Je t’aime, moi non plus…
La « bromance » entre Donald Trump et Vladimir Poutine semble finie. Donald Trump se comporte comme un amant rejeté et annonce des sanctions contre la Russie.
"Pursuing peace" - quel cynisme ! "Pursuing war" serait plus juste comme slogan... Foto: The White House / Wikimedia Commons / PD
(KL) – « A chaque fois que je parle avec Vladimir, ça se passe bien », déclarait Donald Trump, « mais après, il ne se passe rien ». Ainsi, la rencontre entere les présidents américain et russe a été reportée aux calendes grecques et rien n’indique qu’elle aurait lieu prochainment. Ceci n’est pas vraiment une surprise, car déjà une rencontre de préparation entre les ministres des affaires étrangères a été annulée. Comme toujours, Trump essaye maintenant de régler les problèmes par des sanctions et droits de douane, mais on est en droit de douter de l’efficacité de ces mesures.
Pourtant, les sympathies de Donald Trump vont clairement vers Vladimir Poutine, un dictateur qu’il admire et qu’il aimerait copier. De plus, Trump flaire les bonnes affaires avec la Russie et de l’autre côté, Volodymyr Zelenskyi lui est hautement suspect. Un président qui arrive aux réunions en tenue militaire et pas rasé, cela dépasse ce que Donald Trump peut gérer. Ainsi, la dernière réunion entre Zelenskyi et Trump à Washington s’est très mal passée et toute la situation autour de l’Ukraine commence à énerver le président américain.
Mais est-ce qu’il est vraiment possible de terminer la guerre en Ukraine par le biais de sanctions économiques ? La stratégie occidentale repose sur l’espoir de pouvoir ruiner l’économie russe – ce qui semble difficile considérant les réseaux et soutiens de la Russie. Trump sanctionne maintenant les deux géants énergétiques de la Russie, Lukoil et Rosneft, tout en invitant les Européens à faire pareil. Mais autant que les Européens ne peuvent plus faire confiance aux Américains, les Américains ne peuvent pas faire confiance aux Européens qui contournent depuis presque 4 ans les sanctions qu’ils imposent à la Russie.
Si aujourd’hui, l’Ukraine se déclare satisfaite des sanctions prononcées contre la Russie, force est de constater que ces sanctions n’ont aucun impact sur la situation le long du front. Les combats intenses continuent, les attaques nocturnes sur toute l’Ukraine s’intensifient et rien, absolument rien, n’indiquerait que les combats puissent cesser.
Il y a à peine quelques jours, la « coalition des volontaires » avait annoncé vouloir arrêter les importations de gaz russe en 2027 – ce qui signifie qu’en Europe, on part du principe que cette guerre durera au minimum jusqu’à cette date et probablement même plus longtemps.
Donald Trump souhaite, en principe, la même chose que les « volontaires » avaient formulé en début de semaine – des négociations sur la base de la ligne du front actuelle, en « partageant » le Donbass entre l’Ukraine et la Russie. Mais pour négocier, il faudrait qu’il y ait une volonté partagée de négocier, ce qui n’est pas vraiment le cas de la Russie. Et probablement pas non plus de l’Ukraine.
Et Donald Trump doit être prudent – ses droits de douane et d’autres mesures sont en train de ruiner l’économie américaine (et européenne), sans pour autant « mettre Poutine à genou ». La situation se complique de semaine en semaine et tant que les deux côtés ne bougent pas, l’escalade de cette guerre continue. Jusqu’où ?
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