Jaunisses en vue

Des appels à bloquer le pays le 10 septembre, laissent penser que l’automne pourrait s’avérer agité, et provoquer ainsi chez certains politiques, des ictères de contrariété.

Verrons-nous le 10 septembre prochain, le retour des Gilets Jaunes ? Foto: Patrice Calatayu / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 4.0int

(Jean-Marc Claus) – Les appels à bloquer le pays à partir du 10 septembre, font florès sur les réseaux sociaux. Or, c’est de cette manière que le mouvement des Gilets Jaunes avait débuté en automne 2018. Mais il ne s’agissait alors que de bloquer des axes routiers et d’occuper des ronds-points. Une pièce en 33 actes, joués du 24 novembre 2018 au 6 Juillet 2019, qui bien que se déroulant dans la rue, n’était pas vraiment du théâtre de boulevard.

Coïncidence ou stratégie, lancer un mouvement témoignant d’un ras-le-bol citoyen la Journée Mondiale de Prévention du Suicide, a tout de même quelque chose de particulièrement symbolique. Le macronisme, qui n’a absolument rien d’un humanisme, pousse à bout les classes laborieuses, en leur prenant toujours plus, pour donner sans compter et sans contreparties à ceux qui ne manquent de rien. En huit années, le président-monarque a appauvri et humilié une majorité de ses concitoyens, pour enrichir et cajoler la minorité de nantis qui lui fournit depuis 2017, les moyens d’accéder et de se maintenir au pouvoir.

Est-il alors étonnant que le peuple se révolte ? Certes non, mais que ce processus mette autant de temps demeure surprenant, car le mécontentement ne date pas d’hier. Il est vrai que la façon inhumaine dont fut réprimé le mouvement des Gilets Jaunes, a de quoi refroidir quelque peu les enthousiasmes. Mais les mots d’ordres lancés depuis mi-juillet, suite aux annonces du moment de prétendue vérité de François Bayrou, sont plus structurés que les slogans et revendications façon auberge espagnole du temps des Gilets Jaunes. Grève générale, blocage du pays, chute du système en une semaine, c’est plus élaboré que « On en a gros », même si maintenant, on en a très très très gros.

A la manœuvre un collectif, se nommant… « Le Collectif » et un blog intitulé… « Mobilisation 10 Septembre », se disant sans étiquette politique, mais à la page d’accueil couleur citron. Les syndicats suivent l’affaire non sans une certaine circonspection, car l’épisode des Gilets Jaunes a échaudé plus d’un militant, y compris les plus endurcis. Pour mémoire, entre le mouvement des Gilets Jaunes (2018-2019) et la future mobilisation du 10 septembre prochain, il y a eu la pandémie de Covid-19 en 9 vagues (2020-2022) et les 4 mois de mobilisations contre la nième réforme des retraites (2023).

L’intermède enthousiaste des Jeux Olympiques d’Été (Juillet / Août 2024) n’a pas effacé les déculottées électorales macronistes européennes (Juin 2024) et législatives (Juin Juillet 2024), ainsi que le très bref Gouvernement Barnier (septembre – décembre 2024) pas assez RN-ex-FN compatible, et le Gouvernement Bayrou en sursis depuis 7 mois grâce à la très haute bienveillance du RN-ex-FN. L’absence de majorité absolue aux législatives antérieures (Juin 2022), aurait logiquement dû alerter le président-monarque quant à son déclin, mais que nenni : Errare humanum est, perseverare diabolicum !

Maintenant que sa police est, aux frais du contribuable, suréquipée pour anéantir tout mouvement social, il ne se gênera pas avec son habituel machiavélisme, de faire charger la cavalerie. A moins que les forces de l’ordre de la République fassent leur Révolution des Œillets, car il serait grand temps que police et gendarmerie s’emploient exclusivement à poursuivre les voyous, tous les voyous. Ce qui provoquerait chez certains délinquants en cols blancs, des ictères foudroyants.

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