Alloncle, le petit Fillon !
Après sa grosse commission, qui fit un petit pschitt, « Monsieur Mains Propres » est maintenant pris les doigts dans le pot de confiture...
Promis à un brillant avenir... des moins reluisants ! Foto: Ratajezakmikael / Wikimedia Commons / CC0 1.0
(Jean-Marc Claus) – Après avoir quitté Les Républicains (LR), où il fit sa formation politique de 2015 à 2018, Charles Alloncle grenouilla discrètement dans le vivier d’extrême droite, jusqu’à sa récente mise en lumière, par sa Commission d’Enquête sur la Neutralité, le Fonctionnement et le Financement de l’Audiovisuel Public. Une enquête menée à charge et riche en contre-vérités, au cours de laquelle il donna toute sa mesure de pistolero ciottiste.
Plus bandido que desperado, car culotté sans aller jusqu’à la témérité, ce trentenaire ne manque tout de même pas de toupet. Faisant figure de Tintin, petit rapporteur du Petit Vingtième, car visiblement entré à reculons dans le XXIe siècle, alors qu’il avait pourtant atteint l’âge de raison, il ne manque maintenant plus une occasion de faire parler de lui, fut-ce à l’insu de son bon gré mal gré. Ainsi, après sa grosse commission, qui fit un petit pschitt, le voilà aujourd’hui sous les feux de la rampe médiatique, pour… une affaire de cœur.
Celle-ci ayant au moins le mérite de révéler que cet insignifiant, serait tout de même doté d’un palpitant. Tombé en amour pour son attachée parlementaire, cette dernière est désormais l’objet d’un abject harcèlement, que nous dénonçons évidemment, au même titre que nous condamnons la possible violation de la Loi pour la Confiance dans la Vie Politique, votée en 2017 et interdisant à tout parlementaire, l’emploi en tant que collaborateur de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin, et autres membres de sa famille mentionnés par l’article 14 du texte.
En somme, « Monsieur Mains Propres », qui avec cette casserole supplémentaire au derrière, peine tout de même à garder la tête haute, est maintenant pris les doigts dans le pot de confiture. A l’instar de François Fillon, dont les ambitions élyséennes furent irrémédiablement empêchées par les révélations du Penelope Gate, Charles Alloncle vient avec cette « omission » de s’auto-décerner une nouvelle médaille de défaut de probité. A ceci près, que contrairement à dame Penelope, la citoyenne Shéhérazade occupe vraiment le poste, pour lequel elle est employée. Ce qui fait d’Alloncle, tout de même un petit Fillon.
Bémol et pas des moindres, le député ciottiste n’est jusqu’à preuve du contraire, pas uni à son attachée parlementaire par un acte en faisant officiellement sa conjointe, sa partenaire liée par un pacte civil de solidarité ou sa concubine. D’où la saisine du déontologue de l’Assemblée Nationale, par sa présidente Yaël Braun-Pivet, afin qu’il rende à ce propos avant l’été, un avis éclairé et éclairant. Charge maintenant à monsieur Rémi Schenberg, d’étudier le dossier et de se prononcer, sachant qu’en 2024 environ 75% de ses saisines concernaient l’utilisation des frais de mandats.
Nos députés ont visiblement un problème avec l’usage de l’argent public, qui leur est alloué pour exercer honorablement leurs mandats, puisque le déontologue a été saisi près de 1.200 fois pour ce motif. Plus précisément, pour ce qu’il en serait du Shéhérazade gate, si toutefois gate il y avait, que l’attachée parlementaire soit ou non liée à son employeur, par un acte officialisant leur relation sentimentale, la question n’est pas tant d’exploiter un silence du texte, que de faire preuve d’un minimum d’honnêteté intégrant plus l’esprit général de la loi, que sa lettre stricto sensu. Encore faut-il pour cela, avoir une certaine idée du service (public) de la France, de sa devise républicaine, sans nourrir d’intérêt (privé) pour ses devises sonnantes et trébuchantes…
Kommentar hinterlassen