Ces « amitiés » embarrassantes…
Des photos de politiques français, en compagnie de Bashar al-Assad, circulent sur la toile, accompagnées de commentaires virulents. Cela alimente-t-il le débat démocratique ?
Bashar al-Assad, un sinistre personnage, qu’on n’aimerait pas plus avoir à dîner qu’en photo... Foto: Al Jazeera English / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 2.0
(Jean-Marc Claus) – Depuis peu, Jean-Luc Mélenchon se « réjouit à 100% de la chute du régime d’al-Assad en Syrie » (sic), alors qu’en 2015, il exprimait ses doutes quant aux rapports des ONG s’alarmant de l’emploi d’armes chimiques par le tyran. Il disait aussi aux journalistes de Public Sénat qu’il n’était pas d’accord que le potentat tombe à n‘importe quel prix. Revirement total, ou réajustement ?
Bien peu connaissent exactement, le fond de la pensée du Grand Timonier LFIste, mais comme le rapporte le Huffington Post, il réfute la complaisance à l’égard de Bashar al-Assad, dont l’accusent ses opposants, et notamment l’extrême-droite. Une extrême-droite qui ferait mieux de balayer devant sa porte, car des photos de Thierry Mariani, Frédéric Chatillon, Andréa Kotarac, Julien Rochedy, Jean-Eudes Gannat, Damien Rieu, Ahmed Moualek, Dieudonné, Thierry Meyssan et Alain Soral, en voyage en Syrie et/ou avec Bachar al-Assad, circulent également sur le web.
Quant à celle où l’on voit Jean-Luc Mélenchon, en compagnie du dictateur syrien, elle date de 2001, époque à laquelle il répondait à une obligation protocolaire, en tant que Ministre Délégué à l’Enseignement Professionnel. Il ne s’agit pas là de défendre avec bec et ongles, le Leader Maxi-Mots dont la dérive à l’extrême-gauche par pure stratégie électoraliste, n’est plus à démontrer, mais de replacer les récents événements dans une plus saine perspective.
Comme certains se plaisent à importer le conflit israélo-palestinien, d’autres amènent sur le terrain du débat politique intérieur, des polémiques relevant des affaires étrangères. Or, pendant ce temps, l’austérité envers les 99%, voulue par les 1%, poursuit son petit bonhomme de chemin. Emmanuel Macron demeure Roy de France, et le pays se trouve toujours dans l’impasse où sa divine inspiration, soutenue par sa remarquable omniscience, l’ont conduit.
Quels enseignements tirer pour nous, des événements syriens ? D’abord que même les régimes les plus durs, peuvent s’effondrer en quelques jours. Ensuite, que l’entêtement d’un Chef d’État, peut conduire le peuple à le bouter violemment hors de son pays. L’épisode des Gilets Jaunes, mâté dans le sang en 2018-2019, a donné un aperçu de ce qu’est aujourd’hui un soulèvement populaire. Que serait-il advenu, si ces citoyens n’avaient pas été, pour la plupart d’entre eux, pacifiques ? Or, l’exaspération envers la Macronie, qui veut à tout prix se maintenir à flot jusqu’en 2027, atteint aujourd’hui des sommets…
Il existe, au beau pays de France, d’autres amitiés logiquement embarrassantes, dont trop peu de nos concitoyens s’offusquent et contre lesquelles encore trop peu se mobilisent. Le tandem Macron – Arnault, exemple parmi tant d’autres, porte bien plus préjudice au quotidien des Français que les accointances réelles ou supposées, évoquées plus haut. Mais le pouvoir et ses affidés s’emploient, non sans succès, à faire écran avec des polémiques n’apportant que division et détestation entre concitoyens, pour mieux les gouverner grâce au truchement de manœuvres d’illusionniste de cabaret borgne.
Kommentar hinterlassen