Et quelles seront les conséquences en Europe ?

L'ayatollah Makarem Chirazi appelle à venger la mort d'Ali Khamenei – par des actions dans le monde entier. Le risque d'attaques terroristes grandit.

L'Allemagne a déjà augmenté la sécurisation d'installations juives au pays. Une mesure nécessaire. Foto: Soureal / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 4.0int

(KL) – Le régime des mollahs n’est pas encore fini. Après avoir décrété un deuil national suite au décès d’Ali Khamenei, l’ayatollah Makarem Chirazi a appelé à venger la mort du guide suprême et ce, dans le monde entier. Cette menace est à prendre au sérieux, car les services secrets iraniens sont très présents et très actifs dans les pays occidentaux. Dans une déclaration, l’ayatollah a désigné les USA et Israël comme les principaux responsables de la mort de Khamenei, tout en disant que « la vengeance est le devoir religieux de tous les musulmans au monde, pour faire disparaître la méchanceté de ces criminels du monde ».

Ce n’est pas la première fois que l’ayatollah Makarem Chirazi menace les USA et personnellement, Donald Trump. Après la « guerre de 12 jours », Trump avait dit que Khamenei serait une « cible facile », ce qui avait motivé Chirazi à dire que des menaces contre Khamenei étaient passibles de la peine de mort.

Ces prochains temps, et là-dessus, les services secrets occidentaux sont unanimes, le risque d’attaques terroristes va augmenter, en fonction de ce qu’il se passera en Iran et au Moyen Orient. En vue des attaques et contre-attaques des deux derniers jours, rien ne laisse prévoir une accalmie de la situation. Au contraire, ce qui reste des dirigeants du régime meurtrier des mollahs, veut désigner une nouvelle équipe dirigeante dans les 48 heures. Et Trump a déjà annoncé vouloir « négocier » avec cette nouvelle équipe. Est-ce qu’il va encore une fois adouber un régime criminel et trahir pour la deuxième fois la révolution iranienne ? Force est de constater que l’intérêt de Trump n’est pas le bien-être du peuple iranien, mais les 18% de la production pétrolière mondiale en Iran.

Mais il y a tellement de questions auxquelles personne ne peut répondre actuellement. Quid de la position russe et celle de la Chine ? La Russie dépend de la fourniture des drones Shahed utilisées en masse en Ukraine, la Chine dépend du moins partiellement des importations de pétrole iranien – actuellement, la Chine achète 80% de la production pétrolière iranienne. Comprendre : les super-puissances ont toutes des intérêts vitaux en Iran et il est peu probable que ces deux pays regarderont les bras croisés Donald Trump prendre le contrôle de l’Iran, ne serait-ce qu’en plaçant son favori Reza Pahlavi à la tête d’un nouveau gouvernement.

Cette guerre, qui s’étend de la frontière turque-syrienne jusqu’à l’est de lAfghanistan, ne fait que commencer et en Iran, Trump aura un autre adversaire qu’au Venezuela. Le régime des mollahs dispose d’environ 1 million de combattants hautement armés, environ 600.000 soldats réguliers et les milices comme les Gardes Révolutionnaires. Les nombreuses attaques iraniennes des deux derniers jours montrent qu’il sera difficile pour les USA de venir à bout de ce régime criminel et ceux qui en feront les frais, seront une nouvelle fois les Iraniens dont Trump se fiche pas mal.

Et que peut faire l’Europe ? En vue de la gravité de la situation, il ne suffit plus d’exprimer son inquiétude et d’inviter l’Iran de cesser ses attaques sur les pays limitrophes. L’Europe doit agir fermement et commencer par combattre les réseaux des services iraniens qui sévissent, entre autres, dans les universités européennes. Ces réseaux représentent aujourd’hui un véritable danger, surtout en vue de l’appel de Makarem Chirazi qui a quasiment la valeur d’une fatwa. La vigilance sera de mise et ceci dit, il est surprenant que certains partis d’ultra-extrême-gauche prennent encore la défense d’un régime ayant opprimé et tué son peuple depuis 1989. Il y a une chance que les choses puissent réellement changer en Iran, mais nous en sommes encore loin.

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