Cette Amérique pro-nazie

Qualifier l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) trumpienne de Gestapo, n’est pas dénué de sens. Ce que confirme le sens de l’Histoire.

Les USA des années 1930-1940, furent le théâtre d’une passion nazie, aujourd’hui méconnue.Foto: ScS LCP EJ

(Jean-Marc Claus) – Les méthodes de la police de l’immigration trumpienne, conduisant à des faits inacceptables comme la récente exécution de Renee Nicole Good en pleine rue à Minneapolis, ne tombent pas du ciel. Cette « grande démocratie tellement chrétienne » ne manque pas de cadavres, que ses gouvernants actuels ne prennent même plus le soin de cacher dans les placards. Le racisme est devenu un « humanisme », l’intolérance une « vertu » et la violence généralisée un « mode d’expression courant ». Petit retour sur l’Histoire.

Les descendants des Mayflowers Pilgrims, pétris de valeurs chrétiennes, ont opéré en Amérique du Nord d’une manière assez similaire à celle des conquistadores en Amérique Latine. Ceci à quelques siècles d’intervalle et avec quelques nuances que pour rester polis, nous dirons civilisationnelles. Pour ce qui est du Commerce Triangulaire, ayant très largement participé à l’institution de Traite des Noirs en modèle économique, la « Grande Amérique » ne fut pas en reste, avec la Vieille Europe et ses nombreuses colonies. Le Klu Klux Klan fut aux USA bien plus radical que les ligues fascisantes européennes de l’entre deux guerres.

Une épisode de l’histoire étasunienne, qui fut après-guerre escamotée par la promotion effrénée de « the american way of life » consumériste, et le maccartysme tombant à pic, expliquent encore plus parfaitement l’Amérique trumpiste d’aujourd’hui et ses crimes. Une Amérique qui, durant les années 1930-1940, fut le théâtre d’une incroyable mais explicable passion nazie. Or, au XXIe siècle, l’image persistante des USA reste celle des GIs venus d’outre-Atlantique, libérer l’Europe du joug hitlérien. Ce qui n’est ni totalement faux, ni totalement vrai.

Il faut se remémorer que sans la ténacité de Charles de Gaulle et de la France Libre, la France occupée serait à la Libération passée sous occupation étasunienne. Le Plan Marshall, qui fut à la fois un bien et un moindre mal, procède d’une logique de « deal », que s’il avait été POTUS en ce temps-là, Donald Trump aurait poussé jusqu’aux limites extrêmes de la prédation. Il y a d’ailleurs tout lieu de penser, qu’enivré par la victoire des Alliés, l’homme orange aurait dit de Staline : « He may be a bastard, but he’s our bastard. »!

L’Amérique pro-nazie des années 1930-1940, très bien documentée par des historiens non-propagandistes, trouve ses origines dans la haine envers les juifs, les communistes et la présidence (Francklin Delanoo) Roosevelt. Un terrain propice à l’intervention en sous-main, des services secrets nazis voulant empêcher les USA d’entrer en guerre, en y développant une force politique assez puissante, pour peser sur les grandes décisions.

Ainsi, le mouvement pro-nazi étasunien, ne fut-il pas une tendance juste marginale et confidentielle. Il eut ses chantres dans la très chrétienne Amérique. Le père canadien Charles Coughlin, installé dans une paroisse de Detroit, fut l’un des principaux promoteurs de l’Amérique blanche, nationaliste et chrétienne. Une sorte de doctrine MAGA avant l’heure, dans laquelle l’intégralité de la Trump Administration, peut aisément se reconnaître. L’Italie mussolinienne avait dans ces milieux fascisants, autant la cote que celle actuelle de Giorgia Meloni.

Autre moyen d’influence, le German American Bund, avec à sa tête Fritz Kuhn, a très efficacement œuvré sous couvert d’association culturelle folklorique, avec l’ambition de prendre le pouvoir. Le nazisme était un modèle qu’il fallait juste adapter aux USA, et le First Amendment de la constitution étasunienne, permettait de défiler dans les rues avec des drapeaux nazis sans être inquiété. L’idée était qu’Hitler allant gagner la guerre, il serait reconnaissant envers ceux qui ne se sont pas mis en travers de sa route.

Ainsi, des camps de jeunesse (hitlérienne) étaient-ils organisés dans tout le pays. Sur Long Island, il en est même un qui devint une véritable petite ville baptisée German Gardens, où les rues s’appelaient Goering Str., Goebbels Str., Adolf Hitler Str. Le German American Bund fut un catalyseur pour d’autres groupes, plus ou moins violents. Cette page très sombre de l’histoire étasunienne est rapportée très précisément dans un excellent documentaire de la chaîne LCP accessible en ligne en cliquant ici . Se priver de le visionner, reviendrait à ne pas voir l’intégralité du visage des USA, pour rester sur une image fabriquée par l’industrie cinématographique étasunienne, dans la veine de « The Longest Day » ou « Saving Private Ryan ».

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