RIC – Non merci !

Sous l'impulsion de l'ultra-droite, les "gilets jaunes" veulent imposer le "Référendum d'initiative citoyenne", l'instrument totalitaire par excellence.

La démocratie représentative n'est pas vraiment le pire des systèmes... Foto: privée

(KL) – Oui, c’est vrai. La démocratie est le pouvoir exercé par le peuple. Dans la plupart des pays européens, la démocratie est organisée de manière représentative ; et s’il conviendrait de modifier le mode de scrutin en France (la proportionnelle étant le seul mode de scrutin permettant une vraie représentation du peuple au parlement), il faudra être vigilant avant de fournir les instruments à l’extrême-droite qui est en train de prendre les commandes du mouvement des « gilets jaunes ».

La bonne voie pour augmenter le poids de la voix des citoyens et citoyennes n’est pas une « dictature populiste », mais une meilleure représentativité politique, permettant par un mode de scrutin à la proportionnelle l’émergence de nouveaux acteurs politiques, comme c’est le cas dans tous les pays qui n’appliquent pas l’anglo-gallois « First past the post » qui souvent, conduit à une situation où jusqu’à 30% des votants ne sont pas représentés, malgré le fait qu’ils se soient déplacés pour voter. Il faudra intervenir à ce niveau-là.

Souvent, ceux qui demandent le « RIC », font valoir l’exemple suisse avec ses votations. Mais force est de constater que ce système ne garantit en aucun cas de « meilleures » décisions. Au contraire, il s’agit d’un instrument populiste qui permet toutes sortes de dérives. Un exemple ? Lorsque la Suisse a voté l’interdiction de construire des minarets dans le pays, l’extrême-droite avait réussi à faire croire que le pays était menacé par une vague de mosquées et de minarets. Lorsque l’interdiction a été votée, on comptait exactement 4 minarets en Suisse – mais les populistes d’extrême-droite avaient réussi à créer un climat de peur et les Suisses ont voté sous cette impression.

Le « RIC », c’est l’instrument qui justifiera toute violation des Droits de l’Homme. Le « RIC », c’est la réintroduction de la peine de mort et le retour à la barbarie de l’Etat. Le « RIC », c’est l’instrument qui permettra à l’extrême-droite de s’octroyer les pleins pouvoirs – il suffira d’attendre le bon moment (ou de donner un coup de pouce pour qu’il arrive…) et de faire voter les gens à un moment propice.

Le « référendum » est un instrument auquel on peut penser, mais à condition qu’il soit bien défini et encadré. Pourquoi ne pas faire voter les gens au niveau local ou même régional sur des projets qui concernent leur vie ? Mais il faut rester vigilant lorsque des gens issus de l’extrême-droite identitaire rêvent d’un « RIC » pour changer la constitution.

Maintenant que le « gilets jaunes » quittent de plus en plus le domaine social pour formuler des idées politiques dictées par l’extrême-droite, il faut appuyer sur le frein. Oui, tout le monde a compris, il faut améliorer la situation des plus démunis de la situation, non seulement des SMICards, mais également des SDF, de ceux qui ne touchent même pas le SMIC, des chômeurs. Tout le monde l’a compris et il convient maintenant de se mettre à la négociation et la réalisation de tout un paquet de mesures sociales, sans pour autant suivre sur la voie des extrémistes anti-constitutionnels dont le seul but est la destruction de l’Etat français.

Il ne faut pas oublier que les « gilets jaunes » ne seraient élus « que » par 12% des Français s’ils arrivaient à s’organiser et à participer à des élections. Pour l’instant, ils ne sont pas capables de se structurer, ne serait-ce que pour pouvoir entamer des négociations avec le gouvernement. Et ce ne seront pas ces 12% des Français qui réussiront à imposer, par la violence, un changement de la constitution.

Les « gilets jaunes », jusqu’alors, étaient un mouvement social, ce qui explique la grande sympathie de la part d’une majorité des Français. Mais maintenant,ce mouvement se laisse entraîner par l’extrême-droite (et aussi des éléments de l’extrême-gauche) dans une lutte politique. Mais ce ne seront pas 12% de la population qui imposeront un changement de la Constitution et des fondements de l’Etat français, même si ses structures nécessitent effectivement des réformes de fond. Mais ces réformes doivent être le résultat du « dialogue citoyen » annoncé par le    président, et non pas des violences dans la rue.

Les « gilets jaunes » doivent maintenant choisir leur propre avenir. Soit ils deviennent une force de proposition que nul ne pourra ignorer, soit ils continuent à vouloir jouer aux apprentis-sorciers ; et dans ce cas, ils fondront comme neige au soleil.

Ils ont été entendus, on les entendra encore. Mais s’ils se transforment en « ennemis d’Etat », ils ne faudra pas s’étonner s’ils seront traités de manière conséquente. La phase des « grandes gueules » est terminée, les blocages aux rond-points doivent être levés et les « gilets jaunes » doivent participer activement à la transformation de la société française et de ses institutions. Tout le reste serait un coup d’État ; et il serait normal que l’Etat se défende contre ceux qui veulent l’abolir pour pousser la France dans un chaos extrémiste total. Comme en Allemagne dans les années 30.

2 Kommentare zu RIC – Non merci !

  1. Propagande macroniste ! Comment peut on affirmer cela ! Raccourcis facile ,
    faux et populiste ! Evidemment si l’on prend tout les G J pour des extrêmes droite ! Mais pas avec un RIC démocratique et encadré . . . . . . .

    • Eurojournalist(e) // 1. Januar 2019 um 6:36 // Antworten

      Nous, on fait donc de la propagande et vous, vous cachez derrière un pseudo. Soit. Et si vous voulez argumenter, ne vous gênez pas – les slogans dépourvus de tout argument commencent à fatiguer. Donc, si vous avez quelque chose à dire, n’hésitez pas, si c’est seulement pour gueuler, merci de le faire ailleurs.

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