Ces prétendues prises d’otages

Grévistes = preneurs d’otages ou alors capitalistes = voleurs de vies ?

Sans les luttes sociales acharnées des anciens, il n’y aurait pas de congés payés aujourd’hui... Foto: Agence de presse Meurisse / Wikimedia Commons / PD

(Jean-Marc Claus) – Le pouvoir macroniste est aux abois, ainsi les chiens de garde de la presse de révérence ne manquent-ils pas de parler et faire parler de la prétendue « prise d’otage » d’une partie de la population par les grévistes, et à encore plus forte raison en période de vacances scolaires ! Comme si les congés payés n’avaient pas été obtenus au prix de luttes sociales menées par des grévistes contre le Kapital ! Mais le révisionnisme historique et la novalangue faisant partie intégrante de leur logiciel ultra-libéral, les petites-mains de la haute finance au pouvoir dans notre pays, comptent bien enfumer une population qui jusqu’ici, reste franchement opposée à une réforme des retraites allant appauvrir et précariser ceux qui créent la richesse du pays.

Ceux « qui ne sont rien », comme les qualifiait the startuper president en 2017 et qui ont montré toute leur utilité lors de la pandémie de Covid-19 trois ans plus tard. Notamment ceux qu’on a applaudi aux fenêtres, ceux qui ont tenu les magasins ouverts, assuré les approvisionnements, fait tourner les lignes de production, effectué le nettoyage. La France laborieuse, en somme, rien moins que ça. Or, les tenants des puissances d’argent, une fois le pays sauvé d’un crash pandémique grâce au travail de ceux prétendus n’être rien, démontrent une fois de plus leur total cynisme et leur absolue immoralité. Ces derniers ne sont pas des fantômes ou des créatures éthérées, mais ils ont des visages et des adresses.

Le macronisme est l’une de ces officines, mais que l’on ne s’y trompe pas, l’extrême-droite, pour l’heure du côté des travailleurs, reviendra très vite lécher les bottes du Kapital, une fois arrivée au pouvoir. Lors du Front Populaire, qui a notamment créé en 1936 les congés payés, les ligues fascistes soutenues par la bourgeoisie capitaliste, se sont déchaînées. « Plutôt Hitler que le Front Populaire », « Le Front Populaire, c’est la guerre », « Plutôt Hitler que Blum », les slogans de la peste brune faisaient alors florès. Aujourd’hui, si certains codes ont changé, il n’en demeure pas moins que le fond du problème subsiste : l’accaparation de la richesse par une minorité, qui ne recule devant aucun moyen pour contraindre la majorité.

Le politique est aussi un rapport de force, et les forces vives du pays sont dans la rue, alors que le président-monarque redore son blason en recevant des dignitaires étrangers en son palais, plutôt que d’entendre la colère et le désespoir de ses « sujets ». S’il y a en France une prise d’otage, ce n’est pas celle des usagers par les grévistes, mais celle des citoyens par les gouvernants. Le Front Populaire, c’était en 1936 des législatives avec un taux de participation de 83,5% et 57,8% des sièges pour l’union de la gauche. Aujourd’hui, c’est un pouvoir qui n’a pas la majorité à l’Assemblée Nationale, mais use de l’article 49.3 de la constitution pour faire passer ses lois. Ceci avec un président de la république réélu au second tour des présidentielles par 58,5% des suffrages exprimés (38,5% des inscrits), alors qu’au premier, il en avait obtenu 27,8%, mais a profité de la montée en puissance de l’extrême-droite qui s’est cette fois-ci taillée une part de choix aux législatives.

Un président mal élu, car même s’il a obtenu plus de voix au premier tour en 2022 (27,8%) qu’en 2017 (24,0%) il en a gagné moins au second (58,5%) que lors de sa précédente mandature (66,1%). Force est de constater que l’arrivée de l’extrême-droite au second tour, n’a plus l’effet de repoussoir que l’on a connu en 2002 avec la confrontation Chirac – Le Pen (père), où les héritiers de la France collaborationniste étaient passés de 16,9% au premier tour à 17,8% au second, écrasés par l’électorat se reportant massivement sur Jacques Chirac, allant ainsi de ses 19,9% du premier tour à 82,2% au second avec 79,7% de participation.

Le Pen (fille), au second tour de 2017, c’était 33,9% des suffrages et 41,45% en 2022 avec, cerise sur le gâteau, une forte présence à l’Assemblée Nationale où le FN (devenu RN) passe de 8 à 88 députés. Mais bien avant, Le Pen (fille), en 2010, lors des mobilisations contre la réforme des retraites sarkozyste, c’était surtout la critique virulente de syndicats qu’elle accusait de complicité avec le gouvernement.

Non, la France et les Français ne sont pris en otage par les syndicats et les grévistes, ne réclamant rien d’autre que des conditions de vie décentes dans un pays riche, mais l’agression vient par ceux qui ne reculeront devant rien pour que perdure ce qu’aux Antilles l’on nomme la grande profitation. Or, à l’horizon 2027, s’il n’est pas avant mis un terme au mépris macroniste, le basculement du pays vers l’extrême-droite, de plus en plus visible, n’apportera rien de bon aux classes laborieuses. Ainsi, faut-il mettre à genoux la Macronie dès maintenant, en frappant le Kapital au porte-monnaie, comme en 1936.

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