Christian nationalism in progress

White House Faith Office & Religious Liberty Commission - le nationalisme chrétien est en marche aux USA.

Stars and stripes & symboles chrétiens - l’Empire du « Bien » est en marche ! Foto: Wolfman5678 / Wikimedia Commons / CC0 1.0

(Jean-Marc Claus) – Le nationalisme chrétien est une bête immonde, devant être nourrie en continu, quitte à instrumentaliser la Constitution des USA. Ce qui pour la Trump Administration, n’est pas une malheureuse option, mais une joyeuse obligation. Ainsi, dans la droite ligne de la création l’an dernier, du White House Faith Office, agence dirigée par la richissime pasteure évangélique Paula White, qui murmure à l’oreille de Donald Trump, ce dernier a institué la Religious Liberty Commission (RLC). Une instance pour laquelle, la séparation entre l’Église et l’État n’étant pas clairement mentionnée dans la Constitution, les deux peuvent alors dealer, pour développer des synergies.

Ce qui cadre parfaitement avec l’évangile de la prospérité prêché par la conseillère spirituelle de Mister President, et sert l’ambition présidentielle inavouée mais bien lisible, d’une America Christian Only. Cette commission sur la liberté religieuse, vise exclusivement la promotion d’une Amérique judéo-chrétienne. Plus particulièrement chrétienne conservatrice, au regard de ses membres, avec pour caution israélite un juif orthodoxe. Il ne s’agit ni plus ni moins, que de laminer le pluralisme religieux, et de promouvoir la forme la plus crasse du christianisme.

Ayant candidaté pour faire partie de cette commission, le révérend Paul Raushenbush qui préside l’Interfaith Alliance, s’est vu écarté immédiatement. Et pour cause : lui et son association progressiste n’entrent pas dans le moule. Des slogans tels que « Education not endoctrination » et « Democracy not theocracy », n’ont évidemment pas l’heur de plaire à la clique trumpiste constituée de chrétiens de façade, semblables en de nombreux points à ceux dont parlait le Christ, lorsqu’il fustigeait les scribes et les pharisiens. Des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui au dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute sorte d’ordure.

Publié la semaine dernière, le rapport de cette commission est hallucinant. Il précise notamment que les groupes confessionnels travaillant avec le Gouvernement, ne devraient être tenus de se conformer aux lois sur les droits civiques, ainsi qu’à aucune disposition contraire à leurs convictions religieuses. Ainsi d’une certaine manière, la clique trumpiste valide les gouvernances théocratiques, telles que celle qu’elle prétend combattre en Iran. Théocratie iranienne à laquelle l’incompétence de la diplomatie trumpienne, permet aujourd’hui de retrouver un nouveau souffle !

Les postulats énoncés plus hauts, ne sont évidemment valables que pour les groupes confessionnels chrétiens. On peut lire sur les réseaux sociaux : « Si vous êtes chrétien et que vous vous demandez sincèrement, pourquoi il est néfaste que l’État du Texas impose l’étude de la Bible dans les écoles publiques, imaginez ce que vous ressentiriez si votre famille vivait à New York et que Mamdani imposait l’étude du Coran dans les écoles publiques. » Une remarque frappée au coin du bon sens.

Au Texas, le Conseil de l’Éducation a approuvé pour les élèves des écoles publiques de l’État, une liste de lectures obligatoires incluant des passages de la Bible. Après les mots interdits, viennent les lectures obligatoires. Cerise sur le gâteau, le président de la Religious Liberty Commission est le Texan Dan Patrick, soutien de Donald Trump dès 2017, qui avait à cette époque fait adopter le Sermon Safeguard Bill, une loi rendant illégale pour l’État du Texas et ses collectivités locales, de demander par voie d’assignation à un chef religieux, de fournir le texte d’un sermon, ou de l’obliger à rendre compte de son contenu.

La Religious Liberty Commission, affirmait mi-avril, qu’il n’existe pas de séparation entre l’Église et l’État dans la Constitution des USA. Donc, l’État peut privilégier une religion plutôt qu’une autre, et aller même jusqu’à instaurer une Religion d’État. Ce qui n’est pas officiellement le cas, mais devient une orientation assumée, avec le nationalisme chrétien affiché par des personnages importants comme Pete Hegseth, qui est à la tête de l’United States Department of War.

Quand dans une nation, construite sur l’expropriation et l’éradication d’une grande partie de ses populations autochtones, arrivent au pouvoir des extrémistes belliqueux, il ne faut pas en attendre autre chose que cela. Le nationalisme chrétien est au christianisme, ce qu’était le national socialisme au socialisme : l’association de deux termes antinomiques, au service d’une volonté hégémonique. Or, le passé pro-nazi d’une certaine Amérique, n’est certainement pas étranger à ce qui se joue actuellement, sous couvert de défense des valeurs judéo-chrétiennes. WTF ?

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