Adrian Vestea, la bonne nouvelle ?

Dimanche, en Roumanie, le nouveau premier ministre a été annoncé. Le président du pays, Nicușor Dan a décidé de nommer Adrian Vestea.

Le nouveau premier ministre roumain Adrian Vestea. Foto: European People's Party / Wikimedia Commons / CC-BY 2.0

(Théo Bornier) – Dans un contexte politique difficile, la Roumanie tente de retrouver une stabilité. Ce changement du gouvernement était devenu nécessaire après le renversement début mai de l’ancien premier ministre Ilie Bolojan, suite à une motion de censure de la part de ses anciens alliés sociaux-démocrates et de l’extrême droite. Depuis la chute de son gouvernement, Ilie assure l’intérim à la tête de l’exécutif roumain. Toutefois, faute de disposer d’une majorité parlementaire suffisante, il ne possède pas le soutien nécessaire pour gouverner durablement et faire adopter son programme politique.

Adrian Vestea, âgé de 52 ans, devait former un gouvernement après le retrait de Eugen Tomac. En manque de soutien politique, l’eurodéputé centriste a vu son nom retiré de la liste des possibles futurs premiers ministres. Il avait pourtant promis à la population roumaine et au président un gouvernement dit plus technique que politique, pour éviter les blocages de partis aux intérêts radicalement différents.

Ne voulant pas permettre à l’extrême droite d’avoir un représentant à ce poste malgré la forte ascension avec des discours pro-russes et anti-OTAN, Nicușor Dan a choisi Adrian Vestea pour le suppléer.

L’ancien maire de la petite ville de Râșnov à l’Est de la Roumanie a une carrière politique assez brève pour le moment. Après avoir effectué 3 mandats consécutifs en tant que maire entre 2004 et 2016, il a ensuite été nommé président du Comté de Braşov, où il a commencé à se faire connaître à l’échelle nationale pour l’attraction de fonds européens avec notamment la construction de l’aéroport de Braşov. Mais c’est son engagement en tant que Ministre du Développement, des Travaux publics et de l’Administration dans le gouvernement de Marcel Ciolacu entre 2023 et 2024 qui a été appréciée.

« Je souhaite former un gouvernement politique capable de mettre en œuvre de véritables réformes structurelles, de répondre aux défis économiques et institutionnels du pays et de maintenir fermement la Roumanie sur une trajectoire pro-occidentale et européenne », a déclaré Adrian Vestea. Le Premier ministre désigné a également indiqué qu’il entamerait des discussions avec l’ensemble des partis démocratiques et pro-occidentaux représentés au Parlement afin de dégager une majorité de gouvernement stable. Cette mission s’annonce toutefois complexe : aucune coalition ne dispose à elle seule de la majorité absolue, obligeant Vestea à obtenir le soutien d’au moins 233 députés et sénateurs pour faire approuver son gouvernement et son programme par le Parlement roumain.

Au regard de l’Europe, il devra redorer l’image de son pays. La situation budgétaire de la Roumanie constitue aujourd’hui l’une des préoccupations les plus sérieuses que Bruxelles nourrit à l’égard d’un État membre. Avec un déficit public avoisinant les 8% du PIB, Bucarest se retrouve dans une position d’isolement au sein de l’Union : aucun autre pays membre ne présente un écart aussi prononcé avec le seuil des 3% inscrit dans le Pacte de stabilité et de croissance.

La Commission européenne a ouvert une procédure pour déficit excessif contre la Roumanie, ce qui place le pays sous un régime de surveillance renforcée. Concrètement, cela signifie que Bucarest doit soumettre des plans de maintien budgétaire crédibles et régulièrement actualisés, sous peine de voir ses droits de vote au Conseil européen suspendus ou ses fonds structurels gelés.

Adrian Vestea hérite d’un pays sous pression européenne, avec un déficit conséquent et une coalition parlementaire instable. Sa marge de manœuvre est étroite, tout l’enjeu sera de réformer le pays sans fracturer davantage la coalition.

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