Edouard Philippe débute sa conquête de l’Elysée

A moins de 300 jours de l’élection présidentielle, Edouard Philippe a donné son premier meeting de campagne, où le journalisme n’avait pas trop sa place.

Un concurrent sérieux contre l'extrême droite ? En tant que « macroniste » ? Foto: Jérémy Barande / Ecole polytechnique / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 2.0

(Paul Ravenel) – Devant près de 5000 personnes, l’actuel maire du Havre a lancé sa campagne présidentielle à l’Adidas Arena, antre habituel du Paris Basketball. Parmi ses grands thèmes évoqués, une refonte de l’école, une économie avec des « efforts justes, partagés et étalés dans le temps » et une participation accrue des retraités, tout en travaillant plus longtemps. Il fera aussi de l’écologie un sujet de campagne, tout en se présentant comme alternative aux deux extrêmes.

Mais comme tout meeting politique, la liberté d’informer doit avoir sa place, ce qu’il ne s’était pas le cas dimanche dernier. Même si les médias traditionnels avaient fait le déplacement, une lettre leur avait été adressé la veille pour interdire la captation d’images et de vidéos de l’événement, tout étant géré par l’équipe Horizons du candidat. Le journaliste streamer Hugo Couturier assure avoir pu réaliser son stream sur place, mais dans des conditions dégradées et après échanges avec l’organisation. De son côté, Robin Ratto, dit Drakeoz, déplore le fait de ne pas pouvoir à la fois commenter et diffuser le meeting, ce qu’il considère comme « une atteinte à la liberté d’informer ».

Une campagne de plus en plus tôt – Après ses 2 mandats consécutifs, Emmanuel Macron ne peut pas se représenter en 2027. Alors forcément, il y a une place à prendre, et beaucoup de monde la convoite. De son côté, Jean-Luc Mélenchon attire déjà les soutiens, avec récemment Philippe Poutou, tout en  refusant une primaire de la gauche pour donner plus de chance au seul candidat de gauche qui irait à la présidentielle. A l’extrême droite, le destin du RN est toujours lié au verdict du procès de Marine Le Pen, qui est arrivé hier et qui permettrait à Marine Le Pen de faire campagne en tant que candidate – mais avec un bracelet électronique, ce qui ferait quand même désordre. Il y a aussi Gabriel Attal, Bruno Retailleau entre autres. Au total, ce sont près de 16 politiques qui se sont déjà officiellement porté candidat pour 2027, mais plus de 40 sont pressentis pour l’être. Il n’y en aura pas autant sur la ligne de départ en avril prochain, car il faut 500 signatures de maires dans au moins 30 départements pour être officiellement candidat.

Et pour les avoir, quoi de mieux que de commencer le plus tôt possible. A 285 jours de la présidentielle, il y a déjà 45 noms qui pourraient viser l’Élysée en mai prochain. Celui qui s’est déclaré le plus tôt, Edouard Philippe, qui a donc officiellement lancé sa campagne, après une candidature annoncé le 3 septembre 2024. Une liste élargie mais qui reste incertaine

Pour ceux qui sont sûrs de participer, c’est déjà un compte à rebours qui commence avant le premier tour pour rallier le plus de monde et obtenir les 500 parrainages. Dans les coulisses, ça s’accélère, les meetings vont aussi se faire de plus en plus nombreux au fur et à mesure que 2027 s’approche. Et dans tout ça, espérons que le journalisme ait toujours sa place, car c’est dans ces élections qu’il est le plus menacé.

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