Bruno Eyder-Guiot, père et maire
Maire d’Altorf, village de la région de Molsheim - Mutzig, Bruno Eyder-Guiot postule à nouveau au siège de premier magistrat de la commune.Interview.
« En tant que maire je me dois de lutter contre toutes formes de discriminations et de harcèlements. » Foto: privée - BEG
(Jean-Marc Claus) – Altorf, c’est 1.421 habitants et une superficie de 1.019 hectares, soit 139,45 habitants au km². Une densité de population moyenne inférieure à celle du département, dont ce village représente 0,21% de la surface totale. Bruno Eyder-Guiot, premier magistrat de la commune depuis 2020, y conduit à nouveau une liste en vue du scrutin des 15 et 22 mars. Ne transigeant pas avec ses convictions, il ne se la joue pas pour autant en mode « petit père des peuples », car l’humilité est une de ses vertus.
Natif du village, que signifie pour vous, être d’Altorf ?
Bruno Eyder-Guiot : Pour moi, être d’Altorf, c’est considérer tous les villageois, qu’ils soient natifs d’ici ou plus récemment installés sur la commune. La population communale a beaucoup changé ces dix à quinze dernières années. Les nouveaux habitants ont autant leur place dans le village que les plus anciens, et tous ont la même envie de s’investir au service de la commune. C’est ce qui fait notre force et notre richesse.
Infirmier à domicile, comment conjuguez-vous votre profession et votre mandat de maire ?
BEG : Ce n’est pas évident, mais je crois avoir réussi à trouver un certain équilibre entre ma vie de famille, ma vie professionnelle et la mairie. Au cabinet infirmier, j’ai des collaboratrices et des remplaçantes, sur qui je peux compter pour me suppléer. Concernant ma fonction de maire, elle est très prenante, car bien que je ne sois pas présent physiquement tous les jours à la mairie, je suis en lien quotidiennement avec les services de la mairie et les concitoyens, que ce soit par téléphone, SMS, mail ou via les réseaux sociaux. Cela a été un choix de ma part, d’être autant accessible, je ne le regrette pas et je crois que cela fonctionne bien ainsi.
Marié et vivant l’homoparentalité, vous êtes père de deux enfants âgés de six et quatre ans. Que vous apporte dans votre exercice de maire, cette expérience de vie en pleine construction ?
BEG : Beaucoup de bonheur au quotidien ! C’est une chance que nous ayons pu avoir des enfants et avec mon conjoint, nous sommes fiers d’eux, car cela se passe très bien à l’école, nous essayons de leur inculquer des valeurs comme l’amour, l’amitié, le partage, la politesse.
En ces temps de campagne électorale, beaucoup de candidats parlent de vivre ensemble, de lien intergénérationnel, de solidarité. Qu’est-ce que cela représente concrètement pour vous ?
BEG : Je crois que cela ne doit pas être juste des promesses électorales. Pendant mon mandat nous avons su préserver ce lien entre les jeunes et les aînés. Nous avons mis en place de nombreuses actions en faveur des enfants (conseil municipal), des adolescents (animation jeunesse), pour tous les villageois (manifestations) et même au-delà (actions caritatives pour l’Ukraine). C’est essentiel de préserver les liens entre les villageois.
Que signifie, plus spécifiquement à Altorf, faire famille ?
BEG : C’est de créer une culture commune : d’organiser chaque année des manifestations qui sont désormais ancrées dans la vie du village, de pouvoir compter les uns sur les autres en cas de difficulté, de transmettre des valeurs ou un savoir-faire aux générations suivantes, de vivre tous ensembles en acceptant les différences des autres.
Vous avez été en janvier, l’objet d’abjectes attaques ad personam. Comment avez-vous vécu cet épisode, et où en êtes-vous aujourd’hui ?
BEG : Cela a été un moment difficile à passer, pas tant pour moi, mais plus pour ma famille et mes proches. Je me devais de sortir du silence, afin de dénoncer de tels propos. On m’a même accusé de vouloir faire le buzz à travers ma vidéo de dénonciation sur Facebook. Mais l’élan de soutien qui s’en est suivi, a été plus fort que tout et c’est cela que je retiens. En tant que maire, je me dois de lutter contre toutes formes de discriminations et de harcèlements. La personne qui m’a insulté est convoquée au tribunal le 1er avril prochain. J’ai confiance en notre justice.
Merci Bruno Eyder-Guiot d’avoir, en cette période où votre planning est très chargé, pris le temps de répondre à nos questions !
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