La leçon de Tallinn

L’instauration, en 2013, de la gratuité des transports publics pour les résidents de la capitale estonienne, alors que les pays baltes avaient connu une crise économique à la fin de la décennie précédente, demeure plus que jamais un exemple.

Des investissements massifs de la ville, en vue d’une amélioration du réseau et de ses véhicules, ont permis une augmentation de 60% du nombre d’usagers. Foto: AleWi / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 4.0int

(Jean-Marc Claus) – A l’heure où les républiques baltes font la une de certains médias mainstream quant à une éventuelle invasion russe, il n’est pas inutile de rappeler que Tallinn fut la première capitale européenne à rendre gratuite pour ses résidents, l’accessibilité aux transports en commun. Une décision prise suite à un référendum, dont 75% des participants validèrent cette option.

Des investissements massifs de la ville, en vue d’une amélioration du réseau et de ses véhicules, ont permis une augmentation de 60% du nombre d’usagers. Quel rapport avec le contexte géopolitique, provoquant en France une hystérisation du débat relatif à des réarmements en tous genres ? Le simple fait que la crise économique qui toucha les pays baltes en 2008-2009, n’a pas fait renoncer à cette mesure décidée en 2012 et mise en application en janvier 2013.

Or, au beau pays de France, le pouvoir rejeté par les trois quarts de la population, ne reculant devant rien pour sabrer les dépenses sociales, de santé et d’éducation, table maintenant sur la guerre qu’elle ait lieu ou non, pour réduire le niveau de vie des plus modestes, sans toucher au train de vie des plus riches.

Tenue depuis 2001 par le parti centriste Eesti Keskerakond, la mairie de Tallinn avait en 2013 pour premier magistrat Edgar Savissar, qui deux ans plus tard dut renoncer à son siège, car impliqué dans une affaire de corruption. Ce qui n’a pas pour autant, fait perdre la ville à Eesti Keskerakond. Que fait le centre en France, excepté la danse du ventre dans les coteries macronistes ?

Cette histoire de gratuité des transports dans la capitale estonienne, qui fut à l’époque particulièrement novatrice, n’a rien d’une anecdote, car elle replace les usagers au cœur des politiques publiques. Soit l’exact opposé de ce que nous vivons actuellement en France, où le centre penche plus à droite que la Tour de Pise.

Ainsi ne serait-il guère étonnant, que les actuels projets et réalisations de gratuité des transports publics, passent à la trappe au profit de la sacro-sainte économie de guerre, voulue par un président dont le narcissisme hypertrophié que lui prêtent de plus en plus d’observateurs, ne compensera jamais la détestation phénoménale dont il est l’objet. Seul un remake des Taxis de la Marne, pourrait éventuellement devenir gratuit pour les pioupious que cet admirateur du « grand soldat Pétain », enverra au casse-pipe une fois qu’il aura obtenu les pleins pouvoirs.

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