Fatalitas…
Depuis que la clique du Leader Maximots a pris en otage la gauche française, une large frange de celle-ci est victime du syndrome de Stockholm.
LFI a ce regard d’une évidente froideur, comme les hauts-reliefs ornant le linteau des fenêtres du Skravelberget mindre 9, où eut lieu à Stockholm, la prise d’otages du 23 août 1973. Foto: Holger Ellgaard / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 4.0int
(Jean-Marc Claus) – Depuis 2016, année de la création de « La France Insoumise » par Jean-Luc Mélenchon qui, en 2012, s’était servi du Front de Gauche pour assouvir ses ambitions présidentielles, la gauche française non seulement soumise au bon vouloir du Leader Maximots, est très largement victime du syndrome de Stockholm. « Fatalitas… », disait le Chéri-Bibi de Gaston Leroux, un héros de roman bagnard malgré-lui, suite à une erreur judiciaire, d’abord devenu caïd pour survivre, puis poursuivi par son destin alors qu’il voulait se ranger des voitures.
Il serait injuste de blâmer la création du Nouveau Front Populaire et de minimiser ses résultats aux législatives anticipées de 2024. Déjà parce que NFP, ça a tout de même plus de gueule que NUPES, mais ce n’est pas le plus important. La claque magistralement administrée au président-monarque, pensant avec sa dissolution surprise neutraliser la gauche désunie, est de loin la plus grande réussite de cette union dans l’urgence. Ce fut un grand moment de vraie politique.
Rendons à tous seigneurs tous honneurs, mais il est un saigneur sans honneur, s’appliquant méthodiquement à de l’intérieur, vider la gauche de toute sa substance. Celui dont l’hybris longtemps dissimulée sous un faux discours de camaraderie, a pris en otage le segment de l’arc politique allant de l’immature extrême-gauche à la réaliste gauche de gouvernement. Ce qui fut possible en Espagne avec l’association du socialiste Pedro Sanchez et de Podemos, ne le sera pas en France avec le Leader Maximots et le reste de la gauche, car la gauche… c’est lui !
Du moins le croit-il et quand dans sa cour, en de nombreux points semblables à celle du président-monarque, des voix s’élèvent pour tenir un discours quelque peu différent, leurs propos vont tout droit au bûcher des vanités et leurs personnes sont non seulement exclues de la secte, mais aussi poursuivies sur les réseaux sociaux par des nervis LFIstes. « Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme, et finalement sa vie ! », avait dit le très retord François Mitterrand aux lendemains du présumé suicide de Pierre Beregovoy. Les chiens du Leader Maximots sont eux, d’une absolue servilité.
Comment expliquer qu’une gauche dite de gouvernement, dont la diversité fait aussi la richesse, en vienne à copiner avec une extrême-gauche agressive et hégémonique ? « Ah, mais sur le terrain, on est tous des camarades ! », entend-on maintes fois. Certes oui, mais des camardes sont pour certains ancrés dans une démarche démocratique, alors que d’autres sont téléguidés par une volonté autocratique. Les relations des autres composantes de la gauche avec le Leader Maximots étaient déjà délicates du temps du Parti de Gauche (PG), créé en 2008 et issu de l’association Pour la République Sociale (PRS) née quatre ans plus tôt.
Pourtant, on reste associés, alors qu’on se fait de plus en plus malmener ! Mieux encore, l’extrême-gauche historique, entendez Lutte Ouvrière (LO), le Nouveau Parti Anticapitaliste (NFP) ex-Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) et le Parti Ouvrier Indépendant (POI), au départ très critiques envers le Leader Maximots, viennent maintenant lui manger dans la main. Le basculement de LFI à l’extrême-gauche, ou plus exactement son coming out, n’explique pas tout, car les fichiers trotskistes, n’oublient pas la trahison d’un ancien lambertiste.
Comment expliquer cela autrement que par le syndrome de Stockholm ? Pour mémoire, en 1973, les otages du braquage de l’agence de la Kreditbanken, sise Skravelberget mindre 9 à Stockholm, prirent fait et cause pour leurs ravisseurs, d’où le nom du dit syndrome. Or c’est, d’une certaine manière, ce qui se passe actuellement avec une large frange de la gauche française, sous tutelle du Leader Maximots.
Une large frange de la gauche ou plus précisément des partis de gauche, car même si au niveau individuel, le gourou fascine encore nombre d’électeurs et de militants, il en est d’autres qui n’en peuvent plus de son discours manichéen extrêmement basique, de ses méthodes de gangster politique et de ses accointances islamophiles purement électoralistes. A l’instar du président-monarque élu et réélu, en se positionnant comme seule alternative à l’extrême-droite qu’il a lui-même amené au plus haut niveau, le Leader Maximots se voit en 2027 et peut-être même avant, seule alternative à la prise de pouvoir par le RN-ex-FN.
Un très mauvais calcul, car la difficulté de ses parlementaires à condamner clairement les pogroms du 7 octobre 2023, les indigénistes et autres communautaristes auxquels il donne la part belle, son mépris pour la ruralité au profit de habitants de certains quartier urbains, ne font qu’accroître le vote en faveur de l’extrême-droite. Fut-ce un vote protestataire, mais évidemment des plus utiles à faire basculer le pays dans un néant encore plus grand que l’actuel marasme macroniste. Fatalitas…
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