Incendie dans les Pyrénées-Orientales – ce que l’on sait
Six jours après son déclenchement, l'incendie qui ravage le secteur de Trévillach reste sous étroite surveillance. Près de 4 900 hectares ont été détruits et environ 12 000 personnes demeurent évacuées.
Canicule et vent dans une région qui souffre de la sécheresse... Foto: Olivier Cleynen / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 3.0
(Oscar Louimaire) – « Le feu n’est pas fixé », a rappelé mardi matin Pierre Regnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales, lors d’un point de situation. Un message de prudence, mais aussi un motif d’espoir : les flammes n’ont pas progressé au cours de la nuit de lundi à mardi. Une accalmie que le représentant de l’État se refuse toutefois à qualifier de victoire, rappelant que « un feu peut être stabilisé sans être maîtrisé » et qu’un changement des conditions météorologiques pourrait favoriser de nouvelles reprises.
Dans l’après-midi, Éric Belgioïno, directeur du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 66), a confirmé cette tendance : « La situation s’améliore d’heure en heure ». Il a toutefois précisé que cinq points de vigilance restent sous surveillance jour et nuit, notamment autour de Bélesta, des Orgues d’Ille-sur-Têt, de Rigarda et de Bouleternère, des secteurs « difficiles d’accès, avec une végétation dense et un relief compliqué ».
Le sinistre s’est déclaré samedi 4 juillet vers 19h30 sur la commune de Trévillach, avant de gagner rapidement en intensité sous l’effet d’une végétation particulièrement sèche, de températures élevées et d’une tramontane soutenue. Dans la nuit de dimanche à lundi, les flammes ont franchi la Têt pour pénétrer dans le massif des Aspres, un secteur aride et difficile d’accès par voie terrestre, contraignant les autorités à étendre les évacuations à une trentaine de communes, notamment autour d’Ille-sur-Têt, Rodès et Bouleternère.
Près de 800 sapeurs-pompiers sont mobilisés sur le terrain, dont 400 venus renforcer les 400 effectifs du SDIS 66. Le dispositif aérien mobilise sept Canadair, deux avions Dash et deux hélicoptères bombardiers d’eau, complétés par des moyens supplémentaires en provenance d’autres pays de l’Union européenne. Leur mission consiste désormais à consolider les lisières du feu et à traiter les derniers points chauds actifs.
Le préfet a annoncé la levée immédiate de l’ordre d’évacuation pour les communes de Taulis et Taillet. D’autres, dont Arboussols, Camélas, Castelnou, Corbère ou Llauro, pourraient suivre dans les prochaines 24 heures si l’évolution du feu reste favorable. Mais pour l’heure, la consigne reste à la patience : « Je demande à la population évacuée de ne pas retourner sur les lieux jusqu’à nouvel ordre », a insisté le préfet, évoquant des habitants qui « trouvent le temps long ».
Ce sinistre survient dans un contexte de déficit hydrique persistant dans le département, placé mardi en vigilance orange canicule. Le préfet a lui-même qualifié l’incendie d’« exceptionnel », le comparant à celui de 1976, qui avait ravagé 6 600 hectares sur ce même massif des Aspres, une référence qui invite à la prudence quant à toute qualification de record absolu pour le département.
Les circonstances exactes du départ de feu n’ont pas été précisées à ce stade par les autorités. Les opérations de surveillance et d’extinction devraient se poursuivre plusieurs jours encore, les autorités espérant pouvoir fixer définitivement l’incendie si les conditions météorologiques demeurent favorables.
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