Construire l’Europe – pas si facile…

Les pays riverains de la Mer du Nord se sont mis d'accord sur un réseau d'éoliennes partagé et mutualisé. La France et la Grande Bretagne ont boudé ce « sommet de la Mer du Nord ».

Le long des côtes de la Mer du Nord, de nombreux parcs d'éoliennes existent déjà, comme ici devant la côte néerlandaise. Foto: Eurojournalist(e) / CC-BY 2.0

(KL) – Le sujet aurait pu intéresser Emmanuel Macron et Keir Starmer – mais ils avaient d’autres priorités et ainsi, ce sont l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, le Luxembourg, la Norvège et les Pays-Bas qui se sont mis d’accord sur la mise en œuvre d’un réseau d’éoliennes mutualisé et partagé. Un réseau dont la production annuelle atteindra 100 Gw, une quantité d’électricité énorme qui pourra être utilisée, selon les besoins, de manière transfrontalière. Dommage pour la France et la Grande Bretagne, mais une fois de plus, ce sont les absents qui ont tort.

Le long des côtes de la Mer du Nord, de nombreux parcs d’éoliennes produisent déjà beaucoup d’électricité. Contrairement aux déclarations du président américain qui mise à fond sur les énergies fossiles et polluantes, les éoliennes produisent une énergie propre et logiquement renouvelable, car les hélices tournent dès que le vent se lève.

L’accord signé lors du « Sommet de la Mer du Nord » à Hambourg entre les pays participants, constitue l’une des réponses aux questions liées à la dépendance énergétique européenne – car une telle dépendance d’abord de la Russie et maintenant des États-Unis, est dangereuse pour l’Europe. De plus, les pays signataires disposent de larges expériences dans le domaine des énergies renouvelables et on peut donc partir du principe qu’ils sauront mener à bien ce projet.

Depuis de longues années, on parle de « l’Europe de l’Énergie », comme on parle aussi d’une « Europe de la Défense » ou encore, d’une « Europe Sociale ». Dans ce contexte, il est dommage que la France et la Grande Bretagne aient boudé ce sommet, prétextant des difficultés d’agenda. Mais si la sécurité d’approvisionnement et la fin des dépendances européennes ne figurent pas sur la liste des priorités de la France et de la Grande Bretagne, on a du mal à comprendre ce que Macron et Starmer avaient à faire de si important pendant le temps de ce sommet. Mais bon, les Nordiques sont sympa et associeront d’autres pays à ce réseau, la France, la Grande Bretagne, l’Irlande et d’autres qui souhaiteront intégrer ce réseau.

Les pays riverains de la Mer du Nord n’attendront pas, ils avancent. Pendant que la France préfère construire des centrales nucléaires genre Flamanville, un de ces projet gigantesque qui ne pourra jamais amortir son coût pharaonique, d’autres pays veulent avancer. Si l’Union Européenne a une nouvelle fois souligné son projet d’arrêter d’ici fin 2027 (!) les importations énergétiques russes, au moins plusieurs pays européens n’attendent pas, mais ils agissent.

Considérant que les parcs d’éoliennes existent déjà et que le plus clair du travail consistera à les mettre en réseau, celui-ci pourra rapidement voir le jour. 100 Gw, ce sera une production énergétique très prometteuse. Voilà comment il faut gérer la politique erratique américaine et européenne – en agissant avec du bon sens. Ce nouveau réseau nord-européen en est la meilleure preuve.

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