Give peace a chance…
Ils sont de plus en plus nombreux à parler, enfin !, de paix. Si ce terme ne signifie pas la même chose pour la Russie et pour l'Ukraine, il s'agit d'un début.
Est-ce que les bélligérants comprennent maintenant que la seule voie pour terminer cette guerre, sont des négociations ? Foto: Shenkonic / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 4.0int
(KL) – Est-ce de la stratégie ? Est-ce un leurre ? Quoi qu’il en soit, on recommence de toute part à réutiliser les termes « paix » et « négociations ». Si actuellement, le terme « paix » ne signifie pas du tout la même chose pour le Kremlin et Kiev, il convient d’arroser la petite plante de la paix, car on commence à comprendre que la poursuite de cette guerre en Ukraine mènerait inévitablement à une IIIe Guerre Mondiale ou bien, à la destruction totale de l’Ukraine. Déduire de cette situation qu’il faille négocier, est très important, même si déjà le chemin vers des négociations risque d’être compliqué et long. Mais il faut bien commencer quelque part.
Le danger de cette guerre pour l’intégralité des équilibres mondiaux, n’est plus à prouver. Ainsi, ces derniers jours, la Chine, l’Inde, la Hongrie et la Turquie ont multiplié leurs efforts diplomatiques, car cette guerre n’arrange personne, à l’exception des constructeurs d’armes et du groupe Blackrock.
Entre temps, on a également compris que des « sommets sur la paix » sans la Russie ne servent strictement à rien et maintenant, il sera important de convaincre autant l’Ukraine que la Russie d’entamer des discussions avec la médiation d’autres pays, sans émettre au préalable des conditions impossibles à remplir par l’autre côté. Il faut que tout le monde se mette à table, la Russie doit laisser tomber ses postulats, tout comme l’Ukraine doit accepter qu’une « juste paix » n’existe pas en temps de guerre et que le pays militairement battu, ne peut pas dicter les conditions d’une fin de cette guerre meurtrière. De plus, il est inconcevable qu’un nouveau « sommet sur la paix » soit organisé par l’un des belligérants, donc, ce ne peut pas être l’Ukraine qui pourrait organiser un tel sommet. Il faut que l’invitation vienne d’une tiers pays et que l’Ukraine et la Russie participent au même titre. Exit donc le format « Lucerne », qui finalement, n’était autre que la nième conférence de levée de fonds pour l’Ukraine.
Il y a du mouvement même en Russie. Lors d’un forum économique à Vladivostok, Poutine a déclaré : « S’il y a le souhait de négocier, nous n’allons pas le refuser. » Mais même avec une telle déclaration facile à prononcer, il faudra encore davantage d’efforts diplomatiques pour arriver à mettre tout le monde autour d’une table. Et même si ce sera tout sauf évident, il faut tout essayer pour réinstaurer un dialogue, seule voie qui peut à terme mettre fin à cette tuerie.
Intéressant – l’Europe ne figure pas sur les écrans de ces initiatives diplomatiques, mais elle fait partie des grands absents dans ces activités diplomatiques. La France et l’Allemagne étant accaparées par leurs problèmes de la politique nationale, le poids de Berlin et de Paris a sensiblement diminué dans le concert des puissants de ce monde. Mais que nenni – on se fiche qui arrive à organiser des discussions, des négociations, des progrès dans cette situation, à condition que ces progrès aient lieu. La perte d’importance de l’Union Européenne, elle la doit à sa propre politique peu efficace et le monde a compris que ce ne sera pas l’Europe qui pèsera sur d’éventuelles négociations entre la Russie et l’Ukraine.
L’Autriche a déjà proposé d’accueillir au siège de l’OSCE, donc, un endroit quasiment « neutre », tout le monde pour un premier « vrai » sommet et tout le monde devrait maintenant travailler en ce sens. Bloquer d’éventuelles négociations en émettant des conditions que l’autre côté ne pourra pas accepter, ne serait pas très efficace.
Si l’espoir que la raison s’impose est minime, il faudra tenter le tout pour le tout, avant que l’Ukraine, la Russie et toute l’Europe ne sombrent dans une catastrophe nucléaire qui pourrait bel et bien constituer la prochaine étape d’escalade de cette guerre.
Et enfin !, les termes « paix » et « négociations » ne sont plus des gros mots, mais ils doivent représenter l’objectif de tous les efforts diplomatiques actuellement en cours. Car cette guerre doit s’arrêter le plus vite possible.
Kommentar hinterlassen