’eau sur les moulins des extrémistes et populistes, il faut aussi avoir le courage de réagir. Surtout dans la mesure où la police a refoulé bon nombre d’hommes d’origine maghrébine qui cherchaient à se rendre sur le lieu des incidents de l’année dernière – est-ce qu’on aurait du regarder tranquillement que l’histoire se répète ?

Bien sûr, il serait préférable si la police n’avait pas à avoir recours à ce type de mesure. Mais cela nécessite aussi que tout le monde, surtout les arrivants d’autres cultures, acceptent et appliquent les codes de conduite en vigueur en Europe. La mesure de la police (que l’on appelle « Social Profiling », une expression à laquelle il faudra s’habituer…) s’appliquait à un groupe d’hommes qui, l’année dernière, avait transgressé toutes les règles du vivre ensemble. Il ne faut donc pas venir se plaindre que la police ait su empêcher que ces incidents se reproduisent. Donc, un grand merci à la police de Cologne et si maintenant, elle arrive à utiliser une terminologie plus respectueuse, tout serait parfait dans le meilleur des mondes…

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