La sénologie pour améliorer le quotidien des patientes
La sénologie, « discipline chirurgicale » qui traite de la santé du sein, permet des avancées cruciales en termes de traitement du cancer du sein. La communication autour de ces nouvelles avancées est tout aussi importante que les avancées en elles-mêmes.
Conférence sur le cancer du sein lors des 31ème rencontres internationales de la sénologie à Strasbourg. Foto: Martin Van Klaveren / CC-BY 2.0
(Paul Merle, Rémy Hufschmitt, Martin Van Klaveren, Mathieu Rampin, tous IEJ Strasbourg) – En France, le cancer du sein résulte d’un ensemble complexe de facteurs. L’âge reste un élément majeur, avec plus des deux tiers des cancers apparaissant après 50 ans, tandis que les formes touchant des femmes plus jeunes restent rares. Les antécédents familiaux et mutations génétiques augmentent fortement le risque, tout comme les antécédents personnels de cancer. L’hygiène de vie joue également un rôle : consommation d’alcool, tabac, sédentarité, surpoids et alimentation déséquilibrée sont des facteurs reconnus. Les hormones, qu’il s’agisse de l’histoire hormonale ou de traitements hormonaux, influencent également la survenue de la maladie. Enfin, des facteurs environnementaux, comme l’exposition aux pesticides, aux métaux lourds, aux PFAS, ainsi que certaines conditions de travail (travail de nuit), contribuent à augmenter le risque, soulignant l’importance de la prévention globale et de la sensibilisation.
Selon l’Institut national du cancer, le nombre annuel de nouveaux cas de cancer du sein chez la femme est passé de 29 970 en 1990 à 63 000 actuellement, soit une augmentation moyenne de 1,1% par an. Entre 2010 et 2023, cette progression s’est ralentie, avec une hausse estimée à 0,3% par an.
Mobilisation générale contre le cancer du sein – Chaque année, le mois d’Octobre Rose est le porte-parole pour la recherche et le dépistage du cancer du sein. Il permet une communication sur le cancer du sein afin de diagnostiquer au plus tôt la pathologie. Le dépistage précoce du cancer du sein sauve des vies : lorsqu’il est détecté tôt, « il guérit dans 9 cas sur 10 ». Dès 25 ans, un examen clinique annuel (observation + palpation) par un médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme est recommandé, même en l’absence de symptômes. En cas de boule, rougeur, rétraction du mamelon ou écoulement, il faut consulter immédiatement un médecin pour un avis.
Des évolutions dans la médecine - La médecine du sein évolue vers des traitements plus personnalisés et humains. Les chimiothérapies, les thérapies ciblées, comme les anticorps conjugués (ADCs), livrent leurs agents directement aux cellules cancéreuses. De ce fait, certains traitements limitent la fatigue et la chute de cheveux. La radiothérapie, quant à elle hypo fractionnée, réduit la durée à une semaine. En chirurgie, les mastectomies qui conservent la peau ou le mamelon, sont souvent suivies d’une reconstruction immédiate. Ce mode de fonctionnement aide les patientes à préserver leur image et leur confiance.
Savoir gérer l’après … - Au-delà de la prise en charge du cancer, le processus post-mastectomie (opération du cancer du sein) est tout aussi important. En effet, les interventions qui visent à retirer les cancers du sein sont des chirurgies parfois lourdes. Durant la mastectomie totale (réalisée chez 30 % des patientes), les médecins enlèvent la totalité du sein cancéreux. En cas de mastectomie partielle (réalisée chez 70 % des malades), seule une partie du sein est retirée. Dès la détection de la maladie, il est donc primordial d’informer, si nécessaire, les patientes sur les différents types de reconstruction du sein existantes. Dans le même temps, les médecins se doivent d’être à l’écoute des femmes pour leur proposer la meilleure solution, compatible avec leur état de santé.
Il est tout d’abord possible de réaliser une reconstruction mammaire immédiate. Lors de ce procédé, la reconstruction du sein se fait pendant l’opération ce qui permet à la patiente de ne pas avoir de période sans sein. Une autre intervention beaucoup moins lourde est possible pour reconstruire le sein. Il s’agit du lipomodelage. C’est une reconstruction naturelle, car elle utilise les cellules graisseuses du corps de la patiente pour reconstruire le sein. Cette technique a le désavantage de prendre du temps, il faut environ 1 an et 3 à 4 séances pour un résultat complet. Néanmoins, les douleurs, tout comme les cicatrices et la convalescence, sont réduites par rapport aux autres modes de reconstructions. Seulement, le lipomodelage reste peu proposé par les médecins ce qui est souvent lié à l’absence de zones graisseuses pouvant être prélevées (femmes maigres par exemple). Preuve que la sénologie ne concerne pas que les avancées techniques, mais aussi la manière d’évoquer le cancer.
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