Une bonne nouvelle peut en cacher une autre…

Si le « Rapport Altares » fait état d’une baisse du nombre de faillites d’entreprises en 2017 en France, certaines catégories connaissent carrément une flambée de faillites. La pauvreté commence là.

La présidente de l'association "Aide Entreprise" Brigitte Vitale avec le vice-président de l'Assemblée Nationale Sylvain Waserman. Foto: Eurojournalist.eu / CC-BY-SA 4.0int

(KL) – Le sujet est grave et on ne peut plus fermer les yeux face à la détresse de toute une frange de la population. Bien que le « Rapport Altares » fasse état d’un léger recul des défaillances d’entreprises au deuxième trimestre 2018, pour certaines catégories, les choses vont moins bien. Ainsi, les TPE (très petites entreprises) enregistrent, elles, une hausse de faillites de 18% et ceci est plus qu’inquiétant. Car presqu’un tiers des pauvres en France (27%) est constitué de « petits » patrons, indépendants, agriculteurs, professions libérales et les rangs de ces « pauvres » ne cessent de grossir. Mauvais pour la France : c’est dans le monde des TPE et des PME (petites et moyennes entreprises) que la majorité des emplois se crée. Hier, la présidente de l’association Aide Entreprise-OSDEI s’est entretenue avec le vice-président de l’Assemblée Nationale Sylvain Waserman.

Les « rencontres citoyennes » que le député bas-rhinois organise dans sa circonscription avec sa suppléante Christel Kohler, servent aussi à ça : prendre la température sur le terrain et se confronter à des sujets qui émeuvent les citoyens, mais qui n’arrivent que rarement aux oreilles des responsables politiques. Ceci est particulièrement vrai pour des sujets compliqués. Cet adjectif s’applique parfaitement aux dossiers que suit l’association mulhousienne « Aide Entreprise- OSDEI » qui s’occupe de ceux dont personne ne veut s’occuper : les entrepreneurs en difficultés.

Tous les ans, environ 60 000 procédures de liquidation judiciaire engendrent, selon le site du « Conseil des Administrateurs Judiciaires et des Mandataires Judiciaires » (CNAJMJ), 200 000 pertes d’emplois. Ajoutez à cela les centaines de suicides en relation avec ces procédures, les maladies liées au stress, les déchirures familiales et vous avez un premier aperçu de l’étendue de ce problème devant lequel tout le monde ferme les yeux depuis des décennies. Pourtant, déjà en 1998 (et 2001 et 2014), des responsables politiques comme Arnaud Montebourg et Christina Taubira avaient fait état de ce problème ; étrangement, suite à leurs rapports parlementaires respectifs, aucune mesure n’a été prise, aucune recommandation n’a été mise en œuvre. Pourtant, le problème se répète tous les ans avec plus ou moins les mêmes chiffres.

L’association « Aide Entreprise- OSDEI » est en train de préparer ses prochaines « Tables Rondes » au Ministère de la Justice avec son « groupe d’experts OSDEI » (Observatoire des Suicides et Difficultés des (ex) Entrepreneurs et Indépendants), suite à une première rencontre entre l’association et le ministère en début de l’été. Il est donc normal que l’association entend également associer d’autres instances politiques à ce dossier. Pour informer l’Assemblée Nationale sur cette démarche, l’association a donc tenu à en informer le bureau du vice-président de l’Assemblée Nationale, Sylvain Waserman. « Nous sommes tout à fait prêts à fournir les informations concernant l’avancement de notre démarche à Sylvain Waserman et Christel Kohler qui nous montrent un grand intérêt pour ce dossier dans le cadre de la Loi Pacte en particulier », a expliqué la présidente Brigitte Vitale. « Toute notre démarche s’inscrit dans la transparence la plus absolue ».

D’autres rencontres avec le monde politique sont déjà prévues et après avoir composé un groupe d’experts impressionnant en ce qui concerne la complétude de ses compétences, l’association « Aide Entreprise-OSDEI » attend maintenant les dates pour les prochaines « Tables Rondes ». A un moment où tout le monde critique (certainement à raison) certains dysfonctionnements parisiens, force est de constater que le travail de l’association « Aide Entreprise-OSDEI » semble maintenant être apprécié à sa juste valeur – les échanges entre le Ministère de la Justice et « Aide Entreprise-OSDEI » ne pourront être que fructueux. A suivre.

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