La démocratie représentative bat de l’aile

Exemple Allemagne – le taux d'approbation de la coalition CDU/SPD atteint son plus bas niveau jamais enregistré. Tout juste 13% des Allemands approuvent ce gouvernement.

85% des Allemands désapprouvent l'action du chancelier Friedrich Merz. Foto: Harald Dettenborn / Wikimedia Commons / CC-BY 3.0de

(KL) – En théorie, la démocratie représentative est simple. Le peuple élit ses députés qui représentent ainsi la majorité des électeurs et électrices dans les parlements. En théorie. Car dans la pratique, les élus ne représentent plus grand monde, mais uniquement une petite frange de la population. Le meilleur exemple en est actuellement l’Allemagne.

Un sondage RTL/ntv donne une image choquante du paysage politique en Allemagne. Seulement 13% des sondés approuvent encore l’action du chancelier Friedrich Merz, 85% désapprouvent. Grave – même les électeurs de son propre parti, la CDU, désapprouvent Merz à 53%, tandis que les électeurs de son partenaire de coalition, le SPD, sont à 81% mécontents du travail du chancelier et de la coalition. Mais si plus de 4 électeurs sur 5 ne se retrouvent plus dans la politique menée, il serait peut-être temps que les partis politiques entendent enfin (!) le mécontentement de la population. L’éternel « on ferme les yeux et on attend que ça passe » ne fonctionnera plus, les partis actuellement au pouvoir ne font que préparer la prise de pouvoir de l’extrême droite AfD.

Actuellement, l’AfD reste en tête dans les sondages, avec 27% des intentions de vote, suivie par la CDU qui stagne à 22%, les Verts à 16%, le SPD à 12% et Die Linke à 11%. Sans que les gens se soient vraiment rendus compte, l’Allemagne se trouve dans une crise gouvernementale et puisque les partis n’estiment pas nécessaire de réagir, cette crise continuera. Mais jusqu’où ?

Friedrich Merz est le chancelier le plus impopulaire de l’histoire de la République Fédérale – et même s’il a pris le pouvoir à un moment très difficile, son action n’augmente en rien sa popularité. Pour pouvoir financer la contribution allemande aux guerres et à l’armement, Merz s’attaque autant aux retraites (« à l’avenir, les retraites ne pourront représenter qu’un revenu de base »), qu’au système de la santé et à d’autres services publics. Ce qui n’augmente logiquement pas sa popularité…

Si les Allemands ont approuvé que Merz ait refusé une participation allemande à la guerre illégale que les USA ont déclenchée en Iran, cela n’a pas eu d’incidence sur sa popularité.

Mais si les élus ne représentent plus la majorité de la population, force est de constater que la démocratie représentative est arrivée à ses limites. Le système actuel n’est pas représentatif et pas exactement démocratique non plus et cela devient critique et ce, non seulement en Allemagne.

Au lieu d’utiliser des outils comme l’IA à des fins de marketing et pour optimiser des processus de production, donc, pour augmenter les bénéfices de ceux qui l’utilisent de manière professionnelle, on ferait mieux de mettre ces systèmes à développer de nouveaux systèmes politiques, sociaux et économiques qui reflètent les réalités de notre époque.

Il est frustrant de constater que l’Allemagne soit dirigée par un chancelier dont presque 9 Allemands sur 10 ne veulent plus. Bien sûr, il faut aussi se poser la question comment Friedrich Merz est arrivé au pouvoir, mais cette question nous mène à nouveau vers le dysfonctionnement de la démocratie représentative. Aujourd’hui, et ceci est valable pour presque tous les scrutins en Europe, les élus sont désignés par 12 à 20% des électeurs, et cela veut dire qu’ils ne sont pas représentatifs.

Si à terme, on veut éviter la trumpisation de nos pays européens, il faudra réformer le système politique, le système social et le système économique. Quelque part, tout le monde en est conscient, mais ceux qui pourraient initier de telles réformes, sont ceux qui profitent le plus du statut quo actuel et qui ne veulent donc rien changer. Faudra-t-il un jour une révolution violente pour chasser tous ces profiteurs du pouvoir ? Si les guerres actuelles devraient se prolonger, si nos gouvernements continuent les coupes dans les systèmes sociaux pour investir encore davantage dans les guerres, l’ambiance risque de passer au rouge. Mais d’ici là, le leitmotiv des politiques en Allemagne et en Europe reste « on continue comme toujours » – et ça, c’est la descente aux enfers garantie.

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