En marche… vers des gouvernements d’extrême-droite
Les sondages en France et en Allemagne montrent une forte dynamique au niveau de l'extrême-droite. Mais l'espoir « qu'il ne puissent pas faire pire que les autres », est trompeur.
Manifester avec des slogans marrants, c'est une chose. Mais on ne peut empêcher l'arrivée au pouvoir de l'extrême-droite qu'aux urnes... Foto: Jck / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 4.0int
(KL) – Les sondages, on le sait, ne constituent qu’une prise de vue instantanée, et non pas un pronostic pour les prochaines élections. Mais les sondages permettent de capter des évolutions, des tendances, l’ambiance dans la population. Et si les sondages actuels devraient se confirmer, la France et l’Allemagne auront bientôt des gouvernements d’extrême-droite. Dans les deux pays, la gauche est éclatée et ne jouera pas un rôle important lors des prochaines élections.
En Allemagne, dès que les cadors de l’AfD se taisent et laissent les autres partis s’entre-déchirer, l’extrême-droite monte immédiatement dans les sondages qui eux, sont organisés toutes les semaines en Allemagne et permettent ainsi, de suivre les tendances politique presque en temps réel. La CDU de Friedrich Merz se situe actuellement à 25% des intentions de vote, l’AfD obtiendrait également 25%, ce qui veut dire que les deux partis totalisent chacun autant d’intentions de vote que le SPD et les Verts ensemble – dire qu’il y a moins d’un an, ces deux partis étaient au pouvoir (avec le mini-parti libéral FDP qui lui, se situe actuellement à 3% des intentions de vote).
Cette implosion de la gauche allemande ressemble beaucoup à celle en France. Les sondages pour les présidentielles de 2027, voient Jordan Bardella (ou Marine Le Pen) à 31% des intentions de vote, suivi par Edouard Philippe (21%), Bruno Retailleau (16%), Jean-Luc Mélenchon (13%), Rafael Glucksmann (11% ou bien le bourreau du PS Olivier Faure à 4,5%), et les autres candidats qui se situent entre 1% et 3% des intentions de vote.
Constat : la gauche française et la gauche allemande ont vécu et ont perdu toute confiance de la part des électeurs. Désormais, les électeurs et électrices auront le choix entre l’extrême-droite et la droite autoritaire, tandis que les forces de gauche se perdent dans les méandres de leurs idéologies. Dire que le potentiel électoral de la gauche s’élève dans les deux pays à un minimum de 30%, ces partis se rendent coupables d’avoir participé à ouvrir la voie aux futurs gouvernements extrémistes et cela est valable autant en France qu’en Allemagne.
Là où on avait érigé dès 2002 un barrage républicain (en Allemagne appelé « Brandmauer », mur coupe-feu), on verra désormais les extrémistes passer. La trahison d’Emmanuel Macron de ce barrage républicain depuis 2024, fera qu’il n’y aura plus de tels accords électoraux visant à empêcher les extrémistes de passer. Conséquence – un tel barrage ne sera plus possible à l’avenir et les seuls qui en profiteront, seront les candidats du Rassemblement-ex-Front National et en Allemagne, de l’AfD.
Ainsi, la France et l’Allemagne suivront sur les traces des nombreux pays européens qui, depuis quelques années, donnent leur confiance à des gouvernements d’extrême-droite ou formés avec la participation de l’extrême-droite. Pour le citoyen lambda, les gouvernements d’extrême-droite ne rendent pas les pays plus sûrs, n’augmentent pas le pouvoir d’achat, ne construisent pas de logements, n’améliorent en rien le quotidien de leurs populations. Le vote pour les extrémistes n’est autre que l’expression du désespoir face aux défaillances, à la corruption, aux incompétences des autres partis qui avaient tous la possibilité de montrer leur capacités, puisqu’ils étaient tous au pouvoir pendant des années.
Lorsque l’on regarde de plus près, force est de constater que les extrémistes n’ont aucun concept pour gérer les multiples crises dont le monde souffre actuellement. Leur fonds de commerce qui est la haine de l’Autre, semble suffire pour attirer un électorat qui par ailleurs, se fiche pas mal de la politique.
Les responsables de cette évolution qui se déroule simultanément en France et en Allemagne, sont les partis traditionnels qui ont du penser que l’alternance entre une gauche incompétente et une droite incompétente pourrait continuer ad eternam. Même une sorte de « monarchie parlementaire » comme la « macronie » ne peut plus convaincre les électeurs, sauf ceux qui profitent personnellement de ce système anti-démocratique.
Lorsque les deux plus grands pays d’Europe seront tombés entre les mains des forces de l’extrême-droite, il sera trop tard pour s’en plaindre. Si on veut éviter de tels gouvernements, il n’y a pas 36 possibilités – il faut arrêter de voter pour ceux qui représentent des « valeurs » que l’on pensait dépassées depuis la fin de la dernière guerre mondiale. Mais il faut croire qu’on aura besoin d’une IIIe Guerre Mondiale avant de comprendre que les extrémistes n’apportent jamais autre chose que le chaos, la violence, la haine et la guerre…
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