« Il ne faut pas mélanger sport et politique »…

Depuis des décennies, on entend cette phrase. Mais ce sont les fédérations et organisations sportives qui ne font que ça, en se laissant grassement rémunérer.

Le "whitewashing" corromp le sport et déshonore les fédérations sportives qui y participent. Foto: The White House / Wikimedia Commons / PD

(KL) – L’Iran annonce le boycott de la Coupe du Monde aux USA ; la moitié de la sélection iranienne de football a demandé l’asile en Australie ; aux Paralympics en Italie, on entend à nouveau les hymnes russe et biélorusse ; et partout où des autocrates et dictateurs mettent assez d’argent sur la table, le sport se tait et les dirigeants des fédérations se remplissent les poches. Il faut arrêter de nous miroiter que le sport se tient à l’écart de la politique pour organiser de belles rencontres entre les jeunes du monde.

En ce qui concerne les Paralympics, le titre pourrait se lire ainsi – « Tout est pardonné » – pendant que la Russie poursuit sa guerre en Ukraine qui est entré dans sa cinquième année, les sportifs russes et biélorusses sont à nouveau autorisés à participer aux compétitions, sous leurs couleurs et en appréciant leurs hymnes nationaux lorsqu’ils gagnent une compétition. Mais qu’est-ce qu’il aurait changé en Ukraine ? Pourquoi est-ce que le Comité olympique réintègre des représentants russes et biélorusses ?

Pour la Coupe du Monde de football aux USA, au Mexique et au Canada, on constate une frilosité extraordinaire de la part des fédérations nationales qui visiblement, n’osent pas s’opposer à la FIFA et son président Gianni Infantino et à Donald Trump. Pourtant, déjà pour les derniers matchs de barrage, une dizaines de joueurs irakiens n’ont pas obtenu de visa et ne peuvent donc pas participer aux matchs. Quelqu’un a dit qu’il ne fallait pas mélanger sport et politique ? Et quid des supporters de 15 pays qui se trouvent sur une « liste noire » américaines et qui n’obtiendront pas de visa pour cet événement ? Faut-il remercier Trump et Infantino d’accorder généreusement l’entrée aux USA aux joueurs et le staff de ces 15 pays et équipes qualifiées ?

Et que va arriver aux footballeuses iraniennes qui avaient préféré demander l’asile en Australie, mais qui maintenant, doivent craindre le pire pour leurs familles restées en Iran ? Pas de mélange sport – politique ?

Il est inconcevable de maintenir la Coupe du Monde de football aux États-Unis cet été – le « whitewashing » de la FIFA doit cesser, on ne peut pas vraiment adouber les USA de Donald Trump en lui offrant le spectacle d’une telle compétition comme si rien n’était. Les USA sous Donald Trump constituent aujourd’hui la plus grande menace pour la paix et les équilibres dans le monde et puisque Trump ne s’arrêtera pas en Iran pour faire diversion des Epstein Files, il faudra malheureusement compter sur d’autres guerres que ce président fantasque déclenchera, par exemple à Cuba, pour espérer pouvoir annuler les « Midterm elections » au mois de novembre, ce qui serait probablement le seul moyen pour lui d’éviter une cuisante défaite, suivie par une procédure de destitution. Donc, d’ici le mois de novembre, il faudra s’attendre au pire et dans une telle situation, il n’est pas possible d’organiser des matchs de football sous la surveillance d’ICE aux USA.

Les fédérations nationales doivent prendre leur responsabilités et se retirer de cette Coupe du Monde, pourquoi pas en l’organisant ailleurs, par exemple en Europe, où on dispose des infrastructures nécessaires pour organiser un tel tournoi, même à court terme.

Mais les fédérations sportives ne sont pas connues pour leur courage et leur responsabilité au niveau des questions politiques et sociétales. Il ne s’agira pas d’une simple compétition sportive cet été, mais de la tentative de faire briller Donald Trump, dans l’espoir que cela se traduise par des votes au mois de novembre.

Et la politique nationale dans les pays européens ? Comme souvent, ils ne se sentent pas du tout concernés, refusent leur responsabilité sociétales et ne jurent que par les millions qu’ils encaisseront lors de cette compétition. Ainsi, ils deviennent des marionnettes entre les mains des personnes les plus corrompues sur cette planète – sans même prendre l’initiative d’essayer d’organiser cette Coupe du Monde, soit en faisant jouer les matchs uniquement au Mexique et au Canada, soit en déplaçant cette compétition ailleurs. Mais tout en chacun qui contribue à ce « whitewashing » d’un gouvernement néo-fasciste, prend une part de responsabilité pour ce que le gouvernement Trump fait aux USA et ailleurs dans le monde. Fermer tout simplement les yeux en murmurant qu’il ne s’agit que de sport, ne passera plus.

En fin de compte, il incombera à nous, téléspectateurs et fans de football, de boycotter cette Coupe du Monde, pour que celle-ci ne devient pas un succès commercial pour les partenaires sans scrupules de cette compétition. Il faut arrêter de faire de tels cadeaux à un personnage comme Donald Trump qui lui, sème la mort et la désolation partout où il prétend intervenir pour la « paix ». Car la paix trumpienne n’est autre chose que la guerre.

Kommentar hinterlassen

E-Mail Adresse wird nicht veröffentlicht.

*



Copyright © Eurojournaliste