Struthof : François Hollande rend hommage aux victimes du nazisme

Devant les plus hauts représentants de la politique européenne, le Président français a rendu un hommage vibrant aux victimes assassinées au Struthof.

François Hollande et les leaders des institutions européennes au Struthof. Digne. Foto: Claude Truong-Ngoc / Eurojournalist(e)

(KL/CTN) – François Hollande est toujours le plus fort lorsqu’il se penche sur des sujets de portée humaniste, comme l’année dernière au Hartmannswillerkopf ou hier, au Struthof. En présence du Président du Conseil Européen Donald Tusk, le Président du Parlement Européen Martin Schulz et le gratin alsacien, le Président français a prononcé un discours très européen. Et très respectueux des victimes.

«L’Europe reste un espoir», a dit François Hollande, en parlant autant des lacunes de l’Europe, des menaces qui pèsent sur le vieux continent, que des accomplissements – en première ligne la paix. Une paix, comme l’a exprimé le Président, toujours fragile.

Mais si François Hollande a rendu un hommage vibrant aux victimes du nazismes, de la barbarie suprême, il s’est aventuré sur un terrain glissant en évoquant les malheurs des réfugiés qui périssent de nos jours en Méditerannée. Dans cette partie de son discours, Hollande a viré dans le discours du dimanche, en appellant tout le monde à venir à l’aide des réfugiés – tout en omettant d’assumer la responsabilité de l’abandon du programme Mare Nostrum décidé par tout ce beau monde assis dans le public en écoutant avec émotion, comme si cette décision qui avait condamné de milliers de réfugíés avait été prise par des inconnus. Faux – ce sont les responsables de la politique européenne qui sont responsables de la mort en Méditerannée. François Hollande aurait peut être mieux fait de ne pas évoquer cette actualité au Struthof.

Autrement, François Hollande est un excellent orateur et une personne qui sait représenter dignement la France à l’occasion de ce genre de commémoration. Et il avait raison de parler des dangers qui guettent l’Europe aujourd’hui – des dangers qui viennent autant de l’intérieur que de l’extérieur. Sans que la France ou l’Europe n’aient trouvé les bonnes réponses à ces dangers – au contraire, suivant un vieux reflexe du monde politique, l’Europe et la France ont crée et perfectionné des instruments de repression qui, entre les mains de dirigeants totalitaires, pourraient donner lieu à une nouvelle forme de fascisme technologique.

Mais il convient quand même de remercier le Président français pour cette dignité simple qu’il affiche et son émotion vraie, lorsqu’il se rend, accompagné par des enfants descendants de déportés, à la fosse aux cendres – un moment émouvant, simple, authentique et agréablement apolitique. A ces instants, François Hollande devient un président qu’on aime bien. Dommage que le quotidien de la politique française le rattrappera dès aujourd’hui.

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