La guerre en Ukraine ne s’arrêtera pas
L'un des faucons du Kremlin, Dmitri Peskov, a clairement dessiné la suite de la guerre en Ukraine. A l'occident, on n'a aucune stratégie de sortie de cette terrible guerre.
Dmitri Peskov n'a rien communiqué de nouveau - mais ses annonces indiquent que la guerre peut encore continuer très longtemps. Foto: Kremlin.ru / Wikimedia Commons / CC-BY 4.0int
(KL) – Le Kremlin, à travers la voix d’un de ses porte-paroles Dmitri Peskov, a répété ses exigences pour une fin de la guerre en Ukraine. Puisque les exigences russes ne pourront pas être acceptées par Kiev, la guerre continuera. Jusqu’à la fin. Une fin qu’on n’a vraiment pas envie d’imaginer concrètement. Car il n’y a plus beaucoup d’options – soit, la guerre se soldera par la destruction totale de l’Ukraine, soit la guerre se terminera dans le cadre de la IIIe Guerre Mondiale qui elle, détruira une grande partie de l’Europe et de l’ouest de l’Asie. Mais en attendant, on continue comme on fait depuis trois ans et demi, malgré le fait qu’on devrait constater que cela mène nulle part.
La liste des exigences russes que Dmitri Peskov a répété lors d’une interview avec l’agence Tass, était connue depuis 2022. Pas d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN ; démilitarisation de l’Ukraine ; « garanties » pour la langue, culture et religion russes en Ukraine ; reconnaissance des 4 oblasts annexés plus de la Crimée comme appartenant à la Russie ; plus quelques modifications de la constitution ukrainienne visant à établir durablement un gouvernement pro-russe à Kiev. Évidemment, l’Ukraine ne pourra pas accepter ces exigences et en l’état, cela veut dire que cette guerre continuera encore longtemps, jusqu’à ce que la défense ukrainienne collapse définitivement.
En principe, Dmitri Peskov n’a rien communiqué de nouveau. Mais ce qui devient plus clair, c’est que l’espoir d’un cessez-le-feu, de la paix, même d’une rencontre Poutine-Zelenskyi s’amoindrit de jour en jour. Pourquoi Poutine devrait-il aussi faire des compromis ? Pour des raisons humanitaires ? Poutine s’en fiche de ce genre de considération et militairement, la Russie tient actuellement l’avantage.
Cette évolution constitue aussi une défaite cuisante pour Donald Trump qui n’aura pas réussi à stopper cette guerre, au contraire. Depuis qu’il s’est immiscé dans des « négociations », cette guerre connaît une escalade inquiétante, tous les jours et toutes les nuits, la Russie bombarde les villes ukrainiennes jusqu’à Lviv et un moment donné, qu’on le veuille ou pas, il faudra réfléchir à une stratégie, à moins que l’Occident souhaite que cette guerre continue ad æternam. Certes, l’industrie de l’armement allemande, française et américaine jubile face à cette évolution, mais la fin de cette guerre risque d’être terrible pour l’Ukraine.
Continuer à se présenter mutuellement des exigences dont on sait que l’adversaire ne les acceptera jamais, n’est pas une solution.
Peskov a effectivement été clair – avant que l’Ukraine ne remplit pas les exigences russes, il n’y aura même pas de négociations. Mais l’Ukraine n’acceptera pas les exigences russes, tout comme la Russie n’acceptera pas les exigences ukrainiennes qui manquent aussi terriblement de réalisme. Ce manque de réalisme, ce sont les Ukrainiens qui le paieront et ils risquent de le payer très cher. Aujourd’hui, la situation est figée et malgré la difficulté de cette situation, il faudra trouver des solutions. Les slogans de propagande des deux côtés ne facilitent rien – tout comme les prises de position du « gang de la cour de récréation » Starmer-Macron-Merz qui ne cessent de parler de la « force » de l’Occident. Dommage que cette « force » n’existe que dans l’imagination de ces trois qui aimeraient être reconnus comme des grands chefs de guerre. Ils ne le sont pas et ainsi, ils font partie du problème et non pas de la solution. Terrible.
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