Iran – au bord de la guerre civile

Les manifestations en Iran ont pris une toute nouvelle dimension. Les jours du régime meurtrier des mollahs semblent comptés. Mais le prix à payer pour le renversement est élevé.

Les manifestations contre le Mollahs ont lieu dans tout le pays. Foto: راننده از تهران / Wikimedia Commons / CCO 1.0

(KL) – Le grand peuple perse est en train de chasser du pouvoir son système théocratique meurtrier. Les manifestations à l’échelle nationale prennent de plus en plus d’ampleur, mais en même temps, le régime met tout en œuvre pour endiguer cette vague dramatique de protestations. Cela entraîne des pertes humaines, car les sbires du régime des mollahs n’hésitent pas à tuer les manifestants. La dernière victime en date est un garçon de 15 ans originaire de la ville d’Azna. La question se pose désormais de savoir comment les choses vont évoluer.

Il existe en fait trois options. La première serait que les mollahs s’imposent avec leurs forces de sécurité lourdement armées en provoquant un bain de sang parmi la population. La deuxième option est Reza Pahlavi, l’un des fils du Shah, mais cet homme joue un rôle peu transparent et de nombreux Iraniens considèrent que le fils du Shah représente une sorte de « Retour vers le Futur ». La troisième option est le plan en 10 points du « Conseil national de la résistance iranienne – NCRI », une organisation en exil dirigée par Maryam Rajavi, un plan qui prévoit une transition non violente vers une démocratie moderne dans un Iran sans armes nucléaires, où la peine de mort et la torture seraient abolis et où les droits de l’homme servent de référence. Mais l’Occident devrait faire preuve de retenue dans ses recommandations, car seul le peuple iranien peut décider de l’avenir de l’Iran.

Il y a un large consensus en Iran sur le fait que le régime des mollahs a fait son temps. Mais il est extrêmement difficile et dangereux pour l’opposition de s’organiser. En Iran, s’opposer au régime signifie courir le risque d’être arrêté, condamné et exécuté à tout moment. Contrairement à d’autres pays qui appliquent beaucoup la peine de mort, comme la Chine ou l’Arabie Saoudite, les mollahs annoncent fièrement le nombre de leurs victimes. L’année dernière, plus de 2 000 personnes sont mortes entre les mains des bourreaux des mollahs et les exécutions sont souvent publiques afin de continuer à semer la peur et la terreur dans le pays.

Outre les deux options réalistes du plan en 10 points du NCRI et d’un fils du Shah à la tête d’un gouvernement, il n’y aura guère d’alternatives, car aucune alternative de ce type n’a pu s’organiser en Iran et même à l’étranger, les services secrets iraniens surveillent toutes les activités des opposants en exil.

Reza Pahlavi, bien que très controversé, n’est en aucun cas « sans alternative », car le NCRI s’appuie en Iran sur les Moudjahidin du Peuple, qui fournissent en permanence à cette organisation en exil, des informations provenant du pays, ce qui a par exemple permis au NCRI d’identifier deux usines d’enrichissement d’uranium en Iran qui n’avaient jusqu’alors pas été repérées par les services secrets occidentaux.

D’une manière générale, l’Occident devrait s’informer avant de porter un jugement sur la situation en Iran. Alors que le parti d’extrême gauche français LFI commente avec enthousiasme que les Iraniens manifestent contre « le coût élevé de la vie » et les pénuries, il oublie que la semaine dernière, les « mardis contre les exécutions » ont eu lieu pour la 100e fois dans tout le pays. Car si les manifestations portent également sur la situation catastrophique de l’approvisionnement, elles visent avant tout à mettre fin aux agissements des mollahs assassins.

Reza Pahlavi et le NCRI promettent tous deux des élections démocratiques. Le plan en 10 points du NCRI, que beaucoup de ceux qui discutent de l’Iran n’ont même pas lu, ouvre la voie à un avenir complètement différent pour l’Iran, qui ne soutiendrait plus les groupes terroristes, interdirait la peine de mort et la torture, et où les hommes et les femmes auraient les mêmes droits. L’Iran pourrait ainsi devenir un élément de stabilité dans une région marquée depuis de nombreuses années par l’instabilité.

Après l’annonce de Donald Trump de vouloir à nouveau intervenir en Iran (bien sûr, pas avec des initiatives de paix, mais avec des bombardements), les premiers en Occident se réjouissent déjà et espèrent que l’Oncle Sam chassera les mollahs. Mais cela serait fatal pour l’Iran, car cela attiserait à nouveau le ressentiment anti-américain en Iran et dans toute la région. L’Iran ne pourra se réorganiser que si les Iraniens eux-mêmes renversent ce régime meurtrier.

À peine une semaine après le début des manifestations nationales, l’Iran est confronté à une décision. Il ne pourra guère y avoir de retour sous le joug des mollahs, le mouvement de protestation a ses premiers martyrs et, dans cette situation, il n’y a plus qu’une seule voie possible : aller de l’avant vers l’avenir de l’Iran.

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