De pureza democrática – De la pureté démocratique

Au Portugal, Jose Manuel Pureza, le nouveau coordinateur du Bloc de Gauche (BE), veut mettre plus de démocratie dans le moteur militant du parti.

Un leader se voulant à l’écoute. Foto: Ana Mendes / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 2.0

(Jean-Marc Claus) – Le 30 novembre à Lisbonne, le nouveau coordinateur du Bloco de Esquerda (Bloc de Gauche – BE), a annoncé lors de son discours de clôture du 14ème congrès du parti, la nécessité de revoir son fonctionnement interne, en vue d’une plus grande efficacité dans les luttes sociales et politiques. José Manuel (Marques da Silva) Pureza cédera-t-il pour ce faire, à la tentation du centralisme antidémocratique façon La France Insoumise (LFI) et/ou au culte de la personnalité comme Jean-Luc Mélenchon ?

Rien de tout cela, car pour ce qu’on en sait à cette heure, le parcours de l’homme ne l’a jusqu’ici pas rendu mégalomane et encore moins autocrate. Professeur de sociologie à l’Université de Coimbra, député à deux reprises (2009-2011 et 2015-2022), vice-président de l’Assemblée de la République (2015-2022), il fut précédemment le représentant de Francisco Louçã, le fondateur du parti, lors des élections présidentielles de 2006.

Fédérant en 1999 des partis d’extrême gauche dans un mouvement unitaire, le Bloco de Esquerda (BE) a connu une montée en puissance durant dix ans, passant de 2,49% des voix aux législatives de 1999 à 10,12% en 2009, pour s’effondrer lors des législatives anticipées de 2011 en n’obtenant que 5,39% des suffrages. L’embellie de 2015-2019, faisant remonter le parti à 10,58% puis 10,01%, ne s’est pas poursuivie en 2022 (4,52%) et en 2024 (4,56%) puis 2025 (4,56%). D’où la nécessité de requestionner le fonctionnement du mouvement, plutôt que de s’en prendre aux autres partis, ou pire encore, aux électeurs !

Une meilleure organisation, plus d‘écoute, plus de démocratie, en somme savoir faire de la pluralité du parti sa force (« saber fazer da sua pluralidade a sua força »), comme le dit dans le texte Jose Manuel Pureza. Un programme particulièrement ambitieux, qui vise à reconquérir un électorat et peut-être même l’élargir, en remettant du carburant démocratique dans le moteur militant. Ce qui est fondamentalement différent d’autres partis d’extrême gauche, notamment La France Insoumise (LFI), pour ne citer que celui-là. Visiblement, le nouveau coordinateur du Bloco de Esquerda (BE), ne veut pas de moines soldats qui chassent en meute.

Entre le PS (Partido Socialista), qui est loin d’avoir dit son dernier mot, et le PCP (Partido Comunista Português) qui se maintient grâce à la CDU (Coligação Democrática Unitária ) où il cohabite avec les écologistes du PEV (Partido Ecologista « Os Verdes »), le BE (Bloco de Esquerda) pourrait provoquer la surprise aux prochaines législatives. A condition bien sûr, qu’elles n’aient pas lieu trop vite, car la cadence des votations des dernières années (2019 – 2022 – 2024 – 2025), ne favorise pas la réorganisation interne des partis.

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