80e Anniversaire de la Libération – Trois maires et une commémoration

Le 80ème anniversaire de la Libération sera célébré à Batzendorf, Niederschaeffolsheim et Wahlenheim le 15 septembre 2024. Pourquoi et comment ? Eurojournalist en révèle dès à présent quelques éléments.

Isabelle Dollinger, Brigitte Steinmetz et Maurice Lutz, trois maires impliqués dans la commémoration du 80e anniversaire de la libération de leurs communes. Foto: Mairie de Niederschaeffolsheim / CC-BY 2.0

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(Jean-Marc Claus) – Contrairement aux personnages du film culte « Trois homme et un couffin », les maires des trois communes impliquées dans le projet de commémoration de leur libération, n’ont pas été pris au dépourvu et un nombre impressionnant de bénévoles s’est chargé du bébé. Brigitte Steinmetz, Isabelle Dollinger et Maurice Lutz ayant accepté de répondre à quelques questions, nous faisons ici une synthèse de leurs propos.

Pour les présenter sommairement, nous dirons qu’Isabelle Dollinger, cheffe d’entreprise dans le civil, a la plus grande ancienneté dans le poste car maire de Batzendorf depuis 2001, et le plus de fonctions, puisque également vice-présidente de la Communauté d’Agglomération de Haguenau (CAH), et vice-présidente de la Collectivité européenne d’Alsace (CeA). Élus maires tous deux en 2020, qui à Niederchaeffolsheim et qui à Wahlenheim, Brigitte Steinmetz et Maurice Lutz ont en commun d’être retraités, elle des assurances et lui, du génie climatique.

Le projet de commémoration est né suite aux interventions de Patrice Nonnenmacher et Damien Bauer. Brigitte Steinmetz l’a accueilli avec autant plus d’enthousiasme, car ayant vécu avec une grand-mère née en 1921 et une maman née en 1935, les souvenirs de la Libération étaient alors très présents dans sa famille. Pour sa part, Isabelle Dollinger en a eu connaissance alors qu’une marche commémorative faisait halte à Batzendorf pour un dépôt de gerbe au monument aux morts, et s’est associée à cette entreprise qu’à rejoint plus tard Maurice Lutz qui lui-aussi, envisageait de commémorer la libération de Wahlenheim d’une manière ou d’une autre.

Imprégné des recherches de son concitoyen Charles Mathern, qui a réalisé des fascicules très documentés sur la libération des villages des alentours, il souhaite que ce travail de titan soit valorisé (article à venir) et donc, ne manque pas d’information sur cette période. Tout comme Isabelle Dollinger, faisant référence au Reichsarbeitsdienst (RAD) implanté à l’entrée de Batzendorf, et soulignant les atrocités de la guerre vécues par les habitants du village (article à venir). Brigitte Steinmetz tient à citer le témoignage de son beau-père, marqué par l’incorporation de force d’hommes de la commune, alors qu’il était enfant. Réfugié avec sa famille dans une ferme voisine, lors des combats de la Libération, il a vu l’un de ses murs, touché par un obus américain, s’effondrer sur son père qui fut mortellement blessé (article à venir).

Le souvenir de ces événements tragiques, ne l’empêche pas de se réjouir de la venue de familles de vétérans à l’occasion de la cérémonie commémorative du 15 septembre prochain, mais elle dit aussi toute sa tristesse au vu des souffrances encore présentes chez beaucoup de ses concitoyens. Isabelle Dollinger juge hautement honorable et symbolique, la présence de familles de vétérans lors de cette commémoration, que Maurice Lutz souhaite vivement être une étape importante de leur parcours mémoriel. Les trois maires se montrent satisfaits de la collaboration intercommunale qu’a suscité cet événement ponctuel, et espèrent aussi contribuer efficacement à entretenir le souvenir de la Libération dans leurs villages.

Éviter l’oubli, leitmotiv des propos de Maurice Lutz. Plus jamais ça, synthèse de ceux de Brigitte Steinmetz. Transmettre des valeurs fondamentales en se souvenant des luttes du passé, dit Isabelle Dollinger. Les trois maires sont à la fois tournés vers le passé, qu’ils ne veulent pas voir oublié, et vers l’avenir en mettant l’accent sur la jeunesse à laquelle ils accordent une grande importance. Citant Ernest Renan, Isabelle Dollinger précise « Une patrie se compose des morts qui l’ont fondée aussi bien que des vivants qui la continuent. ». Ainsi, les trois édiles s’accordent-ils sur le principe que commémorer n’a de sens qu’en s’appuyant fermement sur le présent, et en se projetant positivement vers l’avenir. Donc, la journée commémorative du 15 septembre prochain et l’exposition qui se tiendra durant une semaine, ne sont pas des lubies d’historiens rats de bibliothèques, mais s’intègrent dans une conception globale de vie communautaire sans communautarisme.

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