Du jamais vu…
L'extrême-droite allemande AfD a suspendu ses deux têtes de liste de la campagne électorale pour les élections européennes en vue de leurs multiples scandales.
Corruption, espionnage, apologie du nazisme - le reste de la campagne de l'AfD se fera sans ses deux têtes de liste... Foto: Leonhard Lenz / Wikimedia Commons / CC0 1.0
(KL) – D’ici le 9 juin, les deux têtes de liste de l’extrême-droite allemande AfD, Maximilian Krah et Petr Bystron, ne peuvent plus participer à des meetings électoraux, comme l’a décidé la direction du parti. De plus, sous la pression de la direction nationale de l’AfD, le numéro 1 de la liste Maximilian Krah a également démissionné de son poste au sein de la direction du parti. Deux têtes de liste d’un parti muselés en pleine campagne électorale, c’est du jamais vu et on peut se poser la question qui voterait encore pour un parti dont la liste est menée par de tels personnages fumeux.
Le problème pour l’AfD est que depuis Avril, les listes soumises par les partis, ne peuvent plus être modifiées. Ainsi, l’AfD doit traîner sur la dernière ligne droite de la campagne deux têtes de liste qui se trouvent au cœur de scandales de corruption, d’espionnage et d’apologie du nazisme. Qui osera faire sa croix le 9 juin derrière des noms associés à ces chefs d’accusation qui pourraient facilement être considérés comme de la haute trahison ?
Même le « Rassemblement National » a déjà annoncé qu’il ne siégerait pas aux côtés d’eurodéputés AfD et lorsque l’extrême-droite française estime nécessaire de prendre ses distances par rapport à cette extrême-droite allemande qui se situe non seulement de plus en plus proche d’un néonazisme décomplexé, mais dont les enquêtes concernant la corruption et l’espionnage pour la Russie et la Chine sont très avancées, cela n’est pas anodin.
Pour les autres partis d’extrême-droite comme les « Fratelli d’Italia » ou le « PiS » polonais, ces scandales à répétition de l’AfD constituent un vrai problème. L’espoir de pouvoir former un groupe d’extrême-droite uni et majoritaire au nouveau Parlement européen s’en trouve amoindri, car avant ces scandales, l’AfD s’apprêtait à réaliser un résultat record lors de l’élection européenne. Mais aujourd’hui, « grâce » à ses fantasques têtes de liste, l’AfD baisse presque tous les jours dans les sondages, car les Allemands comprennent que cette AfD n’est nullement une « Alternative für Deutschland » et encore moins pour l’Europe.
Toutefois, on est en droit de se poser la question comment ces deux personnages des plus douteux aient pu arriver sur les deux premières places de la liste AfD. Et on peut aussi se poser la question pourquoi Maximilian Krah et Petr Bystron aient été maintenus dans cette position au moment où l’AfD aurait encore pu les remplacer. A cela, il faut ajouter la récente condamnation de la tête de liste AfD pour les élections régionales en Thuringe, Björn Höcke, qui s’auto-désigne fièrement comme « fasciste » et qui vient d’être condamné pour avoir publiquement utilisé un slogan nazi.
Pendant de longs mois, l’AfD avait le vent en poupe, pendant que les autres partis se déchiraient entre eux, mais maintenant, où les Allemands regardent de plus près, l’AfD devient tout bonnement infréquentable. Du coup, il devient clair que ceux qui voteront quand même pour l’AfD le 9 juin, sont les héritiers spirituels des national-socialistes qui se fichent des méfaits de ces deux têtes de liste. Heureusement qu’il y a maintenant ce scrutin européen qui dévoile la vraie nature de l’extrême-droite allemande aux yeux de l’Europe entière.
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